Une étude des impacts des associations Big Brothers Big Sisters

Joseph P.Tierney
Jean Baldwin Crossman
et Nancy L.Resch
Une Publication de Public/Private Ventures
1992
Traduit du
document original en anglais bbs_impact.pdf que l’on peut télécharger depuis le
site Internet http://www.mentoring.org/
Traducteur Claude Brémenson
Une étude des impacts des associations Big Brothers Big Sisters
.
Joseph P.Tierney
Jean Baldwin Crossman
et Nancy L.Resch

P/PV
Public/Private Ventures est une organisation
nationale sans but lucratif dont la mission est d’améliorer l’efficacité des
politiques sociales et des initiatives communautaires, principalement
lorsqu’elles s’adressent à la jeunesse et aux jeunes adultes. Au cours de sa
mission, P/PV co-opère avec les associations philanthropiques, le secteur
public, le secteur industriel et le autres organisations sans but lucratif.
Nous
travaillons dans quatre principales directions :
·
Nous
développons ou identifions des politiques sociales, des stratégies et des
pratiques qui promeuvent le succès économique individuel et la citoyenneté,
ainsi que des familles et des communautés plus fortes.
·
Nous évaluons
l’efficacité de ces approches prometteuses et en extrayons les éléments
critiques, au moyen d’études de terrain et de méthodes de recherche
rigoureuses.
·
Nous
exploitons les résultats de l’évaluation et les expériences de mise en oeuvre
pour leurs politiques et leurs implications pratiques, et communiquons les
résultats aux décideurs publics et privés, et aux dirigeants des communautés.
·
Nous créons et testons sur le terrain les blocs
constitutifs — modèles politiques, approches financières, curricula Harvard
University et éléments de
formation, stratégies de communication et procédés d’apprentissage —
nécessaires pour mettre en oeuvre des approches efficaces plus générales. Nous
travaillons ensuite avec les dirigeants des différents secteurs pour
implémenter ces outils de développement, et améliorer leur utilité.
Le personnel de P/PV comprend des dirigeants
politiques de domaines divers, des spécialistes de l’évaluation et de la
recherche dans des disciplines allant de l’économie à l’ethnographie, et des
hommes de terrain expérimentés des secteurs sans but lucratif, publics, privés
et philanthropiques.
Bureau
des Directeurs
Siobhan Nicolau, Chair
President
Hispanic Policy Development Project
Amalia V.
Betanzos
President
Wildcat Service Corporation
Yvonne Chan
Principal
Vaughn Learning Center
John J.
DiIulio, Jr.
Fox
Leadership Professor of Politics, Religion and Civil Society University of
Pennsylvania
Alice F.
Emerson
Senior
Fellow Andrew W. Mellon Foundation
Susan
Fuhrman
Dean,
Graduate School of Education University of Pennsylvania
Matthew
McGuire
Director of
Private Sector Initiatives Wildcat Service Corporation
Michael P.
Morley
Senior Vice
President Eastman Kodak Company
Jeremy
Nowak
Chief
Executive Officer The Reinvestment Fund
Marion
Pines
Senior
Fellow Institute for Policy Studies Johns Hopkins University
Isabel
Carter Stewart
National
Executive Director Girls Incorporated
Mitchell
Sviridoff
Community
Development Consultant
Marta
Tienda
Professor
of Sociology Princeton University
Gary Walker
President
Public/Private Ventures
William
Julius Wilson
Lewis P. and Linda L. Geyser
University Professor
Hardward University
Introduction
Au cours de la dernière décade, le parrainage a été l’objet de beaucoup de considération et de soutien. En un sens, ce n’est pas surprenant, car il n’y a rien de plus compréhensible, rassurant, et qui réchauffe plus le coeur, qu’un adulte se liant d’amitié avec un jeune et le soutenant.
Le parrainage produit aussi des résultats importants. A une époque où un grand nombre d’américains ont perdu confiance dans les interventions sociales, le fait que le parrainage produise des effets réels sur les adolescents en ce qui concerne l’usage de la drogue, les comportements violents, les résultats scolaires et les relations familiales est d’importance au moins égale à son attrait intuitif. Et le parrainage est une intervention sociale forte, mettant en relation deux étrangers de groupes d’âge différents, qui soutient et dirige leurs relations par l’intermédiaire d’une organisation créée dans ce but et dédiée à faire en sorte que ces relations fonctionnent — Big Brothers Big Sisters of America pour cette étude.
Nous ré-éditons cette étude de 1995 faite sur les impacts des Big Brothers Big Sisters, en partie pour rappeler que les jeunes vies, même celles qui ont connu de sérieux obstacles, peuvent être profondément affectées par une intervention sociale. Le fait que de nombreuses interventions sociales pour les jeunes n’aient pas produit de résultats notables n’est pas une raison valable pour abandonner ces interventions et les adolescents eux-même — mais nous rappelle plutôt que d’agir sur de jeunes êtres de façon durable et positive est une tâche très difficile. Comme pour chercher du pétrole ou investir dans une start-up, il y a plus d’échecs que de succès. Le parrainage, c’est comme trouver un puits de pétrole ou avoir investi dans American Online au début : nous devons nous réjouir du succès et utiliser toutes ses ressources. Car le parrainage est à la fois une chose modeste et un concept large : l’évolution et le progrès individuel d’un être est lié fondamentalement au fait que d’autres individus prennent soin de lui, l’aident, le prennent en charge, le guident, d’individu à individu. Il n’y a pas de substitut.
La seconde raison de cette ré-édition est de rappeler à nous tous que cette étude n’avait pas montré que le parrainage, en tant que concept, produit des effets concrets. Ce parrainage était mis en oeuvre par Big Brothers Big Sisters : une fédération à but unique, ayant presque un siècle d’expérience, et un ensemble de méthodes opérationnelles sur la sélection, la formation, la direction et la surveillance tirées de l’expérience. Cette expérience donne lieu à la création de relations de parrainage fréquentes (rencontres de plusieurs heures, chaque semaine), durables (plus d’un an), et efficaces. Le parrainage, en tant que tel ou idée à injecter dans les écoles, les programmes post-scolaires ou les institutions de justice, n’est ni gratuit ni une agression contre les professionnels. Son attrait intuitif donne une fausse idée des efforts et des structures nécessaires à son bon fonctionnement. Ni des volontaires généreux, ni des professionnels scolaires bien intentionnés ne peuvent le rendre uniformément efficace sans tenir compte des leçons que les Big Brothers Big Sisters ont apprises.
Merci beaucoup à l’organisation nationale BBBSA et à son président actuel Judy Vredenburgh, aux associations locales qui ont accepté de participer à cette étude, et en particulier à Tom McKenna, qui était président de BBBSA à l’époque de cette étude. Peu de dirigeants d’organisations établies acceptent de prendre le risque d’une étude d’impacts ; sa bonne volonté nous a fourni une information et des conseils utiles, et surtout l’assurance que ceux de nos jeunes qui rencontrent des obstacles peuvent être aidés — maintenant.
Gary Walker
President
Public/Private Ventures
Septembre 2000
Remerciements
Cette étude a été financée par Lilly Endowment, Inc,, The Commonwealth Fund, The Pew Charitable Trusts et un donateur anonyme.
Tous les membres du groupe d’étude des relations de P/PV ont
contribué à ce rapport : Cynthia L.
Sipe a conduit les phases d’évaluation et de développement du projet, lui
donnant ainsi un fondement solide ; Nancy L. Resch a apporté son expertise à
l’analyse des données et rédigé les annexes ; et Kristine Morrow, Melanie
Styles, Alvia Branch, Kathryn Furano, Phoebe Roaf, Danista Hunte et Chris
Welser ont contribué à inclure leurs connaissances acquises au cours des trois
précédentes études sur les BBBS. Thomas J. Smith et Gary Walker ont aidé à
mettre en forme le résumé. Michelle Alberti Gambone, Mark Hughes, Bernardine
Watson, Marc Freedman, Jeffrey Greim, Natalie Jaffe et Carol Thomson ont relu
consciencieusement les brouillons du rapport et contribué à sa clarté.
Sheena McConnell, Walt Corson et Allen Schirm
de Mathematica Policy Research, Inc. ont aidé à construire la recherche, et
leurs collègues Joy Gianolio, Cheryl DeSaw et Linda Gentzik ont dirigé le
fonctionnement du processus d’affectation aléatoire et dirigé les interviews.
Le projet a aussi bénéficié de l’expertise des
membres du bureau consultatif des relations Adultes/Jeunes et du groupe
consultatif de recherche de P/PV.
Les conseillers suivants ont participé à la
définition, à la conduite et aux analyses de l’étude : Anita Summers de
l’Université de Pennsylvania; Henry Levin de Stanford University; Richard
Danzig, une autorité sur les questions
de la jeunesse ; Beatrix Hamburg de la Fondation William T. Grant ; Harold
Howe et Heather Weiss de Harvard University; Emmy Werner de l’Université de
Californie ; et Joan Schine de the Early Adolescent Helper program. Les
conseillers suivants ont soigneusement relu les brouillons du rapport et
contribué à sa clarté : Frank Furstenberg de l’Universitéde Pennsylvanie ;
Robinson Hollister du Swarthmore College ; Frank Levy du MIT ; Marta Tienda de
l’Université de Chicago ; et Jacqueline Eccles de l’Université de Michigan.
Alan Krueger de Princeton University a aussi relu le rapport.
