Le point de vue de Jean Pierre Rosenczveig
Président du Tribunal pour enfants de Bobigny

Ce qui suit est extrait du site Internet de J.P.Rosenczveig  Fiche 9 : LE DROIT A UN PARRAIN

Dans la tradition catholique, il revient au parrain et à la marraine de présenter l'enfant au baptème. Ils se portent ainsi garants de sa fidélité.
La laïcisation de la société a fait des parrains et marraines des personnes susceptibles, en complément des parents ou s'il venait à leur arriver malheur, de faciliter l'entrée de l'enfant dans la vie. Ils lui apporteront un coup de pouce aux moments décisifs ou vécus comme tels en le conseillant ou simplement en lui offrant une écoute attentive. Le plus souvent, ils gâteront l'enfant qui ne manque de rien au nom du seul intérêt qu'ils lui portent.
Les parrains et marraines sont des très proches amis des parents; généralement plus jeunes qu'eux. Parfois, ce sont tout simplement des membres de la famille de l'enfant qui se voient ainsi assignés un rôle renforcé : un frère ou une soeur, un oncle ou une tante.
Ce parrainage civil et bien sûr religieux pour de nombreuses familles se maintient dans notre pays. Dans le même temps, d'autres formes de parrainage sont apparues qui entendent s'inscrire dans une démarche de solidarité. Tout naturellement, on en est venu à recourir au parrainage pour apporter aide et réconfort à un enfant en difficulté, qu'il soit ou non privé de parents, bien au-delà du cercle familial du parrain.

I - Un parrain pour l'enfant du tiers monde
Le parrainage est ainsi l'une des formules que proposent de nombreuses organisations caritatives qui, de par le monde, s'efforcent de venir en aide aux enfants démunis, victimes de la pauvreté, parfois orphelins. On trouve fréquemment dans les journaux des appels à candidature pour ce parrainage au profit des enfants des pays en voie de développement (Afrique, Amérique latine, Inde, etc).
Ces associations mobilisent ainsi des fonds privés de particuliers en permettant aux donateurs de savoir à qui et à quoi est destiné leurs dons. Le parrain s'engagera fréquemment à verser régulièrement une somme d'argent, modique en valeur absolue, destinée à pourvoir aux besoins élémentaires d'un enfant nommément identifié : nourriture, soins, vêture, scolarité, etc. Parfois, une partie de l'argent sera directement remise à l'enfant ou à sa famille. Le parrain entretiendra souvent des relations avec l'enfant concerné notamment en correspondant avec lui, en lui adressant des photos. " L'argent est bien accueilli, naturellement, affirme un directeur de foyer péruvien directement concerné, mais ce qui compte le plus, pour ces enfants, c'est d'être en relation avec une personne qui s'interesse à eux, personnellement." Plus rarement, compte tenu des problèmes de distance, il sera amené à le visiter ou à le recevoir.
Le parrainage d'enfant est pour ces associations une forme complémentaire et très concrète de l'action développée sur le terrain pour aider enfants et parents dans le cadre de programmes de développement : constructions de dispensaires, installation de pompes à eau manuelles, achat de trousses de santé, construction de blocs sanitaires, reboisement. D'ailleurs, il arrive que l'aide apportée à travers le parrainage ne profite pas qu'au seul enfant parrainé, mais à l'ensemble du village ou de la communauté dans lesquels il vit. L'enfant parrainé est alors "l'ambassadeur" de son école vis-à-vis des parrains et marraines, pour reprendre l'expression utilisée par l'une de ces associations.

II - Un parrain pour l'enfant vivant en France
Quelques associations s'attachent désormais à venir en aide, via le parrainage, à des enfants résidant sur le territoire français. Elles mettent alors en relation des parrains avec des parents et des enfants démunis, soucieux de trouver soutien et réconfort pour aborder les difficultés de la vie. Le ou les parrains aideront l'enfant dans ses études, soulageront ou conseilleront les parents. Ils pourront être amenés à héberger l'enfant pendant des fins de semaine ou à l'occasion de congés scolaires. A titre d'illustration on citera l'association "Parrains par'mille" créée par Mme Catherine Enjolet, enseignante et écrivain qui a perçu l'attente de nombreux jeunes élèves, insuffisamment épaulés par leurs parents et en quête d'adultes de référence.
