Compte Rendu de la 3ème Conférence
ENCYMO
13-15 juin 2003 à Wismar, Allemagne
par Randolf Gränzer, Coordinateur ENCYMO
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Allocution
d’ouverture par le coordinateur
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Table ronde
No.1 : les parrainés et leurs besoins
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Table ronde
No.2 : les marraines et parrains, comment les trouver et qui ils sont
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Table ronde
No.3 : l’aide de l’extérieur (autorités publiques, organisations
humanitaires, milieux d’affaires)
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Atelier de
travail No. 1 : utilisation et efficacité des médias
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Atelier de
travail No. 2 : l’enfant résilient
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Evaluation de la
conférence par les participants
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Prochaine
conférence
Le coordinateur a
remercié les personnalités de la Fondation Allemande pour les Enfants et les
Jeunes, de la ville de Wismar et du gouvernement du Land Mecklenburg-Vorpommern
pour leur chaleureuses paroles d’accueil.
La conférence a été rendu
possible grâce aux concours matériels et financiers de la ville de Wismar et de
la Fondation Allemande pour les Enfants et les Jeunes. Contrairement aux
premières deux conférences la Commission Européenne n’a pas pu assister
financièrement la troisième conférence. Il était donc nécessaire de demander
pour la première fois une participation
aux frais de 120 € à chaque participant. La dépense principale est pour
l’interprétation simultanée en trois langues. Elle est indispensable. Le coût
de participation avait empêché beaucoup de petites organisations de venir.
Malgré cela 31 organisations ont pu participer, venant de 8 pays différents
avec 45 personnes au total.
Depuis la dernière
conférence en Mai 2000 à Paris, le réseau ENCYMO a grandi de 50 à 100
organisations. 20 d’entre elles ont des opérations dans plusieurs régions de
leur pays. Les autres 80 travaillent seulement dans une région.
Malgré les difficultés
financières le coordinateur a l’intention de maintenir le statut actuel du
réseau. Cela veut dire : pas de statut juridique, pas de budget, pas de
cotisation pour les partenaires du réseau, pas de frais pour l’inscription sur
le site web du réseau. Pendant les 3
dernières années le coordinateur a été invité 9 fois pour présenter le réseau
en Angleterre, en France et en Allemagne. A l’occasion de ces rencontres il a
pu développer une définition pragmatique qui caractérise le réseau :
Toutes les organisations
partenaires réalisent une relation à moyen ou long terme entre un adulte
bénévole et un enfant ou un jeune. L’arrangement doit être souhaité par le
parrainé. La relation devrait durer au moins 6 mois et consister en des
rencontres régulières. Elle vise soit un but précis réalisable à moyen terme ou
le développement personnel du parrainé à long terme. Dans le cas idéal les deux
catégories d’objectifs sont visées et réalisées.
Table ronde No. 1 : les parrainés et leurs besoins
Initialement, au moins en
France et en Angleterre, les enfants et jeunes à parrainer étaient signalés aux
organisations de parrainage par les travailleurs sociaux. Il s’agissait
d’enfants et de jeunes à risque avec certaines déficiences affectives. Le but
était de les intégrer ou réintégrer dans la vie scolaire, dans une vie
familiale ou dans la vie professionnelle.
Plus récemment une
nouvelle catégorie de candidats filleuls a émergé. Ils ne sont pas connus des
services sociaux. Leurs parents s’adressent directement aux organisations de
parrainage parce qu’ils sentent que leur enfant a besoin d’un contact avec un
adulte bienveillant en dehors de la famille nucléaire.
Dans un autre
développement l’âge des parrainés devient plus varié. Avant on parrainait des
enfants entre 6 et 16 ans. Maintenant on parraine aussi des plus petits et des
plus grands. Pour les derniers il s’agit surtout de l’insertion sociale et
professionnelle. La plupart des programmes durent entre 6 mois et un an. Ils
sont surtout populaires au Royaume Uni et en France. Les gouvernements aident
financièrement. Un représentant du programme national français a donné beaucoup
de détails. En Allemagne il existent des initiatives par deux gouvernements
régionaux et dans certaines municipalités. Malheureusement seulement un
programme parmi eux était présent à Wismar.