Nous tenons aussi à remercier l’aide du personnel éditorial du MIS de P/PV. Carol Dash a préparé le document de façon experte et a patiemment coopéré avec les auteurs ; Batia Trietsch et Eleanor Hammond ont traité avec soin la grande quantité de données ; Angela Everman, Greg Weber et Donna Sulak ont pris en charge la programmation ; et Rhodie Bruce-Holly a fourni son aide de secrétariat. Joseph Zakrzewski a fourni en permanence aide et conseils. Michael Callaghan (édition), Maxine Sherman (traitement de texte) et Carol Eresian (vérification) ont édité le document.
Bien sûr, la conduite de cette étude n’aurait
pas été possible sans l’aide et la coopération que nous avons reçues de Thomas
M.McKenna, le directeur de BBBSA, et de Dagmar McGill, directeur adjoint de
BBBSA. Nous apprécions fortement leur participation, et celle des directeurs
des huit associations qui nous ont permis en 1991 de conduire l’étude dans
leurs murs : David Schirner (Columbus), Frank Ringo (Houston) Linda Anderson,
(Minneapolis), Tom Weber (Philadelphia), Linda Searfoss (Phoenix), Elizabeth
Callaghan (Rochester), Sharon Baughman (San Antonio) et Nick Mork (Wichita).
Des remerciements spéciaux vont à ceux des
associations qui ont servi de points de contact avec P/PV : John Hamilton
(Columbus), Peggy Turner et Fairan Jones (Houston), Michael Charland
(Minneapolis), Cheryl Thomas (Philadelphia), Madeleine Stilwell (Phoenix), John
Walker et Lori Vanauken (Rochester), Kathy Blizzard (San Antonio) et Janet
Rhodes (Wichita).
Et surtout, nous voulons remercier les
responsables de parrainages qui ont expliqué le but de l’étude aux participants
et obtenu leur consentement à participer à cette étude. Ces responsables de
parrainages sont : Columbus—Jill Clinger, Jill Gates, Nancy
Johnson, Eve Koby, Kelli Mcauley, Michelle Mosher, Cheryl Perkins, Jean Rickly,
Amy Rohling, Leta Slavik, Iben Smith et Kerry Welty ; Houston—Angela
Carruba, Clara Cooper, Jody Hopkins, Angela Koeppeh, Lisa Vaughan et Venetia Wilks
; Minneapolis—Jennifer Conlon, Jenny Corniea et Carla Grayes; Philadelphia—Joel
Cohen, Dionne Cosby, Lori Deluca, Sylvia Fields, Rebecca Gaspar, Christine
Linvill, Erin McConaghy, Cheryl Potter, Douglas Powell, Dawn Siman, Stephen
Smith, Terri Tinnin, Debbi Toy et Patricia Wells; Phoenix— Bernadette
Alvarado, Teresa Bacon, Sandra Burke, Kevin Davis, Adrian Decker, Frank
Delamater, Marcia Duggar, Lenora Forbes, Maryanne Frost, Mark Kimball, Caroline
Marquez, Tracy Sallen, Deborah Smith, Tracy Sullivan, Pat Thomas, Susan
Wiltfong et Lori Zimmerman ; Rochester—Heron Allen, Doris Barr, Marshall
Boyler, Mike Connelly et Gina Hurley; Wichita—Kendra Coop, Sue Friend,
Diane Hirschfeld, Shari Hocutt et Jennifer Matson; San Antonio—Justine
Flores et Kathy Jones.
Enfin, nous voulons remercier tous les jeunes
qui ont participé à ce projet et leurs parents.
Table des matières
Résumé ............................................................................................................................................................................. 9
I. Introduction
................................................................................................................................................................. 13
La nature du
problème ................................................................................................................................................... 13
L’étude de P/PV sur
le parrainage................................................................................................................................. 13
Organisation du
rapport ................................................................................................................................................ 14
II Le programme Big Brothers Big Sisters ............................................................................................................. 16
Normes
opérationnelles ................................................................................................................................................. 16
BBBS et le domaine du parrainage ............................................................................................................................... 17
Choix et
description des associations étudiées ......................................................................................................... 19
III Elaboration
de l’étude ............................................................................................................................................... 20
Impacts attendus ............................................................................................................................................................ 20
Stratégie de
l’étude ......................................................................................................................................................... 20
Parrainage des
jeunes du groupe de traitement ......................................................................................................... 22
Sources des données
..................................................................................................................................................... 22
IV Les jeunes
de l’échantillon et leurs parrains ..................................................................................................... 24
Caractéristiques de
base des jeunes de l’échantillon ............................................................................................... 24
Le groupe de
traitement ................................................................................................................................................. 26
Les volontaires ................................................................................................................................................................ 27
Durée des
parrainages ................................................................................................................................................... 28
Résumé ............................................................................................................................................................................. 30
V Impacts d’un
parrainage BBBS pour les jeunes .................................................................................................. 31
Comportements
anti-sociaux ......................................................................................................................................... 32
Attitudes,
comportement et résultats à l’école .......................................................................................................... 33
Relations avec la
famille ................................................................................................................................................. 35
Relations avec les
pairs ................................................................................................................................................. 36
Opinion envers
soi-même .............................................................................................................................................. 36
Enrichissement
social et culturel .................................................................................................................................. 37
Résumé des effets
d’un parrainage BBBS sur la jeunesse ....................................................................................... 38
VI Résumé et
conclusions ............................................................................................................................................ 40
Quelles-sont les causes de ces résultats .................................................................................................................... 41
Domaines pour des
études futures .............................................................................................................................. 42
Impressions finales
......................................................................................................................................................... 43
Références ...................................................................................................................................................................... 44
Annexe A: Méthodes employés ................................................................................................................................... 47
Annexe B: Tables additionnelles ................................................................................................................................. 54
1 Caractéristiques
des associations étudiées ............................................................................................................. 18
2 Composition de
l’échantillon ..................................................................................................................................... 23
3 Race, sexe et âge
des jeunes ...................................................................................................................................... 24
4 Caractéristiques de l’habitat et de parents
ou gardiens des jeunes .................................................................... 25
5 Expériences
stressantes éprouvées par les jeunes ................................................................................................. 26
6 Caractéristiques
des jeunes du groupe de traitement qui n’ont pas été parrainés ............................................ 26
7 Caractéristiques
démographiques des volontaires, par sexe ................................................................................ 28
8 Caractéristiques
des parrainages .............................................................................................................................. 29
9 Impact net
de la participation à BBBS sur l’initiation à la drogue ou à l’alcool ................................................. 31
10 Impact
net de la participation à BBBS sur la violence, le vol et les dommages................................................. 32
11 Impact
net de la participation à un parrainage BBBS sur les résultats scolaires.............................................. 33
12 Impact
net d’un parrainage BBBS sur les relations avec la famille .................................................................... 35
13 Impact
net de la participation à un parrainage BBBS sur la relation avec les pairs ......................................... 36
14 Impact
net de la participation à un parrainage BBBS sur l’opinion envers soi-même ..................................... 37
15 Impact
net de la participation à un parrainage BBBS sur l’enrichissement social et
culturel ........................ 38
16 Comment un jeune bénéficie d’un parrainage BBBS, par rapport à un jeune non parrainé,
18 mois plus
tard ......................................................................................................................................................... 40
A.1. Mesures des
résultats ........................................................................................................................................... 48
A.2. Consistance
interne des paramètres employés pour les mesures, aux entretiens initiaux et
finaux .......... 50
A.3. Statistique
des paramètres utilisés pour mesurer un résultat .......................................................................... 50
A.4. Variables descriptives utilisées dans les
modèles de régression (mesurées au début de l’étude) ............ 52
A.5. Caractéristiques
principales au début de l’étude .............................................................................................. 52
B.1. Impact
net d’un parrainage BBBS sur les
activités antisociales ..................................................................... 54
B.2. Impact
net d’un parrainage BBBS sur les
résultats scolaires .......................................................................... 54
B.3. Impact
net d’un parrainage BBBS sur la Relationship
Inequality ................................................................. 55
B.4. Impact
net d’un parrainage BBBS sur
l’enrichissement social et culturel ..................................................... 56
B.5. Procédures
employées par les associations pour la sélection des volontaires ............................................. 57
B.6. Information
sur les parrainages, selon les associations ................................................................................... 57
Résumé
La dernière décade a vu un enthousiasme général pour la parrainage comme moyen de répondre aux besoins et aux problèmes de la jeunesse — mais pas d’assurance forte que les programmes de parrainage produisent des résultats. Nous avons maintenant cette assurance.
Dans ce rapport, Public/Private Ventures (P/PV ) fournit la preuve scientifique et fiable que les programmes de parrainage peuvent avoir un effet positif sur la jeunesse. Cette preuve provient d’une étude menée auprès d’associations locales affiliées à Big Brothers Big Sisters of America (BBBSA), la plus ancienne, la mieux connue et, on peut le dire, la plus sophistiquée des programmes de parrainage des Etats Unis. Les programmes BBBS gèrent actuellement 75.000 parrainages actifs entre un adulte volontaire et un jeune. Les programmes et les appariements sont établis à travers des procédures et des critères bien établis.
P/PV a conduit une étude comparative de 959 jeunes âgés de 10 à 16 ans qui adhéraient à un programme BBBS en 1992 et 1993. La moitié de ces jeunes ont été associés au hasard à un groupe de traitement, pour lequel les parrainages BBBS étaient établis ou en cours ; l’autre moitié assignée aux listes d’attente BBBS. Nous avons comparé les deux groupes au bout de 18 mois et avons trouvé que les participants à un programme BBBS :
Ce rapport fait partie d’une investigation de huit ans d’un ensemble d’études de relations adultes-jeunes. Dans d’autres rapports, nous avons examiné les méthodes des programmes : recrutement et sélection des volontaires dans les programmes BBBS, et les caractéristiques des relations adultes-jeunes dans les programmes BBBS et d’autres programmes de parrainage.