Son association propose toujours plusieurs enfants aux parrains potentiels et plusieurs parrains à la famille en recherche. On se choisit réciproquement dans cette nouvelle relation qui va se nouer. A l'expérience, les demandes émanent moins de familles en situation matérielle difficile qu'en grande détresse relationnelle, confrontées à la solitude urbaine. Ainsi à Noël, nombre de mères vivant seule avec leur enfant font appel à l'association pour que leur enfant soit moins isolé. Il y a généralement beaucoup de culpabilité chez ces parents qui, eux-mêmes, souffrent de leur solitude.
Les parrains sont le plus souvent des couples d'une cinquantaine d'années dont les enfants sont élevés et qui, encore jeunes et dynamiques, se sentent frustrés de ne pouvoir concrétiser leurs élans vers autrui. Parfois, il s'agit de familles qui, ayant déjà deux ou trois enfants, souhaitent élargir le cercle. Bien sûr, ce sont aussi des célibataires sans enfant qui entendent ainsi répondre à une attente personnelle. Le psychologue de l'association veille à ne retenir que des gens qui peuvent vivre sans enfants pour les proposer à des familles demandeuses de parrain ou marraine.

Le parrainage pour les enfants privés de famille
C'est bien évidemment en direction des enfants en grande difficulté parce que coupés, pour une durée plus ou moins longue, de toute relation suivie avec leurs parents, parfois ballottés de placement en placement, en situation de rupture avec leur parents ou tout bonnement privés de famille comme les pupilles de l'Etat que le parrainage a pu apparaître comme une formule utile et séduisante en complément des prestations offertes par les services sociaux.
Là encore certaines associations, de longue date, se sont évertuées à en développer l'usage avec l'appui des pouvoirs publics. Régulièrement, on en relance l'idée en s'étonnant quand tant d'enfants sont dans le besoin qu'on ne puisse pas leur trouver aisément des familles d'accueil compte tenu du capital de solidarité existant dans notre pays.
Force cependant est de constater que de sérieuses résistances sont apparues au développement de cette formule de parrainage.
Le parrainage, dans l'esprit de ses promoteurs, doit permettre en effet d'offrir une famille de référence à des enfants - petits ou adolescents - qui en sont privés ou même n'en ont jamais eue pour avoir été très tôt délaissés. Le risque est évident pour ces enfants d'être profondément perturbés et instables, après des violences physiques ou psychologiques de toutes natures et un itinéraire social souvent chaotique.
Historiquement, les enfants abandonnés ou en danger étaient hébergés dans des structures collectives, souvent de grande taille. Parfois, les enfants y demeuraient jusqu'à leur majorité. Des enfants pouvaient ainsi être lancés dans la vie sans jamais avoir bénéficié d'une référence familiale. Dans les dernières décennies, notre dispositif de protection de l'enfance s'est singulièrement transformé.
Ainsi, grâce à un soutien éducatif et financier de nombreux enfants en difficulté familiale peuvent éviter de quitter leur domicile. Les établissements d'accueil se sont "humanisés" : petites unités mixtes pouvant aller jusqu'à prendre la forme d'un appartement ou d'un pavillon animées par un couple d'éducateurs, disposant d'un budget autonome. Surtout, on a développé le recours aux familles d'accueil salariées - les assistances maternelles - qui élèvent les enfants qui leur sont confiés comme et avec leurs propres enfants. Par ailleurs, tout est désormais entrepris pour maintenir ou reconstituer des relations avec les siens, parents, frères et soeurs, grands-parents. Encore faut-il que cela soit physiquement, humainement et psychologiquement possible et souhaitable. L'hébergement d'un enfant en dehors de son domicile n'est plus une fin en soi, mais un moyen. Il n'est plus appelé à durer dans le temps comme cela a été très fréquemment le cas dans le passé, les liens avec les parents se distendant petits à petit, l'univers de l'enfant se restreignant à son foyer ou sa famille d'accueil.
Au contraire, aujourd'hui, on s'efforce, le plus souvent avec succès, de réunir les conditions pour que l'enfant retrouve sa place auprès des siens dans des conditions de vie sinon idéales, du moins offrant des garanties suffisantes. Il faut un motif grave et une décision judiciaire pour priver un enfant de relation avec ses proches parents. Mieux : les parents sont parties prenantes des décisions importantes concernant la vie de l'enfant de façon à retrouver ou conserver une part de responsabilité dans son éducation.
