Rôle des associations de parrainage Les associations jouent un rôle pivot essentiel dans l’institutionnalisation du parrainage. Elles assurent des missions :
d'invention et de conceptualisation
d’information et de promotion
de préparation à la fonction, à l’action
d’évaluation, avant et tout au long du parrainage, sur l’adaptation de cette action aux besoins exprimés tant par les parents, les parrains, les acteurs institutionnels
parfois
de mise en relation
de " contractualisation " des rôles et des missions et des engagements réciproques
d’accompagnement et de suivi à partir du respect par chacun de ces rôles, missions, engagements pour assurer la stabilité du parrainage
de soutien, si nécessaire
d’inscription de ces actions dans un réseau local en tissant des liens de partenariat avec les autres acteurs qui localement et très globalement s’intéressent à l’enfance et à la famille (monde scolaire, social, socio-éducatif, élus, professionnels du juridique et du judiciaire
Propositions et attentes Les associations se reconnaissent dans les principes suivants :
Pour l’accomplissement de ces missions, les associations reconnaissent la nécessité absolue de l’inscription du parrainage parmi les possibilités qui doivent être officiellement offertes comme un soutien : des familles doivent pouvoir le rechercher volontairement , des citoyens doivent pouvoir l’offrir bénévolement dans un cadre construit pour apporter toutes les garanties nécessaires à cette relation basée sur la confiance réciproque avec le soutien des associations jouant le rôle de tiers.
Cette possibilité doit trouver sa place au sein d’un partenariat fonctionnant en réseau.
L’action des associations doit respecter des principes garantissant leur sérieux à inscrire dans une " charte " guide de " bonne pratique " reconnue officiellement suivant des modalités qui restent à définir :
s’engager à un travail en réseau
s’engager à garder confidentielles les informations recueillies
s’appuyer sur des outils communs :
évaluation de l’intérêt pour l’enfant du parrainage
au travers d’entretiens, de recours à des personnes compétentes (juristes, psychologues, etc…)
évaluation des candidats " parrains " à partir,
notamment, de lettres de motivation, dossiers questionnaire, entretiens, visites à domicile permettant de s’assurer de l’adhésion des proches au projet, réunions, rencontres en groupe, extrait de casier judiciaire
conclusion d’une convention (contrat ou pacte de parrainage)
provisoire, revue régulièrement, confirmée….
signée par parent, parrain, association
visée symboliquement par l’enfant
dont le contenu définit la place et le rôle de chacun, les modalités pratiques et les modalités d’accompagnement
mise en place de rituels propres à chaque association autour des liens créés : rencontres, fêtes, travail en commun, etc.
suivi du parrainage : visites, téléphone, soutien psychologique, rencontres, etc.
Lorsque ces principes sont respectés, les associations réfléchissent également, le cas échéant avec des aides extérieures qui restent à déterminer, à la nécessité d’évaluer la pertinence de leur action pour lui assurer la meilleure adaptation aux besoins.
Ce respect doit avoir des conséquences, non encore définies, en terme de reconnaissance publique de la pertinence et de la qualité de ces actions.
Il doit entraîner également des effets sur les modalités pratiques de prise en charge, notamment du point de vue des aides publiques existantes, en les adaptant le cas échéant, pour les actions de parrainage et pour les associations
Parlant d’expérience, les associations évoquent avec insistance, à partir de la réalisation et de la diffusion la plus large possible et dans la durée d’un guide pratique du parrainage, la nécessité de recourir aux outils variés de communication pour faire connaître le parrainage, asseoir sa légitimité, et l’ouvrir au plus grand nombre. Le collectif se propose de contribuer à la rédaction de ce guide.
Les associations regroupées au sein de ce Collectif sont convaincues de l’intérêt du parrainage pour les enfants, leur famille et les parrains et à travers eux de l’effet bénéfique de ces échanges pour la société dans son ensemble en terme de solidarité, de lien. Dans le champ du social, elles lui reconnaissent une fonction de " prévention primaire ". Elles constatent qu’il est mal connu, que l’on n’y recourt peu, mais savent d’expérience que sa richesse est bien réelle. Elles espèrent que les propositions du groupe de travail permettent de dégager d’autres pistes pour lui ouvrir de nouveaux horizons.
Constats partagés des difficultés rencontrées par les associations au fil de leurs expériences
Dans l’action de parrainage
Cet accueil a temps partiel fondé sur la " gratuité " à travers une action exigeante permet à l’enfant parrainé de sortir très souvent d’un certain " isolement ", de découvrir un autre milieu, d’autres repères affectifs . Il crée les conditions d’un échange entre deux courants culturels, la possibilité de solidarité entre deux familles, le respect de l’image des parents, un point d’ancrage où l’on peut se ressourcer, être bien.
Plusieurs types de " freins " peuvent conduire le parrainage à l’échec lorsqu’ils
sont mal évalués ou mal maîtrisés ; ils sont
alors source de confusion
pour le filleul Le trop grand isolement familial, une très grande fragilité ( perte de confiance, conflits familiaux, manque de repères, suites de ruptures en trop grand nombre, manque de réponses aux questions qu’il se pose…)
pour le parrain La difficulté à assurer une écoute et un partage d’échange, l’esprit de tolérance et de respect de l’enfant et de sa famille dans le concret d’une relation, la persévérance et la discrétion, les qualités éducatives pour prendre en considération les potentialités de l’enfant pour lui apporter une aide vraiment personnalisée de nature à " construire " l’avenir, des rencontres régulières sécurisantes…
Pour les éviter ou y remédier, toutes les associations ont " inventé " des procédures
:
périodes préparatoires à la fonction du parrainage et à sa réalité d’une durée variable selon les circonstances et les personnes (pour les familles, les enfants, les parrains)
articulation de ce parrainage avec les différents " partenaires " intervenant autour de l’enfant (sa famille parfois l’autre parent voire des grands parents ou des partenaires institutionnels) dans un souci de cohérence dans le respect de l’histoire de chacun…
suivi du parrainage
Ces modes opératoires se retrouvent dans la plupart des documents internes à chaque association et le collectif, à partir de ces constats et ces pratiques, a élaboré une éthique d’intervention dont l’essentiel est résumé ici mais qui demande à être encore formalisée et détaillée.
Pour les associations elles-mêmes
Les associations elles-mêmes sont aujourd’hui très limités dans leur champ d’intervention. Elles se heurtent à des difficultés liées :
au manque de connaissance du parrainage en général, ce qui entraîne des interrogations nombreuses, tant pour les parents que pour les parrains ou des partenaires institutionnels, sur la possibilité de mener cette action (sa légalité, les problèmes de responsabilité en général, le respect des liens créés, l’étendue des droits et devoirs de chacun, les conséquences, etc.)
au manque de reconnaissance de la part des pouvoirs publics en général
aux modes d’information pour faire connaître et reconnaître la légitimité de ces actions
à la pérennisation de leur action ( notamment difficultés de financement).