Les résultats présentés dans ce rapport reflètent les mécanismes d’une approche soigneusement structurée du parrainage. Il est important de comprendre comment fonctionnent les programmes BBBS et les normes auxquelles ils adhèrent, car beaucoup d’autres programmes ne sont pas aussi bien structurés ni dirigés que les programmes BBBS dont nous avons étudié les parrainages.
Les associations locales BBBS sont autonomes, mais affiliées à BBBSA et financées par BBBSA. En plus de fournir un soutien pour les affaires courantes et une représentation de ses affiliés, le siège national de BBBSA assume la fonction principale de promulguer des critères et des normes qui déterminent en grande part le développement, la surveillance et la qualité des parrainages locaux.
Pour être formellement autorisée à porter le nom Big Brothers Big Sisters, une association locale doit adopter ces normes, avec des adaptations mineures aux caractéristiques locales. Les normes définissent :
La plupart des associations locales fonctionnent plus ou moins de la même manière : elles recrutent et sélectionnent soigneusement les parrains volontaires pour un parrainage « un pour un » ; elles sélectionnent les jeunes, qui proviennent le plus souvent de familles monoparentales et qui ont besoin (avec le consentement de leurs parents) d’être parrainés ; et elles apparient soigneusement les volontaires et les jeunes en se basant sur leurs origines, sur les préférences annoncées par les adultes volontaires, les parents et les jeunes, et sur la proximité géographique. En moyenne, les paires parrain-filleul se rencontrent pendant trois ou quatre heures, trois fois par mois et pour au moins un an.
En coopération avec le siège national de BBBSA, P/PV a choisi pour cette étude huit associations locales BBBS accréditées. Nous avons tenu compte de deux critères pour choisir les associations. Le premier était une forte taille ; nous voulions choisir parmi les plus grosses associations pour disposer d’un nombre suffisant de jeunes pour l’échantillon statistique et pour minimiser l’impact de l’étude sur le fonctionnement de l’association. Le second était la diversité géographique. Les sites choisis représentaient la plupart des régions des Etats Unis : Philadelphie ; Rochester, New York ; Minneapolis ; Colombus, Ohio ; Wichita, Kansas ; Houston ; San Antonio ; et Phoenix.
Les jeunes choisis pour l’échantillon étaient âgés de 10 à 16 ans (93% entre 10 et 14) au moment de leur prise en compte dans l’étude. Un peu plus de 60% étaient des garçons, et plus de la moitié étaient membres d’une minorité (parmi ces derniers, plus de 70% de noirs américains). Presque tous vivaient avec un seul parent (la mère, la plupart du temps), les autres avec un tuteur ou des personnes de la famille. Beaucoup provenaient de foyers à faible revenu, et un nombre significatif d’entre eux provenaient de foyers ayant un précédent de violence familiale ou d’abus de drogue.
La stratégie de notre étude consistait à comparer les jeunes qui participaient à un parrainage BBBS à ceux qui n’étaient pas parrainés. Nous avons donc conduit un premier interview avec tous les jeunes au moment où ils ont été acceptés par l’association, puis nous les avons placés par tirage au sort :
Les deux groupes ont été interviewés une seconde fois 18 mois plus tard. Parmi les 1.138 jeunes du tirage au sort initial, 959 (84,3%) ont subi les deux interviews et ont donc constitué l’échantillon sur lequel nos résultats se sont basés. Des 487 jeunes du groupe de traitement, 378 ont été parrainés par un Big Brother ou une Big Sister, et ont reçu le soutien et la surveillance de l’association normalement fournis. Les « Little Brothers » et « Little Sisters » parrainés ont rencontré leurs Big Brothers et Big Sisters respectifs pour une durée de près de 12 mois, avec environ trois réunions par mois, chaque réunion durant environ quatre heures.
Le but de l’étude consistait à déterminer si une expérience de parrainage « un pour un » se traduisait par une modification tangible du mode de vie des jeunes. Nous avons choisi six domaines pour lesquels nous pensions que le parrainage pouvait avoir des effets, définis en grande partie au cours de discussions avec les associations et à partir des normes et autres documents de la fédération nationale BBBSA. Ces six domaines étaient les actes antisociaux, les résultats scolaires, les attitudes et comportements, les relations avec la famille, les relations avec les amis, la confiance en soi et l’enrichissement culturel.
Tous les résultats donnés ici sont basés sur les dires des jeunes au cours de leurs deux interviews ou sur des formulaires remplis par le personnel des associations. L’analyse de ces données a mis en œuvre des techniques multi-variates pour comparer, pour chacun des deux groupes de traitement et de contrôle, les résultats du second interview aux caractéristiques du premier interview [1].
Les résultats sont positifs dans l’ensemble. Les suivants sont les plus significatifs :
Nous n’avons pas trouvé d’amélioration statistiquement significative de la confiance en soi, ni du nombre d’activités sociales et culturelles pratiquées par les jeunes parrainés BBBS.
|
Conclusions Notre étude présente l’évidence claire et encourageante que des relations attentionnées entre adultes et jeunes peuvent être créées et soutenues par des associations, et peuvent conduire à une gamme importante de bénéfices tangibles |
|
Les résultats les plus notables du parrainage sont l’effet dissuasif sur le début de consommation de drogue et d’alcool, et l’effet positif global sur les résultats scolaires. L’amélioration des notes obtenues à l’école par les jeunes parrainés par BBBS, bien que faible en valeur absolue, est cependant encourageante car des interventions non spécifiquement scolaires sont rarement capables de produire un tel effet.
Cependant, ces résultats ne signifient pas que les bénéfices du parrainage soient automatiques. Cette étude, comme dit précédemment, décrit les effets du parrainage dans le cadre d’associations locales spécialisées et expérimentées qui adhèrent à des normes de qualité bien établies. A notre avis, les normes et le type de soutien que les associations BBBS emploient sont critiques pour le bon fonctionnement des relations, et donc pour générer les forts impacts que nous avons décrits. Si ces normes et ce type de soutien étaient reproduits, l’expansion et la réplique d’initiatives de parrainage pour les jeunes adolescents constitueraient un fort et significatif investissement, duquel au moins un million de jeunes pourrait bénéficier.
Ceci soulève encore deux points importants. En premier, existe-il un nombre suffisant de volontaires qui accepteraient de consacrer le temps et l’engagement nécessaires ? Les études précédentes ne donnent pas de réponse à cette question.
Le second point est que le soutien et la supervision nécessaires pour que ces initiatives de parrainage soient suivies d’effet coûtent de l’argent, environ 1.000 US$ par parrainage. Il est très improbable qu’une expansion significative puisse provenir uniquement de fonds privés. Un financement public semble également improbable, aujourd’hui où les budgets des programmes sociaux subissent de sévères coupures au niveau fédéral et où les interventions de politique sociales sont considérées comme inefficaces par la majorité des citoyens.
Cependant, l’efficacité avérée du parrainage, comme cela a été montré par ce rapport — surtout en terme de drogue, de violence et de comportement scolaire — peut influencer la vue du public sur ce qu’il faut faire, et peut aussi stimuler les politiciens à entreprendre l’ébauche d’une politique sociale nouvelle plus efficace — une politique moins centrée sur le traitement des problèmes spécifiques après leur apparition, et plus sur le service des besoins fondamentaux de développement de la jeunesse.

I Introduction
Pendant plus de 90 ans, le réseau des associations Big Brothers Big Sisters of America (BBBSA) a créé et soutenu des relations « un pour un » entre des adultes volontaires et des jeunes vivant dans une famille monoparentale. Cependant, en dépit de sa longue existence, les effets de ce programme de parrainage sur la vie des jeunes doivent encore être établis de manière crédible. Dans ce rapport, Public/Private Ventures (P/PV) met pour la première fois en évidence de façon crédible et scientifique que les parrainages Big Brothers Big Sisters (BBBS) procurent beaucoup d’effets positifs et socialement importants sur les vies des jeunes participants.
Ceci est une bonne nouvelle pour le champ du parrainage, mais les impacts positifs présentés dans ce rapport ont des implications qui s’appliquent à l’ensemble de la politique de la jeunesse. La participation à un programme BBBS a réduit l’usage illégal de drogue et d’alcool, a commencé à améliorer les résultats scolaires, les comportements et les attitudes, et a amélioré les relations avec la famille et les amis. Cependant, l’approche BBBS ne vise pas ces effets sur la vie, ni ne les prend en compte ; elle fournit simplement au jeune un adulte qui prend soin de lui, un ami. Ainsi, les résultats présentés dans ce rapport mettent en évidence l’efficacité d’une approche du traitement de la jeunesse qui est très différente de l’approche orientée sur les problèmes qui prévaut généralement dans la politique de la jeunesse. Cette approche plus orientée sur le développement ne vise pas des problèmes spécifiques, mais interagit plutôt de manière flexible avec les jeunes, en les soutenant.
