Anne Cazaubon, 44 ans, marraine de Touria
«
Quand j’ai rencontré Jean-Pierre, mon compagnon, il avait déjà
trois grands enfants ; moi, une fille de sept ans. Nous avons décidé
que notre enfant commun serait un parrainage.
Les associations contactées
nous ont conseillé un enfant des mêmes âge et sexe que ma fille. Et voilà
comment Touria est arrivée. Parrainée en même temps que sa
soeur (dans une autre famille) avec le plein accord de leur mère, seule,
qui a vu dans le parrainage un soulagement pour elle et une ouverture pour ses
enfants. Les deux filles se sont très bien entendues au départ
et on peut dire que ça s’est très bien passé. Même s’il
faut à peu près un an pour que le lien se crée vraiment et que
cette relation ne relève plus d'une certaine astreinte mais tout simplement
du plaisir.
Aujourd’hui, Touria fait vraiment partie de la famille. Elle connaît
tout le monde, participe à toutes nos fêtes... et nous fait vivre
– en même temps que ma fille – ses frasques d’adolescente ! En fait, c’est
avec nous qu’elle vit vraiment son adolescence : son rapport à l’autorité
comme son besoin d’insouciance. Chez elle, les rôles sont inversés.
Sa mère est assez dépressive. C’est Touria qui prend tout en charge.
Pour autant, nous ne la prenons pas pour notre fille. C'est notre filleule privilégiée.
Et elle le restera toute sa vie, si elle le désire, même quand
il n’y aura plus de cadre fixé au parrainage. »