Le parrainage de très
jeunes enfants a pris un essor grâce aux programmes spécifiquement destinés aux
marraines et parrains seniors. Ils se sont surtout développés en France et en
Allemagne. Les parents sont nécessairement beaucoup impliqués aussi. Au Royaume Uni l’organisation Home Start
avec 300 bureaux locaux recrute des marraines et parrains de tout âge qui
aident des familles avec au moins un enfant en dessous de 5 ans. Des projets
semblables commencent à apparaître aussi en France (‘Thalie’ dans le région
Parisienne) et en Allemagne (‘Leben Lernen’ à Berlin). Les représentants du
Danemark étaient aussi très intéressés par cette formule.
Un programme en Irlande
du Nord prévoit un cours de formation pour les parents des enfants à risque et
parrainés entre 11 et 15 ans. Un programme à Londres pour des enfants entre 5
et 11 ans adoptera peut-être une politique similaire.
Table Ronde No. 2 : Les marraines et parrains, comment les trouver et qui sont-ils.
Le
manque de bénévoles et les difficultés de les trouver sont un problème dans
tous les pays. Dans des petites villes une publicité de bouche à oreille est
très efficace mais souvent pas suffisante. Dans des villes plus grandes la
publicité plus systématique devient indispensable. Il s’agit surtout d’articles
réguliers dans la presse locale et de la distribution de brochures dans des
lieux adéquats (clubs de seniors, bureaux de bénévolats, administration
municipale, salles d’attente des médecins et dentistes). Des évènements locaux
spéciaux peuvent aussi amener de nouveaux candidats.[1]
Pour
maintenir la motivation des marraines et parrains, des rencontres plus ou moins
régulières sont souvent nécessaires. La plupart des intervenants favorisait un
minimum de formation pour les
bénévoles. Elle devait porter sur quelques conseils pratiques et sur un
minimum de compréhension psychologique, dit un délégué néerlandais (enfants
agressifs ou lymphatiques, l’art de l’écoute, les non-dits etc.) La formation
est utile pour chaque variété de parrainage, mais surtout pour les parrainages
à court terme avec un objectif mesurable.
Une
enquête a été menée parmi 100 marraines et parrains de l’organisation BIFFY en
Allemagne. Une des questions visait la motivation des bénévoles. D’après les
réponses 70% font le parrainage parce qu’ils s’amusent, 50% parce qu’ils
veulent aider les enfants dans leur développement personnel et 30% parce qu’ils
veulent les aider à apprendre des choses. (Plusieurs réponses pouvaient être
cochées). L’ordre des préférences des enfants pour diverses activités
était : excursion, jouer, apprendre.
Une
organisation française constate que 50% des marraines vivent seules.
Un
service téléphonique SOS pour marraines et parrainés est très apprécié ou il
existe. Les possibilités ne le permettent pas souvent.
Table Ronde No. 3 : l’aide de l’extérieur (autorités publiques, organisations humanitaires et milieux d’affaires).
La
discussion était centrée sur le rôle que les gouvernements nationaux jouent
dans la promotion du parrainage. Ceux du Royaume Uni et du Danemark sont les
plus actifs dans la matière. Le gouvernement britannique a lancé depuis
quelques années une campagne de soutien financier pour toute forme de
parrainage bénévole. Pour bénéficier d’un fonds de plusieurs millions de livres
un appel d’offre a été lancé, et 600 organisations avaient répondu. 38 ont
été finalement sélectionnées dont un
peu moins que la moitié exercent un parrainage qui correspond à la définition
utilisée par ENCYMO.
Pendant
la discussion une question a été posée sous différentes formes : Est-ce
que le gouvernement britannique ne cherche pas par le soutien du bénévolat
social pour trouver des travailleurs sociaux bon marchés ? Le représentante du
gouvernement britannique n’acceptait pas une telle interprétation. Elle se
référait plutôt au consensus général du groupe qu’un travailleur social et un
parrain bénévole ne sont pas interchangeables mais complémentaires. Leur point commun est qu’ils aident le
gouvernement à économiser des dépenses futures pour des adultes qui, sans leur
soutien, deviendraient une charge pour la société.
Le
gouvernement danois soutient le parrainage d’enfants et de jeunes depuis plusieurs
années. Grâce à cela le concept du parrainage est connu dans la population. Les
moyens utilisés sont les médias et l’engagement personnel de quelques
politiciens nationaux.