Reste que, même dans ce contexte nouveau, le parrainage peut encore offrir un appoint affectif considérable à certains enfants - quelques milliers - qui ne voient plus leurs parents ou sont confrontés à une famille gravement perturbée ou carencée. En complément des professionnels que sont les travailleurs sociaux et les assistantes maternelles, c'est bien sûr sur un autre registre que doivent intervenir ces parrains et marraines.
On attendra d'eux qu'ils entretiennent des relations suivies avec l'enfant, en lui écrivant, en le visitant, en le recevant, en lui offrant des cadeaux, surtout en lui procurant une relation affective stable et désintéressée et tout simplement en le suivant par-delà les vicissitudes de la vie qui lui est faite par ses parents et les institutions sociales, publiques ou privées qui interviennent.
Par-delà les gâteries et la présence affective nécessaires à tout enfant, il s'agira aussi de le plonger dans le fonctionnement d'une famille, d'un couple dans ses rapports avec ses enfants et leurs amis, de voir vivre au quotidien fonctionner une maison et une famille. On ne doit plus accepter qu'un enfant arrive à la majorité sans avoir vécu une réelle atmosphère familiale quand il est appelé lui-même par la nature des choses à fonder une famille. C'est son intérêt, mais c'est encore l'intérêt de ses futurs enfants qui est en jeu.

Un rapport original à l'enfant
Par essence, le parrainage est bénévole. Il s'inscrit fondamentalement dans une démarche altruiste. En ce sens, il se distingue fondamentalement du placement nourricier qui conduit une famille à recevoir un enfant, à temps partiel ou permanent, dans le cadre d'un contrat de travail salarié passé, soit avec la famille, soit avec une institution spécialisée.
De même le parrainage éducatif ne saurait se confondre avec le placement pré-adoptif ou l'adoption, la tutelle ou la délégation d'autorité parentale volontaire ou forcée, autant de situations qui permettent de créer un lien juridique entre un enfant et un adulte qui n'est pas son parent.
Le parrain n'acquiert aucun droit d'autorité parentale sur l'enfant. Aucun lien de filiation entre l'enfant et son parrain ne résulte du parrainage alors que l'enfant adopté entre pleinement dans sa famille de l'adoptant dont il portera le nom. D'ailleurs, fréquemment, les enfants parrainés ou susceptibles de l'être ne sont pas adoptables, soit parce que leurs parents n'ont pas renoncé à leurs droits ou consenti à l'adoption, soit parce qu'ils n'ont pas été déchus de l'autorité parentale. Ce sera par exemple le cas de parents malades mentaux ou non qui ne sont pas en mesure d'élever personnellement leur enfant sans pour autant qu'ils faillent les sanctionner d'une carence dont ils ne sont pas responsables. C'est aussi le cas de l'adolescent qui, en conflit aiguë avec ses parents, vit dans un établissement spécialisé et qui peut parfois trouver une famille qui l'accueille pour les vacances.
Mieux, par nature, le parrainage n'entend pas se substituer aux parents ou aux travailleurs sociaux, mais être complémentaire du plein exercice de l'autorité parentale par les parents ou tuteurs.
A la différence encore de la personne "digne de confiance" qui peut se voir confier par un magistrat (procureur de la République, juge des enfants, etc.) la responsabilité d'accueillir et de prendre en charge un enfant "en danger" dans le cadre d'une décision de garde provisoire ou définitive, le parrain n'exerce aucun droit d'autorité parentale sur l'enfant. Pour utiliser l'expression courante, il n'a pas la " garde " de l'enfant qui appartient aux parents ou une institution sociale, publique ou privée. Au mieux, du fait de la place qu'il prendra auprès de l'enfant, le parrain acquerera une autorité morale et une influence sur les parents ou tuteurs de l'enfant ou encore sur l'enfant lui-même.
