Questions fréquemment posées au sujet du parrainage
Le parrainage existe depuis fort longtemps.
D'abord
religieux puis traditionnel et culturel, il s'agit pour un adulte choisi par
les parents d'accompagner leur enfant dans son cheminement d'abord spirituel
puis éducatif.
La tradition est toujours vive même si le terme
lui-même est utilisé aujourd'hui dans de multiples acceptions
et
a son équivalent dans de nombreuses cultures (en Afrique on dit qu'il
faut un village pour éduquer un enfant...)
Qu'entend-on par aujourd'hui par parrainage ?
Outre
cette accompagnement religieux, les parents choisissent fréquemment des
soutiens parmi leurs proches qui sont précieux à tel ou tel moment
dans l'éducation de leurs enfants.
Parfois, l'isolement ne permet pas la mise en place de
ce type de réseau même amical.
L'idée de le constituer
au travers d'associations jouant le rôle de préparation et de mise
en relation est revenue. Il s'agit de tisser un réseau de solidarité
autour d'un enfant pour lui permettre de s'ouvrir sur le monde et de préparer
l'avenir.
Peut-on en tenter une définition ?
Des
adultes volontaires et préparés acceptent de s'engager
dans la durée - auprès d'un enfant avec son accord
et celui de ses parents ou de ses représentants légaux.
Il se crée alors une relation privilégiée qui est
toujours basée sur la confiance réciproque. Elle apporte à
l'enfant un soutien, une présence, un accompagnement dans son éducation
et son développement à travers les liens affectifs qui se créent.
Elle apporte en retour au parrain et à sa famille une ouverture
et une attention vers un enfant qui n'est pas le sien et vers sa famille.
Les
grands parrains disent que c'est une affaire de cœur.
Comment se concrétise cette relation ?
Il
s'agit généralement d'un accueil au domicile du parrain, pour
des durées très différentes et variables au fil du temps.
Le
parrainage peut se décliner sous des formes extrêmement variées,
évolutives et souples, qui en font la richesse. Certaines restent encore
à inventer.
A quels enfants est destiné le parrainage ?
Tous
les enfants peuvent en bénéficier à condition que leurs
parents le souhaitent et eux aussi. Il semble aujourd'hui que ce sont surtout
de jeunes enfants qui en profitent ; on y recourt parfois pour des
adolescents en rupture ou des mineurs isolés, sans famille proche.
Bien sûr qu'il est très utile également
à des enfants privés de famille.
L'intérêt du parrainage réside dans
sa souplesse qui lui permet de s'adapter au mieux de chaque situation
et d'évoluer dans le temps.
N'est-il pas réservé à des enfants
privés de famille ?
Les premières actions se sont mises
en place après la dernière guerre apportant très souvent
une aide matérielle.
Elles ont été progressivement remplacées
par des formes de prises en charge plus individualisées.( cf. l'histoire
du CFPE et de Accueil et Parrainage).
Le nombre d'enfants placés,
séparés de leur famille est important à cette période
et le parrainage apparaît comme une possibilité d'offrir à
certains d'entre eux vivant en établissement une expérience de
vie en famille. C'est l'objet des circulaires dites Veil (1978)
et Dorlhac (1988) du nom des ministres en charge de la famille qui en ont préconisé
l'organisation.
On n'y a eu peu recours et seules quelques associations
pionnières de l'époque (Un enfant - Une famille) continuent à
les organiser, rejointes par quelques autres.
Dans le même temps, on
a privilégié dans le domaine de la protection de l'enfance le
maintien des enfants dans leur famille ou leur placement en famille d'accueil.
Ces textes et ces pratiques expliquent aujourd'hui en grande partie la représentation du parrainage qui est généralement considéré comme une façon de donner à un enfant en difficulté, une famille de substitution... d'où la difficulté à franchir cette première «barrière» pour pouvoir en parler aussi à partir des pratiques actuelles sans pour autant nier l'intérêt des premières.
Le parrainage est-il prévu par la loi ?
Il
n'est pas nommé en tant que tel, mais de nombreuses dispositions légales
permettent de le mettre en œuvre.
Les parents peuvent en faire le choix dans le cadre
normal de l'exercice de leur autorité parentale, c'est le cas le plus
fréquent. Ils signent alors une convention de gré à gré
qui apporte toutes les précisions nécessaires à sa
mise en œuvre.
Parfois, des juges peuvent y recourir en cas de difficultés
particulières. De nombreux mécanismes le permettent - délégation
d'autorité parentale par le juge aux affaires familiales (qui pourra
lorsque le texte actuellement en discussion en parlement sera définitivement
adopté être partagée avec un tiers), nomination en
qualité de tuteur par le juge des tutelles, tiers digne de confiance
désigné par le juge des enfants ...
