Qui sont ces enfants qui ont
besoin d'être parrainés ?
(et pourquoi ne le sont-ils pas ?)
Quelques chiffres au
sujet de l'Aide sociale à l'enfance (ASE, 28
milliards de francs en 1999 - 5 milliards d'euros en 2005).
Les mesures éducatives (un
éducateur pour 25 à 45 enfants) sont
environ 10 fois moins coûteuses que les mesures d'accueil (un éducateur
pour deux enfants.) Pour en savoir plus sur ce qui précède,
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Il faut ajouter à ces chiffres les enfants, encore
plus nombreux, susceptibles
d'être parrainés "de gré à gré".
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En face de ces montagnes, nos 1.000
(?) parrainages font
pâle figure. Pourquoi, nous Français, répugnons-nous à
parrainer ? Il y a environ 300.000 parrainages en cours aux USA, ce qui correspondrait
à 75.000 (le
quart des 270.000 cités plus haut) pour la France, compte tenu du rapport des populations (voir
la conférence de Randolf Graënzer
au lien "actualités" ).
Pourquoi ?
Tout d'abord, pourquoi parrainer ces enfants ?
Et pourquoi ne le fait-on pas ?
Les
raisons en sont nombreuses, sinon bonnes.
La culture
Notre "culture" française accepte
bien cette gestion collective. Nous trouvons normal de ne rien payer au coup
par coup pour notre santé, notre police, la gestion de la cité.
Nous payons nos impôts, sans trop rechigner, mais ceci fait : "Ils
n'ont qu'à faire ceci et cela..."
Cette "culture" pesante
est une des raisons
pour lesquelles nos associations peinent à trouver des parrains. "Je
serais bien bête de donner mon temps pour ce garçon que je ne connais
pas, etc..." "C'est à l'État de s'en occuper",
etc. Nous ne prononçons pas ces phrases, elle sont tapies dans
notre subconscient. Il ne s'agit pas là d'égoïsme, mais de
la crainte d'être ridicule, original, d'agir différemment du corps social
qui nous entoure.
L'égoïsme, le racisme
L'égoïsme est bien là cependant. "Cet enfant
n'est pas de mon sang" , "nous n'aurons pas de part supplémentaire sur le
revenu imposable" , "C'est un nègre, un arabe" ,
"Les enfants
de la DASS sont des délinquants" , "mon fils va être jaloux",
etc.
Certains diront qu'il ne s'agit pas là d'égoïsme
mais seulement d'une façon sélective de donner : on ne donne qu'à
ses proches, à ceux de sa famille, de son ethnie.
La pudeur
Les
associations américaines ont remarqué que, pour trouver des parrains
volontaires, le plus efficace était le prosélytisme, le "bouche à oreille".
Les parrains parlent de leur parrainage autour d'eux, à leur famille,
à leurs collègues de travail. C'est une publicité d'homme
à homme, plus efficace semble-t-il que la publicité classique
par les médias.
Personnellement, j'avoue que
j'ai peine à le faire. Et vous ?
Pourquoi, je ne le sais pas, ce doit
encore être une question de "culture".
Le bonheur
C'est
après un grand malheur, deuil ou une forte déception, que beaucoup de parrains et marraines se sont lancés dans l'aventure, dans le but inconscient
de compenser
cette perte de "don".
Les psychologues pensent que le don est la principale
source de bonheur pour l'être humain.
L'amour ou l'affection que l'on
ne peut plus donner à l'être cher disparu, on le donne à
son filleul.
Ce besoin de "se faire plaisir" en parrainant est
mis en avant par certaines de nos associations, et cela peut choquer de prime
abord. Mais ce n'est que la reconnaissance de ce qui précède :
le don est source de plaisir, c'est dans notre nature d'animal sociable.
Et il ne faut pas mépriser la reconnaissance du filleul, la fierté de remplir un rôle social.
Les associations
Elles
sont beaucoup trop peu nombreuses en France.
Elles sont de petite taille, traitant souvent moins
d'une centaine de parrainages actifs, et c'est bien ainsi car il s'agit de parrainage
de proximité.
La plupart sont de type familial. Certaines
ne bénéficient d'aucune subvention. La plupart en demandent et en obtiennent,
mais pas au point de pouvoir engager un salarié, à la différence des associations
américaines pour lesquelles le personnel des associations est constitué de professionnels
salariés qui gèrent des parrains bénévoles.
Le désintéressement doit subsister pour le
parrain qui reste un bénévole, ce qui est essentiel pour
la relation qu'il établit avec son filleul.
Comment augmenter le nombre des
associations et leur permettre de vivre, c'est là un des challenges majeurs
pour le développement du parrainage dans notre pays.
Les justifications objectives
ne manquent pas : il est prouvé qu'un bon parrainage fait baisser la tendance
des jeunes adolescents à user de drogues ou d'alcool et à être violents, augmente leur assiduité
à l'école, ce qui a un impact économique positif pour la société et justifie
des subventions publiques ou privées.
Un simple coup d'oeil à la carte de France
affichée sur ce site montre qu'une des tâches les plus urgentes
est de susciter la création de nouvelles associations dans
les départements. Les 300.000 parrainages réalisés aux
USA le sont par plus de 2.000 associations. Compte tenu du rapport entre
les populations, cela devrait correspondre à 500 associations en France,
et il n'y en a qu'une dizaine... Si vous êtes convaincus par ce qui
précède, si vous habitez en province et ne trouvez pas d'association pour
vous aider à parrainer, créez votre propre association.
Ce n'est pas
chose facile, il faut de la volonté. Faites le siège de toutes les associations
existantes pour qu'elles vous conseillent : les plus grandes pour leur expérience,
les plus jeunes pour leur enthousiasme.
P.S. Ce dernier
paragraphe a été écrit en 2000. En 2007, peu de changement ...