Guider et soutenir des jeunes par des adultes constitue une part critique du processus qui permet aux jeunes de devenir des adultes responsables. Encore aujourd’hui, un tel soutien est rare, surtout pour la jeunesse pauvre. Les institutions sur qui nous comptions dans le passé pour fournir guide et soutien à la jeunesse par des adultes — les familles, les écoles et le voisinage — ont évolué en un sens qui réduit considérablement leur capacité à fournir une telle aide. Par exemple, il y a moins d’adultes dans un famille aujourd’hui : plus d’un enfant sur quatre est né dans une famille monoparentale, et la moitié de la génération actuelle des enfants vivra dans une famille monoparentale pendant une partie de son enfance. La réduction des crédits de l’école signifie moins d’adultes par enfant. Et le déclin de la sécurité dans le voisinage fait que jeunes et adultes à la fois gardent leurs impressions pour eux.
Que doit faire la société ? Clairement, nous ne devons pas abandonner les adolescents, principalement les jeunes adolescents. Alors que les nouveaux nés et les enfants qui commencent à marcher forment leurs premières opinions fondamentales sur les interactions humaines, les enfants âgés de 10 à 14 ans forment leurs premières opinions fondamentales sur la société et leur propre rôle éventuel dans cette société. Ces opinions se forment par l’observation des adultes et les interactions avec le monde des adultes. Si des adultes qui s’intéressent à eux, qui peuvent servir de modèles, sont accessibles aux jeunes, ceux-ci seront beaucoup plus aptes à devenir eux-même des adultes sains et réussis (Furstenberg, 1993 ; Werner et Smith, 1992 ; Rutter, 1987 ; Garnezy, 1985). Comme le prétend le rapport Great Transitions du comité Carnegie sur le développement des adolescents (1995), les années de la prime adolescence — de 10 à 14 ans — sont les « dernière cartouches » dont la société dispose pour prévenir les problèmes sociaux.
Avec la reconnaissance accrue du nombre croissant de jeunes qui manquent d’attention de la part des adultes, l’intérêt du parrainage comme forme d’intervention sociale a été prônée dans divers champs de réforme sociale : éducation, prévention de la violence, transition école-travail et service militaire. Une augmentation considérable du nombre de programmes destinés à fournir l’aide d’adultes aux jeunes, principalement aux pauvres, a été effectuée en l’absence d’une réelle assurance que ces aides soient efficaces. C’est une étude de BBBS, qu’on peut considérer comme le porte drapeau du mouvement du parrainage, qui fournit pour la première fois cette assurance.
Ce rapport est comme le bouquet d’une initiative de huit ans sur l’étude du parrainage. Pour placer les résultats de ce rapport dans leur contexte, résumons les résultats de nos études précédentes.
Au cours des huit dernières années, P/PV a conduit une série d’études pour explorer la politique et les implications opérationnelles de la création de relations de parrainage par des adultes pour la jeunesse à risque. Nous avons examiné les chances de succès et l’efficacité de plusieurs modèles de programmes incluant l’ensemble des programmes de parrainage. Cet examen de programmes existants avait pour but de donner une base d’information à un large débat sur les politiques sociales, en liant les discussions aux réalités opérationnelles.
Les principales questions de cette initiative de recherche sont :
La participation à un programme de parrainage résulte t-elle en un changement important et observable dans les attitudes, les perceptions et le comportement des jeunes à risque ?
Quelles sont les méthodes qui sont nécessaires pour gérer les programmes de parrainage de manière efficace ? Quelles sont les « meilleures méthodes » qui donnent les montants à fournir pour la formation, la sélection, l’appariement et la supervision ?
Existe t-il un jeu de traits ou de caractéristiques qui caractérisent les adultes qui sont efficaces dans leur relation de parrainage ?
Y a-t-il un grand nombre d’adultes qui ont le temps et les ressources émotionnelles pour satisfaire la demande de parrainage de la jeunesse à risque ?
Le parrainage peut-il être intégré dans les nombreuses institutions dédiées aux jeunes comme les centres de traitement judiciaire de jeunes ?
Pour fournir des réponses crédibles à ces questions, nous avons entrepris plusieurs initiatives : une investigation du programme The Campus Partners in Learning pour tester l’utilité d’employer des étudiants des collèges comme parrains d’élèves des écoles primaires en risque d’échec scolaire ; une évaluation d’un programme de garde et de parrainage de l’association « I have a dream » chez des affiliés de la région de Washington D.C ; un test de l’emploi de seniors comme parrains de jeunes à risque dans un programme de Temple University’s national Linking Lifetimes ; une étude de démonstration de parrainage effectuée en Géorgie et dans le Missouri par les services nationaux de justice pour les jeunes ; et, piliers de l’initiative de recherche, quatre études de contenu et d’efficacité du programme BBBS.
Ce rapport répond à la première question de notre recherche en montrant que la participation à un parrainage BBBS donne effectivement lieu à des changements importants et observables dans les attitudes, les perceptions et les comportements des jeunes à risque. Nous supposons que d’autres programmes de parrainage orientés sur le développement, également capables de faciliter et de surveiller soigneusement des parrainages longs et intenses, peuvent avoir un succès similaire.
Nos autres études montrent que le challenge pour les associations de parrainage est le renforcement de leurs infrastructures et l’amélioration de leurs méthodes pour faire en sorte que les parrains et les jeunes se rencontrent suffisamment longtemps et de façon assez consistante pour que se forment des relations significatives (Tierney et Branch, 1992 ; Higgins et al., 1991). Bien que le récent mouvement en faveur du parrainage ait émergé indépendamment de BBBS, le domaine du parrainage a beaucoup à apprendre des méthodes de cette initiative pionnière « un pour un » (Furano, 1993). Ces études fournissent un début de réponse à la question de savoir quel est le type d’infrastructure qui facilite l’établissement de relations significatives — la seconde question de l’agenda de notre étude.
L’infrastructure et le soutien fournis par une association sont des éléments critiques pour aider les adultes et les jeunes à surmonter les obstacles à l’établissement de relations, et peuvent être utiles lorsque des obstacles surgissent au cours d’une relation. Cependant, dans une large mesure, ce sont les attitudes et les actions des volontaires eux-mêmes qui concourent à la création de bonnes relations. Deux études (Morrow et Styles, 1995 ; Styles et Morrow, 1992) dévoilent un ensemble de méthodes qui augmentent les chances qu’un parrain et un filleul forment une relation durable et mutuellement plus satisfaisante — le troisième point de notre agenda.
Trois autres rapports répondent aux quatrième et cinquième questions concernant la faisabilité d’étendre et d’institutionnaliser le parrainage. En cherchant si un plus grand nombre de jeunes pouvaient bénéficier d’un parrainage, et combien, nous avons trouvé que plus d’adultes pouvaient se porter volontaires pour parrainer, mais que beaucoup d’entre eux n’en étaient pas capables (Roaf et al., 1994). Introduire le parrainage dans les institutions et les programmes existant s’est révélé très difficile. Les obstacles rencontrés dans l’intégration du parrainage dans les institutions sont décrits par Greim (1992) et Mecartney et al. (1994).
Avant de présenter nos résultats montrant comment BBBS améliore la vie des filleuls, nous décrirons quelques caractéristiques des programmes et évaluerons leurs résultats. Etant donnée la spécificité de BBBS parmi les autres programmes de parrainage, le chapitre II expose en détail l’infrastructure et les normes incluses dans les modèles de parrainage BBBS, et décrit les méthodes employées par les huit associations qui ont participé à l’étude des impacts. Le chapitre III décrit la méthode d’évaluation des résultats.
Le chapitre IV décrit les caractéristiques des jeunes qui ont participé à l’étude. Le chapitre V met en évidence comment le groupe des jeunes qui ont participé à un parrainage diffère, dix huit mois plus tard, de celui des jeunes assignés au hasard au groupe de contrôle. Le dernier chapitre résume les impacts positifs de BBBS sur les jeunes, et en tire des implications politiques sur les programmes de parrainage.
II Le programme Big Brothers Big Sisters
Depuis plus de 90 ans, le programme BBBS a associé, sans qu’ils se connaissent au préalable, des adultes volontaires et des jeunes appartenant à une famille monoparentale, en employant une approche efficace dans ses résultats et large dans son champ d’action. Volontaire et jeune s’engagent tous les deux pour une durée importante, acceptent de se rencontrer deux ou trois fois par mois pendant au moins un an, les rencontres durant typiquement quatre heures. BBBS n’est pas un programme dédié à améliorer un problème spécifique, mais à développer une personnalité. La relation forgée avec un jeune par le Big Brother ou la Big Sister crée le cadre à travers lequel le parrain peut aider et soutenir le jeune au cours de son développement pendant son enfance et/ou son adolescence.
La relation entre un adulte et un jeune qui ne se connaissaient pas antérieurement, marque de fabrique du mouvement BBBS, n’est pas établie dans le vide. Derrière les centaines de parrainages dont chaque association est responsable, se trouve une équipe professionnelle dont les responsabilités couvrent un champ large. Et les associations sont soumises à des normes opérationnelles nationales qui procurent un caractère d’uniformité au recrutement, à la sélection, l’appariement et la surveillance.
Bien que ses normes soient renforcées par une formation nationale, des conférences nationales et régionales et des évaluations périodiques des associations, BBBS n’est pas monolithique. Les associations individuelles — en particulier les huit associations qui ont participé à cette étude — adhèrent aux normes nationales mais personnalisent leurs parrainages pour tenir compte des villes et localités où elles sont situées. Ce chapitre résume les normes nationales BBBS et leurs modalités d’application, et fournit des détails sur le fonctionnement des huit associations.