Souvent, il s'en contentera; parfois il mesurera avec amertume et désillusion les limites de cette situation. D'où le souci de certain d'obtenir un vrai droit sur l'enfant. Une proposition de loi avait été déposée voici quelques années par un député, M. MESMIN, qui entendait ainsi doter le parrain d'un véritable statut juridique. Le parrain se serait vu confier par l'administration sociale ou le tribunal un véritable démembrement de l'autorité parentale sans pour autant qu'il y ait rupture avec la famille d'origine et acquisition d'un lien de filiation. Cette entreprise n'a pas été couronnée de succès sans doute parce qu'elle apparaissait entrer en contradiction avec l'essence du parrainage qui relève d'un tout autre registre.

Une entreprise délicate et peu répandue
Dans ces conditions, on conçoit combien est délicate et exigeante pour l'intéressé le parrainage d'un enfant. On conçoit également pourquoi il peut être difficile de trouver des personnes qui acceptent cette responsabilité. On mesure enfin, les résistances rapidement apparues à l'égard du parrainage dans notre pays.
Délicate, l'intervention du parrain l'est car il ne doit pas chercher à se substituer aux parents, aux éducateurs ou encore à l'assistante maternelle qui peuvent prendre en charge l'enfant. Son positionnement est encore pus difficile à trouver que pour l'assistante maternelle qui elle aussi doit être soucieuse de ne pas devenir la mère de l'enfant. Il interviendra dans un registre complémentaire dont les frontières sont parfois difficiles à tracer au quotidien. Selon la situation de l'enfant et son propre degré d'implication il aura tendance à suggérer, à conseiller, voire à critiquer les conditions de vie faites à l'enfant. Son attachement à l'enfant peut très rapidement apparaître concurrentiel aux autres adultes. L'enfant lui-même peut y perdre ses quelques repères, une nouvelle fois emporté dans un conflit entre adultes qui le dépasse et le concerne pourtant.
Quelle que soit la situation concrète ou administrative de l'enfant, le parrain doit donc inscrire son intervention dans le " projet éducatif " formé par les parents souvent en grande difficulté et par les travailleurs sociaux concernés. S'agissant d'un enfant pris en charge par les services sociaux, soit à la demande des parents, soit à la demande d'un juge, le parrain doit se convaincre du projet formé pour la famille qui vise à terme à se passer de toute aide extérieure et, dans un premier temps, à permettre à l'enfant de retrouver toute sa place dans sa famille naturelle. Il doit donc entretenir des relations, sinon suivies avec les uns et les autres, du moins suffisamment claires pour éviter les conflits et les jeux de pouvoir classiques en matière d'enfant. Pour le moins, le parrain doit bénéficier de l'approbation des parents et de l'enfant.
Il lui faudra le plus souvent être accepté par l'autorité administrative qui a la responsabilité de l'enfant : inspecteur de l'enfance du Service de l'Aide Sociale à l'Enfance, responsable de circonscription coordonnant les assistantes maternelles ou chef d'établissement.
Incontestablement, il faudra donc beaucoup de doigté pour trouver une place acceptable par tous dans le réseau affectif de l'enfant qui, lui-même, indépendamment de la qualité humaine du parrain ou candidat parrain, peut vivre difficilement cette nouvelle interférence dans sa vie. Parrainer un enfant est souvent ingrat, source de difficultés et de responsabilités, les soubresauts de la vie de l'enfant peuvent conduire à des crises, à des éloignements et ruptures qui seront d'autant plus dures à vivre et à accepter que le parrain n'en possèdera pas toujours les lignes d'explication..

Parrainer n'est pas adopter !
Il est de fait également que pour de nombreux volontaires au parrainage, le souci est plus de s'attacher à un enfant que d'apporter quelque chose à un enfant en besoin. Devant les difficultés que rencontrent beaucoup de personnes soucieuses d'adopter un enfant de trouver un enfant adoptable correspondant à leur attente, le parrainage apparait trop souvent - et à tort - comme un moyen par lequel on peut se voir confier une responsabilité sur un enfant avec le secret espoir de pouvoir un jour l'adopter.
Ces gens sont souvent convaincus que les enfants à parrainer n'ont plus de familles et sont adoptables. La réalité, on l'a dit est autre. D'où les ambiguités fréquemment rencontrées et les désillusions. A ces personnes, il est nécessaire de rappeler très tôt que parrainer un enfant n'est pas l'adopter.