En
France, les organisations de parrainage se sont groupés en un collectif suite à
la conférence ENCYMO en Mai 2000 à Paris. On se rencontre d’une façon
informelle et irrégulière. Deux résultats ont été obtenus à présent : le
gouvernement national s’est de nouveau intéressé au parrainage, et un texte a
été soumis au ministère de la famille avec les opinions du collectif sur une
éventuelle charte du parrainage. Tout dernièrement un Comité National de
Parrainage a été créé conjointement par le ministère de la famille et le
ministère de la justice. En ce qui concerne le soutien financier, il semble
plutôt s’effectuer au niveau départemental.
Le
gouvernement allemand considère que l’aide au parrainage est du ressort des
gouvernements régionaux et locaux. En effet, ces instances sont financièrement
et politiquement plus indépendantes que dans beaucoup d’autres pays. Le
gouvernement central pour sa part a lancé un programme ‘Dialogue des
Générations’. Le représentant de ce programme a expliqué qu’il s’agit d’un
concept plus large que le parrainage, mais que dans leur base de données d’environ
1000 initiatives locales, certaines relèvent du parrainage.
La
représentante de l’organisation internationale Big Brothers/Big Sisters
International (BBBSI) a expliqué la situation en Pologne. Il y existe une
organisation nationale bien établie dont le dirigeant était empêché en dernière
minute à venir à Wismar. BBBSI a joué un rôle majeur dans le démarrage du
parrainage à l’Est de l’Europe grâce à des fonds américains privés. Dans le cas
de la Pologne, une fondation nationale a maintenant pris le relais.
Les
grandes organisations charitables dans les pays de l’Ouest de l’Europe n’ont
généralement pas une politique explicite pour le parrainage. Une exception est
le Royaume Uni où au moins sept d’entre elles comptent parmi leurs activités le
parrainage d’enfants ou de jeunes. L’accent est sur le parrainage à moyen terme
avec des objectifs précis. En France et en Allemagne, quelques bureaux locaux
des grandes organisations ont pris l’initiative eux-mêmes de monter un projet
de parrainage sans limitation de la durée.
Dans
plusieurs pays, des sociétés commerciales ont aidé financièrement certains
projets locaux. Mais le groupe était unanime pour dire qu’il a encore beaucoup
à faire dans ce milieu pour faire connaître le parrainage. La plupart des sociétés
nationales et internationales ignorent son existence et ne voient pas
l’occasion unique que le parrainage
leur offre dans le cadre de la citoyenneté de l’entreprise (corporate
citizenship).
Le
coordinateur a donné un aperçu général des aides financières possible auprès de
la Commission Européenne. Différents programmes gérés par différentes
Directions Générales entrent en jeu. (Jeunesse pour l’Europe, Daphne, Fonds
Social Européen, Sokrate). Les procédures d’application et les critères de
sélection changent sans cesse. Des grandes organisations humanitaires ont un
avantage certain par rapport aux petites. Cependant deux organisations
présentes à Wismar ont pu rapporter des expériences positives, une du Royaume
Uni et une de l’Allemagne.
La
discussion a montré clairement, que les gouvernements nationaux préfèrent aider
des programmes de parrainage à moyen terme avec des objectifs plus faciles à
mesurer (résultats scolaires, intégration sociale et professionnelle). Des
programmes non limités dans le temps qui visent le développement personnel du
parrainé dans son ensemble ont plus de
mal à trouver de l’aide financière.
Atelier de travail No.1 : utilisation et efficacité des media.
Dans la
table ronde No. 2 il était déjà question de la recherche de nouveaux marraines
et parrains par les médias. En effet, sans leur utilisation, il est difficile
de croire que la popularité du parrainage augmentera automatiquement.
Il
s’agit de trouver des méthodes avec lesquelles un minimum de coût rapporte un
maximum de candidats bénévoles. Une organisation française a donné un exemple
très efficace. Le maire d’une ville moyenne avait fait envoyer une lettre
personnalisée à tous les citoyens seniors pour les inviter à considérer le rôle
d’une marraine et d’un parrain. La réussite était fulgurant.
Presque
40% des organisations locales ont maintenant leur propre site web. L’efficacité
de cet outil ne peut que grandir. Cependant il semble qu’à l’heure actuelle les
sites web locaux ou nationaux touchent moins de la moitié de la population qui
pourrait s’intéresser à devenir marraine ou parrain.
Pour
les autres, une publicité par la presse écrite et l’audiovisuel s’impose.