En liaison avec plus de 500 associations locales, le siège national de BBBSA établit et publie les normes et les procédures concernant la sélection des volontaires et des jeunes, l’orientation et la formation des volontaires et des jeunes, et la création et la surveillance des parrainages. Ces normes et procédures constituent une base minimale acceptable, irréductible, pour les méthodes employées. Les associations peuvent les interpréter en fonction de considérations philosophiques, géographiques, budgétaires et des besoins locaux des jeunes, mais elles doivent en tenir compte.
Les recommandations les plus strictes de BBBSA concernent les procédures de sélection des volontaires. Le but du processus de sélection est de protéger les jeunes en identifiant et éliminant les demandeurs qui posent un problème de sécurité, semblent incapables de tenir la durée de leur engagement ou semblent incapables de former des relations positives avec les jeunes. (La table 1 décrit comment ces procédures sont appliquées par les associations étudiées).
L’application des procédures de sélection est rigoureuse et prend du temps. Des études antérieures ont montré que, après avoir été pris en compte pendant de trois à neuf mois, seulement 35% des demandeurs ont parrainé ; 30% se sont désistés ou ont été considérés inappropriés par l’association, et 35% n’ont pas rempli tous les phases du processus (Roaf et al., 1994).
La procédure de sélection des jeunes comprend un formulaire écrit, des entretiens avec le parent et le jeune, et une évaluation de l’habitat. La plupart des associations exigent que le jeune n’ait pas plus d’un seul parent ou gardien impliqué activement dans sa vie, ce qui signifie que presque tous les jeunes jugés admissibles vivent dans une famille monoparentale. D’autres critères d’admissibilité sont l’âge (de 5 à 18 ans), résider dans la zone d’influence de l’association, un niveau minimum de pratiques sociales et l’acceptation des règles de l’association par le parent et le jeune.
Les associations BBBS fournissent aux volontaires une orientation qui explique les règles et les conditions requises par le programme. Beaucoup d’associations offrent aussi une formation sur la manière de reconnaître et de rendre compte des faits liés à l’abus sexuel. Une formation plus poussée n’est pas obligatoire, mais recommandée par le siège BBBSA. Les associations qui fournissent une formation plus poussée y incluent généralement des présentations des phases de développement des jeunes, développent l’aptitude à la communication et à l’établissement de frontières, donnent des astuces pour aider à établir des relations et des recommandations sur la meilleure manière d’interagir avec un(e) filleul(e). Cette information est destinée à aider les volontaires dans les interactions qu’ils ont avec le jeune qui leur est assigné, qui appartient souvent à un milieu racial ou socio-économique différent.
BBBSA donne peu de consignes au sujet des appariements, sauf que les associations doivent créer des parrainages basés sur l’aptitude d’un volontaire particulier à satisfaire aux besoins d’un jeune particulier. Cependant, une étude des méthodes BBBS a montré que les associations avaient établi des critères remarquablement semblables (Furano et al., 1993). En associant un parrain à un filleul, toutes les associations étudiées prennent en considération des facteurs pratiques comme le sexe, la proximité géographique et la disponibilité. De plus, on demande aux jeunes et aux parents d’exprimer leurs préférences. Les volontaires indiquent le type du jeune qu’ils voudraient parrainer, son âge, sa race et les types d’activités dans lesquels il pensent s’engager avec le jeune. Le jeune et son parent indiquent leurs préférences sur le volontaire, par exemple l’âge, la race et la religion. Les jeunes donnent leur avis sur les activités auxquelles ils désirent participer.
Un aspect du processus qui varie parmi les associations est le fait que les volontaires puissent ou non choisir le jeune qu’ils veulent parrainer. Alors que certaines associations choisissent un seul filleul et le présentent au volontaire, d’autres lui permettent de choisir parmi plusieurs jeunes. Bien que le parent ou le gardien doivent approuver le choix du parrain, des études antérieures ont montré qu’ils rejettent rarement le volontaire proposé (Furano et al., 1993).
Dans le but de rendre les parrainages plus efficaces, les associations mettent l’accent sur la surveillance. Les normes nationales spécifient que le contact entre le parent, le jeune et le volontaire doit avoir lieu moins de deux semaines après l’établissement du parrainage. Un contact téléphonique mensuel avec le volontaire est exigé pendant la première année du parrainage, ainsi qu’un contact mensuel avec le parent et/ou le jeune. Le jeune doit être rencontré directement au moins quatre fois pendant la première année. Après la première année du parrainage, la demande de rencontre entre un responsable de l’association et les participants est réduite à une par trimestre. L’association soutient aussi le parrainage en donnant des conseils lorsque des difficultés surgissent dans la relation.
La puissance et la forte infrastructure de BBBS contrastent fortement avec la structure laxiste de la plupart des nouveaux programmes. Une partie de l’attrait du courant des programmes de parrainage mis en œuvre dans les années 1980 était leur apparente simplicité : les avocats de ces programmes prétendaient que les adultes pouvaient « naturellement » travailler avec les jeunes. Les parrains n’avaient besoin que de temps et de bonne volonté, pas de sélection ni formation ni surveillance. Les fondateurs de ces programmes se souvenaient des adultes qui leur avaient servi de parrains — instructeurs, maîtres et voisins — et voulaient recréer ce type de soutien avec les jeunes d’aujourd’hui. Ainsi, la demande d’établissement et de maintenance de programmes de parrainage se traduisait en fait par la promotion d’une approche « laissez-faire », attirante pour les sponsors peu désireux d’instituer des conditions procédurières et structurales qui, pensaient-ils, intimideraient les volontaires. Un rapport de 1992 par Marc Freedman avertit du danger de « ferveur sans infrastructure » lors de l’établissement de programme de parrainage :
Le seul fait d’attacher des adultes aux jeunes, sans infrastructure adéquate, peut créer une impression d’action, mais il est probable qu’il n’en sortira rien. Cela peut même se traduire par un retour de flamme. Si une relation engendre du mal ou renforce des stéréotypes négatifs, c’est pire que l’absence de parrainage.
Les études antérieures de P/PV sur le parrainage montrent clairement l’importance de la sélection des volontaires et de la surveillance des parrainages. Nous avons trouvé que les jeunes et les parrains des programmes à faible infrastructure étaient moins enclins à se rencontrer, et donc moins enclins à réaliser une condition nécessaire pour affecter la vie d’un jeune : des rencontres suffisamment longues et consistantes pour établir une relation.
Parmi toutes les relations de parrainage, ce sont celles de BBBS qui durent le plus longtemps et qui sont les plus consistantes (en terme de rencontres). Les premières études de P/PV sur BBBS ont montré que pour 96% des parrainages mis en œuvre depuis moins d’un an il y avait eu une rencontre dans les quatre semaines précédentes et que, en moyenne, les parrains avaient rencontré leurs filleuls 3,1 fois pendant l’année.
Par comparaison, l’étude de six programmes de parrainage basés sur un campus qui servaient une population similaire à celle d’une BBBS, mais effectuaient une sélection minimale des volontaires, n’avaient pas de critère d’appariement et pratiquaient une surveillance minimale, a montré un niveau d’interaction beaucoup plus faible. Seuls 57% de ces parrainages se rencontraient sur une base assez régulière (Tierney et Branch, 1992).
Une étude de deux programmes de parrainage du ministère de la justice a montré que la surveillance de ces deux programmes était limitée, et que la fréquence d’interaction entre les parrains et les jeunes était elle aussi limitée. Les parrains de ces programmes manquaient plus d’un tiers des rencontres hebdomadaires programmées. Parmi les parrainages avec les jeunes non incarcérés, seulement 40% des rencontres programmées étaient réalisées (Mecartney et al., 1994).
Le seul programme que nous avons examiné et qui se rapprochait du taux de rencontres BBBS était un programme inter-générations qui associait des jeunes à risque avec des personnes plus âgées. Les sites locaux de ce programme utilisaient des procédures de sélection, d’appariement et de surveillance, et des parrains salariés. Les parrainages se rencontraient jusqu’à six fois par mois, un taux élevé qui peut s’expliquer par le fait que les parrains n’étaient payés que si la rencontre avait eu lieu (Styles et Morrow, 1992).