Force est de constater que les professionnels qui ont en charge l'enfant vivent parfois outrancièrement mal une tierce intervention et se refusent systématiquement au parrainage des enfants qu'ils hébergent. Bon nombre d'enfants vivant en établissement qui pourraient bénéficier d'un parrainage sont ainsi les "victimes " de ces résistances qui ne relèvent finalement que d'un jeu de pouvoirs. On doit le regretter. Pour le moins y trouve-t-on la démonstration que par-delà les grands discours, les adultes sont d'abord dans leur propre logique et que le sort des enfants est second.
Encore faut-il ajouter que les parents eux-mêmes, dans le désarroi, peuvent mal vivre l'intrusion d'un nouvel adulte qui entretiendrait une relation privilégiée avec leur enfant. On sait les difficultés qu'ils ont souvent à accepter le recours à une assistante maternelle quand le départ de l'enfant de la maison s'impose. Ils lui préfèrent dans un premier temps le foyer qui apparaît moins concurrentiel et dévalorisant de leur image de parents.
On comprend dans ces conditions que malgré la caution régulièrement apportée par les pouvoirs publics (Mme Veil d'abord avec une circulaire du 30 juin 1978, puis Mme Dufoix en 1982 et surtout Mme Dorlhac en 1988 à travers trois expériences départementale dans le Val de Marne, le Pas-de-Calais et la Saône et Loire), le parrainage éducatif ait quelques difficultés à trouver sa place dans le dispositif français de protection de l'enfance.
Seuls quelques enfants depuis 1980 en ont bénéficié. Qui plus est il est inégalement répandu sur le territoire national. C'est plus particulièrement dans les départements de l'Est qu'il a pris.
On ne peut pas nier que les professionnels -cadres et travailleurs sociaux- ont été peu sensibles aux incitations ministérielles ce qui démontrent bien qu'il y a une résistance culturelle dans notre pays à l'égard du parrainage.
Des efforts doivent régulièrement être développés pour dépasser ce blocage car cette aide est de nature à apporter un plus incontestable à certains enfants en grande difficulté. Encore faut-il que les parents, les institutions et même certains candidats parrains sortent de leur rapport d'appropriation de l'enfant et acceptent de prendre en compte - et complémentairement - les besoins de ces enfants qui souffrent de ne pas entretenir des relations pleines avec des adultes. Aujourd'hui, si l'Etat peut jouer un rôle d'incitation, la responsabilité de développer le parrainage éducatif relève des conseils généraux du fait de la décentralisation de l'action sociale. Il leur faut préparer le terrain en nouant un dialogue entre tous les partenaires potentiels.
Les personnes intéressées peuvent s'adresser en premier lieu aux directions départementales de l'aide sociale afin de présenter leur candidature. Les établissements prenant en charge des enfants peuvent également être contactés. Pour autant, eu égard à ce qui a été dit plus haut, ces candidatures ont en l'état le plus souvent peu de chance d'être retenues. On conseillera surtout de prendre attache avec l'une ou l'autre des différents associations qui pratiquent le parrainage.
Elles savent souvent où sont le besoin et la demande. Elles sont susceptibles de vérifier avec les intéressés les termes de leurs propositions . On a vu combien la situation de parrain ou de marraine était exigeante. Il faut aider les volontaires à être au clair sur leur proposition et le futur contexte de leur intervention. Elle suppose une grande disponibilité dans le temps, une capacité de tolérance et d'accueil de l'enfant tel qu'il est avec sa famille telle qu'elle est, ses richesses et ses difficultés. On conçoit alors que le parrainage est une vraie démarche de solidarité vers l'autre qui parfois peut dépasser les capacités de celui qui souhaite aider autrui. Il faut s'armer de patience pour s'introduire, au bon sens du terme, dans l'univers d'un enfant dans le besoin. Il faut se faire reconnaître dans ses capacités par ceux qui l'environnent, parents, administrations, travailleurs sociaux, magistrats notamment.
A cette condition, le parrainage peut prendre toute la place suscepible de lui revenir dans la gamme des démarches de solidarité en faveur des enfants qui souffrent d'isolement. Cette formule se développera à coup sûr en direction des personnes âgées dépendantes dans un futur proche. Dans une société où les liens familiaux peuvent souvent se distendre, où l'isolement et la précarité psychologique sont des réalités incontournables, le parrainage a un avenir.