Dans tous les cas, la relation privilégiée
qui se sera créée à cette occasion sera garantie, si nécessaire,
par le juge.
Dans le cadre particulier de la protection de l'enfance
le parrainage peut être mis en œuvre grâce à des mécanismes
très voisins. La relation créée peut bénéficier des
mêmes garanties.
Le parrainage fait-il concurrence aux professionnels
de la protection de l'enfance ?
Ne peut-on en profiter pour faire des économies
dans la prise en charge des mineurs en difficulté ?
Cette question
est souvent posée tant le parrainage semble inscrit pour l'instant dans
ce cadre.
Non le parrainage ne fait pas concurrence ni ne peut remplacer
l'action des professionnels lorsqu'elle est nécessaire. C'est autre chose
qui, comme indiqué, peut parfois être complémentaire
des dispositifs institutionnels.
Pourquoi passer par des associations ?
Ce n'est
pas obligatoire évidemment lorsqu'il n'est pas formalisé.
Pourtant
ce sont des particuliers particulièrement convaincus de l'intérêt
du parrainage qui ont - en créant des associations - permis
de remettre cette idée en avant.
Il ont tout simplement fait
la démonstration - au travers de leur expérience - que c'était
parfaitement possible, particulièrement riche et bénéfique...
à condition que ce soit non moins parfaitement préparé,
encadré et suivi.
L'amour donné ne peut pas tout et la bonne volonté
ne suffit pas.
Cette action bénévole doit être bien
pensée et préparée de part et d'autres pour qu'elle
puisse se mettre en place et se dérouler dans les meilleures conditions
pour l'enfant, sans rivalités entre adultes, sans jugement de valeur
et dans le respect des places de chacun..
Elle doit bénéficier d'un suivi attentif
de la part des associations pour éviter les petits dérapages du
quotidien qui peuvent parfois faire tout capoter...
C'est dans ces conditions qu'on peut s'engager durablement,
car chacun le sait on ne fait pas n'importe quoi avec un enfant..
Des associations se sont regroupées en collectif
?
Certaines d'entre elles - qui se connaissaient déjà -
ont décidé de se regrouper pour partager leurs réflexions,
leurs expériences et imaginer un avenir possible pour le parrainage.
Elles
ont souhaité - à partir de leurs expériences - proposer
une éthique de leur action - sorte de bonne pratique - pour permettre
un développement de ces actions.
Elles se proposent de promouvoir
le parrainage grâce à une communication mieux appropriée.
Y a-t-il beaucoup de parrains ?
Malheureusement
non. Chaque fois que l'on parle du parrainage, les associations sont sollicitées
par des familles pour leurs enfants. Beaucoup moins par des parrains potentiels.
Les
associations pensent que le concept est mal défini, donc mal connu
et les pratiques très diverses et parfois incertaines. Surtout,
il est inscrit durablement dans la substitution parentale et la difficulté...
Le parrainage a besoin d'un cadre pour pouvoir se développer.
Peut-il participer de la prévention ?
Chaque
fois qu'un parent n'est pas seul dans l'éducation d'un enfant, que celui-ci
s'ouvre sur d'autres adultes, d'autres lieux, d'autres habitudes, qu'il partage
d'autres savoir-faire,.il se construit autrement, avec d'autres appuis...Il sort
d'une sorte d'enfermement (qui n'est d'ailleurs pas lié à des
milieux sociaux culturels particuliers) ; ne se construit-il pas plus solidement
?
Le parrainage existe-t-il dans d'autres pays ?
Oui,
il est assez développé dans les pays d'Europe du Nord ainsi qu'en
Amérique du Nord. Cela correspond certainement à des cultures
différentes. ENYMO - organisation européenne de parrainage de
jeunes - dont le coordinateur est Randolf Graënzer - en a parlé assez
précisément.
Le parrainage, un don d'avenir ?
« Quand
un adulte se préoccupe de la vie d'un enfant, il renonce à la
réciprocité mécanique puisqu'il s'agit d'un don d'avenir
; chacun donne pour que l'enfant à son tour puisse créer des rapports
humains à l'âge adulte ».
Cette phrase nous a été proposée
il y a quelques mois par Maria Maïlat, écrivain, anthropologue.
Elle a tellement fait écho en nous à la réalité
du parrainage que nous n'avons pas résisté à la mettre
en exergue de nos documents. et d'en faire le thème de la rencontre de
La Rochelle (voir la rubrique "actualités".