Table 1 Caractéristiques des associations étudiées |
||||||||
|
Caractéristiques |
Colombus |
Houston |
Minneapolis |
Rochester |
Philadelphia |
Phoenix |
San Antonio |
Wichita |
|
Nombre total de parrainages actifs |
754 |
479 |
330 |
358 |
709 |
655 |
277 |
659 |
|
Race / sexe |
||||||||
|
Garçons des minorités |
14,5% |
22,1% |
20,3% |
13,7% |
34,0% |
10,5% |
21,7% |
18,1% |
|
Filles des minorités |
22,5% |
32,2% |
29,1% |
20,4% |
21,6% |
17,0% |
31,4% |
23,4% |
|
Garçons blancs |
29,6% |
27,3% |
20,0% |
37,1% |
29,5% |
38,9% |
23,8% |
34,1% |
|
Filles blanches |
33,4% |
18,4% |
30,6% |
28,8% |
14,9% |
33,6% |
23,1% |
24,4% |
|
Ages des garçons |
||||||||
|
5 – 9 |
9,6% |
9,8% |
3,6% |
12,3% |
7,7% |
6,2% |
5,0% |
11,7% |
|
10 – 15 |
29,3% |
35,3% |
32,1% |
29,0% |
44,0% |
40,0% |
35,5% |
31,6% |
|
16 + |
5,2% |
4,4% |
4,5% |
9,5% |
11,8% |
3,2% |
5,0% |
8,9% |
|
Age des filles |
||||||||
|
5 – 9 |
15,9% |
10,2% |
5,5% |
9,8% |
6,3% |
13,9% |
13,9% |
13,5% |
|
10 – 15 |
35,5% |
37,4% |
44,9% |
34,1% |
23,8% |
33,3% |
35,1% |
28,8% |
|
16 + |
4,5% |
2,9% |
9,4% |
5,3% |
6,4% |
3,4% |
5,5% |
5,5% |
|
Rencontres exigées la première année |
3x/mois |
2-4 par mois |
1/semaine |
1/semaine |
1/semaine |
1/semaine |
1/semaine |
1/semaine |
|
Durée exigée d’une rencontre (heures) |
2-4 |
3-4 |
3-5 |
3-5 |
3-4 |
3-6 |
3-5 |
3-4 |
|
Parrainages d’un an ou plus |
75% |
75% |
65%-75% |
70% |
80% |
n.a. |
64% |
68% |
|
Parrainages entre ethnies différentes |
25% |
33% |
39% |
47% |
30% |
22% |
34% |
n.a. |
|
Budget de l’association (US$) |
676.000 |
998.000 |
1.100.000 |
505.000 |
788.000 |
848.000 |
323.000 |
802.000 |
|
Effectif |
24 |
26 |
29 |
10 |
23 |
25 |
12 |
31 |
|
Responsables de parrainages à temps plein |
10 |
13 |
6 |
4 |
11 |
15 |
6 |
8 |
|
Responsables de parrainages à temps partiel |
5 |
1 |
5 |
2 |
0 |
0 |
0 |
13 |
|
Notes : toutes les données sont de 1992 n.a. = donnée indisponible |
||||||||
Choix
et description des associations étudiées
Parmi le réseau de plus de 500 associations locales BBBS,
nous en avons choisi huit pour y étudier l’effet du parrainage sur les jeunes.
Nous avions suscité la participation des associations par des présentations de
l’agenda de l’étude à la conférence nationale BBBSA, par une enquête auprès des
associations leur demandant un profil détaillé des participants et les méthodes
de l’association, et par des entretiens personnels avec des dirigeants
d’association. Les associations qui ont participé à l’étude étaient : BBBS de la région d’Alamo (San Antonio,
Texas), BBBS Association de Columbus et du comté Franklin (Columbus, Ohio),
BBBS de Houston, BBBS de Greater Minneapolis, BBBS Association de Philadelphia,
Community Partners for Youth (Rochester, New York), BB&S du comté de
Sedgewick (Wichita, Kansas), et Valley BBBS (Phoenix, Arizona) [3]
.
Les critères de sélection clé pour la prise en compte de l’association dans l’étude des impacts étaient :
Les huit associations choisies étaient parmi les plus grandes de la fédération BBBS, avec en moyenne 528 parrainages actifs [4] [5] . Le nombre total de parrainages des huit associations, 4.221, représentait environ 6% des parrainages BBBS en 1992. La table 1 montre que les associations étudiées servaient des proportions similaires de garçons et de filles. Une seule association servait moins de 40% d’un seul sexe (36,5% de filles), ce qui s’explique par la présence d’une autre association voisine qui ne parrainait que des filles.
Les associations étudiées disposaient d’un budget allant de 323.000 US$ à 1.100.000 US$. Les parrains BBBS n’étant pas payés, la majorité du budget des associations servait à payer le personnel professionnel qui recrute, sélectionne et forme les volontaires, crée et surveille les parrainages.
Lorsqu’elles sélectionnent les volontaires, les associations demandent à tous les postulants de fournir au moins trois références personnelles écrites et effectuent une recherche des antécédents. Cette recherche comprend d’habitude une consultation des rapports de police de l’état où est basée l’association, et une tentative d’identification des volontaires qui ont des antécédents criminels. Six parmi les huit associations consultent aussi les fichiers officiels relatifs à la conduite des automobiles, dans le but d’exclure les volontaires qui ont des antécédents de conduite dangereuse (plusieurs fautes graves de conduite) [6] . Deux associations parmi les huit fournissent les empreintes digitales des volontaires au FBI pour tester leurs antécédents criminels. Pour identifier les volontaires susceptibles de molester les enfants, les associations leur font subir un test psychologique (la moitié des associations de l’étude) et/ou se basent sur un entretien psychologique soutenu. Cinq associations visitent aussi la maison du volontaire pour s’assurer qu’elle offre un environnement sain pour le filleul ou la filleule.
La proportion des filles issues des minorités parmi les filles parrainées était variable. Pour trois associations, les filles des minorités représentaient plus de 50% des parrainages ; la proportion la plus faible parmi les huit associations était de 27,5%. Cette variabilité était due aux différences de composition raciale entre les communautés et à la difficulté éprouvée par certaines associations de recruter un nombre suffisant de volontaires des minorités. Bien que les associations acceptent de faire parrainer des jeunes des minorités par des parrains blancs, beaucoup d’associations et de parents préfèrent des parrainages entre une même race. La proportion de parrainages entre races différentes variait de 22% à 47% pour les associations étudiées. Des tables donnant des informations plus détaillées sur les associations étudiées peuvent être consultées à l’annexe B.
III
Elaboration de l’étude
Ce chapitre décrit les bases utilisées pour établir l’étude. Il décrit d’abord les impacts attendus de la participation à un parrainage, puis détaille la méthodologie employée pour l’assignation au hasard utilisée pour vérifier l’existence de ces impacts.
La première tâche consistait à identifier les impacts appropriés que l’on s’attendait à mesurer dans les parrainages BBBS. Nous avons construit notre liste d’impacts potentiels en coopération étroite avec le personnel du siège national BBBSA et avec les associations locales, et en consultant les manuels de normes et de méthodes pratiques de BBBSA Le manuel national cite cinq buts « ordinaires » pour un filleul : développer une relation positive ; procurer un enrichissement social, culturel et ludique ; améliorer les relations avec les amis ; améliorer la confiance en soi ; et améliorer la motivation, l’attitude et les résultats relatifs à l’école. En plus, des conversations avec le personnel BBBS ont suggéré qu’avoir un parrain pouvait réduire l’apparition de comportements antisociaux comme l’utilisation de drogue et d’alcool, et pouvait améliorer les relations du filleul avec ses parents.
Nous avons donc supposé que la participation à un parrainage BBBS résulterait en quelques un ou la totalité des impacts suivants :
Le fait de développer une relation positive, un des buts inclus dans le manuel BBBSA des normes et méthodes pratiques, n’est pas considéré comme un impact attendu. Nous considérons que le développement d’une relation constitue le cœur d’un parrainage, plus qu’un impact. Le développement réussi d’une relation est un important facteur de médiation, et des études antérieures ont abondamment décrit comment se développe une telle relation. [7] (voir Morrow et Styles, 1995).
L’effet d’avoir un parrain BBBS sur la vie d’un jeune a été déterminé en étudiant deux groupes dans lesquels ont été assignés par tirage au sort les jeunes âgés de 10 à 16 ans qui se sont inscrits dans les associations pendant la période d’assignation [8].
Un groupe de jeunes, ceux assignés au hasard au groupe de contrôle, ont été gardés en liste d’attente d’un parrain pendant 18 mois ; les responsables de parrainages ont essayé de faire parrainer les jeunes assignés au hasard au groupe de traitement le plus rapidement possible. Les deux groupes ont alors été comparés à la fin de la période de 18 mois.
L’emploi de la méthodologie expérimentale classique par assignation par tirage au sort, soit à un groupe de traitement, soit à un groupe de contrôle, était la seule voie pour aboutir à des conclusions définitives sur les impacts de la participation à un parrainage BBBS. L’assignation au hasard permet d’affirmer que les deux groupes sont statistiquement équivalents, en moyenne, en ce qui concerne tous les aspects excepté la participation à un parrainage. Pourquoi ?
Alors que deux individus choisis au hasard n’ont probablement pas le même âge, les âges moyens de deux grands groupes d’individus choisis au hasard dans la même population ont toutes les chances d’être voisins. En fait, si le comportement moyen des deux groupes (de traitement et de contrôle) diffère après l’intervention, la différence peut être liée de façon causale et sûre à la participation au programme de parrainage. En conséquence, la vertu d’une assignation au hasard est que les résultats du groupe de contrôle sont une bonne approximation des résultats qu’aurait obtenu le groupe de traitement si ses membres n’avaient pas subi l’intervention (les parrainages).
Certains considèrent que l’assignation au hasard ne respecte pas l’éthique, car il dénie des services aux membres du groupe de contrôle. Bien que le principe de notre étude nécessitait d’imposer une période d’attente aux jeunes du groupe de contrôle, nous avons tenu compte de ces considérations éthiques : (1) en faisant en sorte que le nombre total de parrainages faits par une association ne décline pas, et (2) en utilisant une période d’attente (18 mois) qui, le plus souvent, ne dépassait pas la période d’attente habituelle des associations. Pendant la durée de l’étude, les associations ont traité deux fois plus de jeunes que normalement — 50% d’entre eux étant assignés au groupe de traitement et prêts à être parrainés, et 50% étaient assignés au groupe de contrôle. Avant le début de l’étude, la période d’attente moyenne des associations pour les garçons excédait souvent 18 mois ; la période d’attente pour les filles, bien que beaucoup plus faible, s’étendait cependant de trois à vingt mois.