A part
les campagnes locales indispensables,
des campagnes nationales sont utiles sous deux aspects : 1. Elles
peuvent produire un nombre suffisant de candidatures si tous les bureaux locaux
du pays en profitent à travers un
téléphone central auquel les intéressés peuvent s’adresser. 2. En augmentant la
notoriété du parrainage dans la population elles aident à rendre des campagnes
locales plus efficaces. Une marraine potentielle répond plus facilement à une
campagne locale si elle a déjà entendu parler du parrainage dans les médias
nationaux.
Le site
web d’ENCYMO reçoit entre 10 et 20 visiteurs par jour. La plupart est de langue
allemande parce que le coordinateur a pu ouvrir deux sites satellites dans ce
pays. Avec des sites similaires dans d’autres pays le nombre total des
visiteurs pourrait certainement augmenter. Cela est seulement une question de
ressources financières.
Les
organisations qui possèdent déjà leur propre site devraient introduire un lien
à celui d’ENCYMO. L’inverse existe déjà. Les organisations augmentent ainsi la
popularité de leur propre site. La machine de recherche GOOGLE capte environ
90% de toutes les recherches sur internet. Sur ses listes de résultats trouvés,
elle place en tête les sites qui recèlent le plus grand nombre de liens. Dans
la mesure où, de cette manière, le contenu du site ENCYMO devient plus
populaire, la liste des organisations partenaires qui en fait partie le devient
aussi.
Atelier de travail No.2 : l’enfant résilient.
Plus
d’enfants que l’on ne croit subissent
des abus ou des traumas graves pendant assez longtemps. Ils en portent
les conséquences pendant toute leur vie. Ces conséquences peuvent être
dévastatrices ou simplement des cicatrices dans l’âme. Dans le dernier cas on parle d’un enfant
résilient. On suppose que la résilience d’un enfant est déterminée par la
génétique et par son environement.
Une
marraine ou un parrain peuvent améliorer cet environnement sensiblement,
surtout si elle/il arrive à accompagner l’enfant pendant longtemps. La
confiance qui s’installe peut débloquer beaucoup de choses chez l’enfant. Sans
vouloir abuser de cette confiance la marraine peut se voir contrainte de mettre
l’organisation de parrainage au courant. La marraine (le parrain) devient
d’autant plus importante si l’enfant doit être relogé dans une institution ou
une famille d’accueil. La marraine peut offrir un contact durable qui, dans ces
cas, devient primordial.
Evaluation de la conférence par les participants.
Les
participants étaient unanimes pour dire que des rencontres ENCYMO fournissent
toujours une vague de nouvelles informations et de suggestions. Cela augmente
le moral pour le travail quotidien, même si les circonstances de ce travail
sont différentes d’une organisation à l’autre. Beaucoup de difficultés sont
tout de même semblables, et les solutions que les autres ont trouvées sont
encourageantes.
Une
critique spécifique a été formulée par plusieurs participants : dans
l’avenir ils aimeraient avoir plus d’ateliers de travail en parallèle pour des
sujets spécifiques.
Le
coordinateur a fait remarquer qu’il s’agit surtout d’un problème technique de traduction.
Chaque atelier de travail demanderait dans le cas idéal de la traduction
simultanée en trois langues. Un premier essai a été fait avec les deux ateliers
de travail de la conférence cette-fois ci. Il a montré les limites techniques
de cette approche mais aussi la possibilité de répéter l’exercice à la
prochaine conférence.
Grâce à
l’initiative de Dagmar McGill de BBBSI, nous avons quelques photos des
participants et le lieu de conférence sur le site ENCYMO. On trouve le lien à
cliquer en allant dans la section
« qu’est ce que c’est ENCYMO » tout à fait en bas sous
« évènements ENCYMO récents ».
La prochaine conférence
Le
coordinateur a remercié encore une fois les organisateurs de Wismar pour leur
travail qui a été apprécié par tout le monde.
Il a souligné en même temps que ce travail ne devrait pas faire hésiter
une autre organisation à offrir son hospitalité pour la prochaine conférence.
Les conditions locales sont très différentes. Il ne faut pas chercher la
perfection. La bonne volonté est tout ce qui compte. La date et le lieu de la
prochaine conférence sont encore inconnus. Nous ne pouvons faire des plans
concrets que si le financement promet d’être réaliste. Le coordinateur a promis
de s’occuper surtout de cette question dans l’avenir.
Fourqueux, le 8.10.03
[1] L’organisation de parrainage à Wismar qui était
l’ hôte pour la conférence a pu accueillir des nouveaux candidats grâce aux
informations dans la presse écrite et la télévision locales concernant la conférence.