On a demandé à tous les jeunes d’âge compatible avec les règles des associations qui se sont présentés durant l’étude de se soumettre à des procédures d’entrée. Il y avait trois exceptions :
Le tirage au sort comprenait trois étapes principales :
Bien que les associations aient adapté les procédures pour tenir compte de leurs méthodes propres, aucun jeune n’a été assigné avant que l’association ne l’ait accepté et que lui et ses parents n’aient consenti à participer à l’étude.
En expliquant le but de l’étude aux parents et aux jeunes, le personnel de l’association soulignait le fait que, les jeunes du groupe de traitement ayant priorité à être parrainés, les jeunes qui consentaient à participer auraient 50% de chances d’être parrainés plus rapidement. Les parents comprenaient aussi que leur enfant avait 50% de chances d’être assigné au groupe de contrôle, ce qui signifiait 18 mois d’attente avant que l’association ne s’occupe de leur demande.
Si le parent ou le jeune refusait de participer à l’étude, l’association plaçait le jeune sur une liste d’attente de 12 mois. Seulement 32 jeunes et/ou parents ont refusé de participer à l’étude. Après avoir accepté le jeune et vérifié son consentement et celui de son parent/gardien à participer à l’étude, le personnel de l’association donnait le nom du jeune au sous-traitant pour l’assignation.
Les données ont été enregistrées d’octobre 1991 à février 1993. On a demandé aux associations d’effectuer les procédures d’assignation tant que la taille demandée de l’échantillon n’était pas obtenue, ou jusqu’à février 1993. En fonction principalement de leur nombre de parrainages, on a assigné aux associations des tailles d’échantillon variables — 230 pour deux associations, 150 pour cinq associations et 80 pour une. A la fin du processus, 1.138 jeunes des 8 associations ont été inclus dans l’étude, pendant une période de 17 mois.
Un des buts principaux de l’étude était de minimiser son influence sur le processus normal de parrainage des associations, et de maximiser le nombre de jeunes parrainés du groupe de traitement. Pour concilier ces deux buts potentiellement conflictuels, nous avons demandé aux responsables de parrainages de ne pas modifier leurs critères habituels d’appariement, mais de donner la priorité au groupe de traitement lorsque plusieurs jeunes similaires pouvaient être affectés à un volontaire donné. Par exemple, quand un responsable de parrainage considérait qu’un volontaire convenait aussi bien à une fille de 9 ans qui ne faisait pas partie de l’évaluation et à une fille de 11 ans du groupe de traitement et habitant dans la même zone, nous lui demandions de lui faire parrainer la fille de 11 ans.
Pour obtenir des conclusions sur le fait de savoir si un parrainage BBBS change la vie d’un jeune, nous avions besoin d’informations provenant du jeune, du parent et du responsable de parrainage à trois instants critiques — au départ, au début du parrainage et à la fin de la période de 18 mois. Nous avons recueilli ces informations ainsi :
Les données les plus importantes étaient les entretiens de départ et de fin avec les jeunes et leurs parents/gardiens. Les entretiens de départ avaient lieu immédiatement après l’assignation au hasard, mais avant que les jeunes sachent s’ils appartenaient au groupe de traitement ou au groupe de contrôle. Pendant cet entretien, on demandait aux parents de fournir des renseignements de base comme le nombre d’années passées à l’école, les allocations reçues par un membre de la famille, le métier et les relations avec le jeune. Les interviewers demandaient au jeune de fournir des informations démographiques de base comme son âge, sa race/ethnie, la structure familiale, des informations sur les services éventuels autre qu’un parrainage qu’ils auraient obtenus de BBBS, et les mesures initiales des variables d’impact.
Les entretiens de fin étaient conduits 18 mois après l’assignation au hasard, pour chacun des participants ayant subi un entretien de départ. On demandait aux parents d’évaluer les performances du parrain, leur opinion sur l’association BBBS et s’ils pensaient que le parrainage avait eu une influence sur la vie de leur enfant, ainsi que de répondre à des questions sur leur emploi actuel et leurs revenus. Les interviewers demandaient aux jeunes les mesures finales des variables d’impact et, pour les jeunes du groupe de traitement, l’état de leurs relations avec le parrain.
|
Table 2
Composition de l’échantillon |
Traitement |
Contrôle |
Total |
|
Nombre de
jeunes tirés au hasard |
571 |
567 |
1.138 |
|
Nombre de
jeunes soumis à l’entretien initial |
554 (97,0%) |
553 (97,5%) |
1.107 (97,3%) |
|
Nombre de
jeunes soumis à l’entretien final |
487 (85,3%) |
472 (83,2%) |
959 (84,3%) |
La table 2 montre comment l’échantillon a évolué pour aboutir à l’échantillon final. D’octobre 1991 à février 1993, 1.138 jeunes ont été assignés au hasard au groupe de traitement ou au groupe de contrôle, 1.107 (97,3%) d’entre eux ayant participé à un premier entretien. D’avril 1993 à septembre 1994, un second ensemble d’entretiens a été planifié ; les interviewers en ont effectivement réalisés 959 (voir l’annexe A pour une discussion plus approfondie du processus d’interview). Le taux de réponse final de presque 85% dépasse la norme couramment admise pour ce type d’enquête.
Pour les deux groupes de traitement et de contrôle, nous avons demandé aux responsables de parrainages de remplir deux formulaires au moment où les parents et les jeunes ont pu participer à l’étude. Le premier, formulaire client, contenait des données sur le jeune et avait pour but de déterminer si le jeune était apte à participer à l’étude, en s’assurant de son consentement et en vérifiant son âge et sa capacité à parler l’anglais ou l’espagnol suffisamment couramment pour répondre à un entretien. Ce formulaire incluait aussi les informations permettant aux interviewers de gérer le premier entretien (nom, adresse, numéro de téléphone).
Le formulaire de l’étude, le second formulaire rempli par les responsables de parrainages, détaillait les informations sur le jeune et sa famille : sexe et âge du parent, structure de la famille, et une série de questions très personnelles sur le jeune incluant l’opinion du responsable de parrainages sur le fait que le jeune ait été la victime d’abus sexuel, physique ou affectif, ou était porteur d’un handicap physique ou mental. Ce formulaire indiquait aussi si la famille avait des antécédents de drogue ou de violence domestique, et ce que pensait le responsable de parrainages des bénéfices potentiels que le jeune tirerait d’un parrainage BBBS.
Les responsables de parrainages remplissaient un formulaire de parrainage lorsque le jeune était assigné à un parrain volontaire. Ce formulaire avait deux buts : il fournissait des renseignements sur le volontaire (âge sexe, années d’étude, revenu, métier), et il nous permettait de noter la date du début du parrainage.
Le formulaire final était rempli 18 mois après l’assignation au hasard ; il fournissait en détail l’opinion du responsable de parrainages sur les performances du parrain, une description des problèmes éventuellement apparus au cours du parrainage, la raison pour laquelle le parrainage s’était éventuellement terminé, et plusieurs points concernant le parrainage lui-même, la durée et la fréquence des rencontres et les buts poursuivis. Pour ceux des jeunes du groupe de traitement qui n’avaient pas été parrainés, le responsable de parrainages en notait la raison.
Le dernier composant de la stratégie de collecte des données était la collecte d’informations relatives aux associations elle-mêmes : leurs méthodes spécifiques et le type de jeunes qu’elles assistaient. En 1992, nous avons demandé à un membre du personnel confirmé de chaque association d’effectuer une enquête sur une grande gamme de questions. Les huit associations ont effectué l’enquête qui nous a donné l’âge, la race et le sexe de tous les jeunes assistés par l’association, le processus de sélection des volontaires, les procédures de formation et les règles de supervision des parrainages.
IV
Les jeunes de l’échantillon et leurs parrains
Ce chapitre décrit les jeunes faisant partie de notre échantillon et les parrains BBBS qui les ont parrainés.
Dans cette section, nous décrivons les caractéristiques de base des jeunes de l’échantillon, et leur habitat. Comme aucune différence n’était apparue dans les caractéristiques de base des groupes de traitement et de contrôle — une conséquence de l’assignation au hasard confirmée par les analyses statistiques (Annexe A) — nous ne faisons pas de différence entre ces deux groupes lorsque nous traitons des caractéristiques de base, excepté à la table 3 qui donne l’âge, la race et le sexe des membres de l’échantillon.
Les tables présentent des informations pour l’ensemble de l’échantillon et pour six sous-groupes : garçons, filles, garçons des minorités, filles des minorités, garçons blancs et filles blanches. Nous examinons ces sous-groupes en partie parce que les associations décrivent leurs parrainages actifs en ces termes. Les associations BBBS ne réalisent leurs parrainages qu’entre personnes de même sexe, et tentent de ne le faire qu’entre personnes de même ethnie. Dans cette section, nous décrivons les caractéristiques de base pour l’ensemble de l’échantillon, sauf lorsqu’une forte différence apparaît dans les sous-groupes.
La table 3 donne la race et le sexe des jeunes pour les jeunes de l’étude (487 du groupe de traitement et 472 du groupe de contrôle).
|
Table3
Race, sexe et âge des jeunes |
|||
|
Caractéristiques |
Traitement |
Contrôle |
Ensemble |
|
Race / Sexe |
|||
|
Filles des
minorités |
21,8% |
23,6% |
22,7% |
|
Filles blanches |
15,6 |
14,0 |
14,9 |
|
Garçons des
minorités |
33,1 |
35,1 |
34,1 |
|
Garçons blancs |
29,4 |
27,2 |
28,3 |
|
Age initial |
|||
|
10 |
10,1% |
10,8% |
10,4% |
|
11 |
24,4 |
24,4 |
24,4 |
|
12 |
25,5 |
22,3 |
23,9 |
|
13 |
20,1 |
21,2 |
20,7 |
|
14 |
13,1 |
15,0 |
14,1 |
|
15 |
5,5 |
5,3 |
5,4 |
|
16 |
1,2 |
1,1 |
1,2 |
|
|
|||
|
Nombre de
jeunes |
487 |
472a |
959 |
|
a Trois jeunes
n’ont pas donné leur race ; le
nombre de jeunes des quatre groupes des race/sexe est donc 956. |
|||
Un peu plus de 60% des jeunes étaient des garçons (62,4%)
et plus de 55% appartenaient à une minorité. Aux environs de 15%, les filles
blanches constituaient le plus petit sous-groupe, et à environ 34% les garçons
des minorités constituaient le plus important. Soixante et onze pour cent des
jeunes des minorités étaient afro-américains, 18% hispaniques, 5% bi-raciaux,
3% américains indigènes et 3% appartenaient à d’autres groupes ethniques /
raciaux. Soixante neuf pour cent des jeunes s’adressaient à l’association entre
11 et 13 ans.
La table 4 montre que 90% des jeunes vivaient avec un seul
de leurs parents, et une autre partie de 5,6% vivaient avec un seul de leurs
grands parents. Vivre avec un grand parent était un peu plus courant chez les
jeunes des minorités. Environ 20% de ces parents et gardiens n’avaient pas
terminé leur cycle d’études primaires, et plus de 35% avaient terminé leur
cycle d’études primaires ou acquis un GED. Environ 25% de ces parents /
gardiens avaient une expérience du collège.
|
Table4
Caractéristiques de l’habitat et de parents ou gardiens des jeunes |
|||||||
|
Caractéristiques |
Total |
Garçons |
Filles |
Filles des
minorités |
Filles blanches |
Garçons des
minorités |
Garçons blancs |
|
Autorité |
|||||||
|
Parent |
90,2% |
91,3% |
88,2% |
84,6% |
93,7% |
88,6% |
94,5% |
|
Parent adoptif |
1,3 |
1,0 |
1,7 |
1,9 |
1,4 |
1,2 |
0,8 |
|
Grand-parent |
5,6 |
5,0 |
6,4 |
8,4 |
3,5 |
6,5 |
3,3 |
|
Tante / oncle |
2,0 |
2,2 |
1,7 |
2,3 |
0,7 |
3,4 |
0,8 |
|
Gardien |
0,1 |
0,2 |
0,0 |
0,0 |
0,0 |
0,0 |
0,4 |
|
Autre |
0,9 |
0,3 |
2,0 |
2,8 |
0,7 |
0,3 |
0,4 |
|
Niveau d’éducation du parent ou gardien |
|||||||
|
Sans diplôme école primaire |
21,6% |
18,6% |
26,8% |
34,0% |
16,2% |
21,2% |
15,5% |
|
Diplôme école primaire ou
GED |
36,3 |
37,0 |
35,2 |
32,1 |
40,1 |
36,3 |
37,6 |
|
Professionnel / Technicien |
4,6 |
4,7 |
4,5 |
4,3 |
4,9 |
5,5 |
3,7 |
|
Quelques années de collège |
25,9 |
26,6 |
24,8 |
24,1 |
25,4 |
25,2 |
28,0 |
|
Diplôme intermédiaire |
3,8 |
3,8 |
3,7 |
2,8 |
4,9 |
3,1 |
4,8 |
|
Diplôme de collège ou plus |
7,8 |
9,4 |
5,1 |
2,8 |
8,5 |
8,6 |
10,3 |
|
Jeunes dont le foyer reçoit
une assistance publique |
43,3% |
37,1% |
53,5% |
62,6% |
40,1% |
45,8% |
27,0% |
|
Revenu du foyer |
|||||||
|
Moins de $10.000 |
39,7% |
34,3% |
49,0% |
60,1% |
33,1% |
44,6% |
21,9% |
|
de $10.000 à $24.999 |
43,0 |
45,8 |
38,2 |
30,1 |
49,6 |
39,9 |
52,8 |
|
de $25.000 à $39.999 |
13,1 |
15,2 |
9,3 |
7,9 |
11,5 |
13,1 |
17,8 |
|
de $40.000 à $54.999 |
3,3 |
4,2 |
1,8 |
1,5 |
2,2 |
2,5 |
6,3 |
|
$55.000 ou plus |
1,0 |
0,5 |
1,8 |
0,5 |
3,6 |
0,0 |
1,1 |
|
Nombre de jeunes |
959 |
599 |
360 |
217 |
142 |
326 |
271 |
|
Note : Trois jeunes n’ont
pas donné leur race ; le nombre total de jeunes assignés aux quatre
sous-groupes est donc 956 |
|||||||
|
Table 5 Expériences
stressantes éprouvées par les jeunes |
|||||||
|
Caractéristiques |
Total |
Garçons |
Filles |
Filles des
minorités |
Filles blanches |
Garçons des
minorités |
Garçons blancs |
|
Jeune atteint
par : |
|||||||
|
Décès d’un
parent / gardien |
14,6% |
15,9% |
12,5% |
14,3% |
9,9% |
13,2% |
18,8% |
|
Divorce ou
séparation d’un parent / gardien |
39,9 |
40,0 |
40,0 |
29,5 |
56,3 |
30,8 |
50,9 |
|
Sérieuse
blessure ou maladie du jeune |
6,1 |
9,0 |
6,1 |
3,7 |
9,9 |
7,7 |
10,7 |
|
Jeune en état
d’arrestation ? |
7,1 |
6,0 |
8,9 |
10,1 |
7,0 |
4,0 |
8,1 |
|
Précédent
familial de drogue |
40,3 |
41,5 |
38,3 |
36,9 |
40,9 |
33,2 |
51,9 |
|
Précédent
familial de violence |
28,3 |
28,1 |
28,6 |
26,3 |
32,4 |
23,7 |
33,7 |
|
Handicap
physique |
2,9 |
2,9 |
3,1 |
1,4 |
5,6 |
2,5 |
3,3 |
|
Handicap mental |
15,6 |
18,3 |
11,2 |
7,9 |
16,2 |
14,2 |
22,9 |
|
Handicap de
santé |
9,0 |
9,8 |
7,8 |
7,4 |
8,5 |
9,6 |
10,0 |
|
Abus physique /
affectif / sexuel (reconnus par les
responsables de parrainage) |
|||||||
|
Toutes formes
d’abus * |
27,1% |
26,3% |
28,6% |
22,1% |
38,7% |
19,4% |
34,7% |
|
Abus physique |
11,2 |
11,5 |
10,6 |
9,2 |
12,7 |
10,5 |
12,9 |
|
Abus affectif |
21,3 |
21,2 |
21,4 |
16,1 |
29,6 |
14,2 |
29,9 |
|
Abus sexuel |
7,3 |
4,9 |
11,4 |
8,8 |
15,5 |
2,8 |
7,4 |
|
Nombre de
jeunes |
959 |
599 |
360 |
217 |
142 |
326 |
271 |
|
Note : Trois jeunes n’ont pas donné
leur race ; le nombre total de jeunes assignés aux quatre sous-groupes est
donc 956 * Certains jeunes ont subi
plusieurs sortes d’abus |
|||||||
Table 6 Caractéristiques des jeunes du groupe de traitement qui n’ont pas été parrainés |
|||||||
|
Caractéristiques |
Total |
Garçons |
Filles |
Filles des minorités |
Filles blanches |
Garçons des minorités |
Garçons blancs |
|
Raison de l’absence de
parrainage a |
|||||||
|
Pas de volontaire adapté |
19,3% |
19,1% |
20,0% |
18,8% |
22,2% |
13,0% |
27,0% |
|
Le jeune ne veut plus être
parrainé |
28,4 |
26,2 |
36,0 |
31,3 |
44,4 |
26,1 |
27,0 |
|
Le jeune ne répond plus aux
normes BBBS |
10,1 |
8,3 |
16,0 |
18,8 |
11,1 |
10,9 |
5,4 |
|
La structure de la famille
a changé |
10,1 |
10,7 |
8,0 |
6,3 |
11,1 |
10,9 |
10,8 |
|
Le jeune a quitté la région |
10,1 |
7,1 |
20,0 |
12,5 |
33,3 |
4,4 |
10,8 |
|
Nombre de jeunes non
parrainés |
109 (22,4%) |
84 (27,5%) |
25 (13,7%) |
16 (15,1%) |
9 (11,8%) |
46 (28,6%) |
37 (25,9%) |
|
Note : un jeune n’a pas donné sa race a Le responsable de parrainage pouvait cocher plusieurs items. |
|||||||
Beaucoup de jeunes vivaient dans un habitat pauvre — plus de 40% recevaient des tickets de nourriture et/ou des subventions publiques en cash. C’étaient les filles des minorités qui recevaient le plus d’aide publique (62,6%) et les garçons blancs le moins (27,0%). Les garçons des minorités et les filles blanches étaient au même niveau d’aide publique.
Comme indiqué à la table 5, un nombre significatif de jeunes de notre échantillon étaient en situation personnelle difficile, comme le divorce ou la séparation de leurs parents, un précédent familial de drogue ou de violence domestique, ou victimes d’abus physique, affectif ou sexuel. Environ la moitié des jeunes blancs et un tiers des jeunes des minorités avaient vu le divorce ou la séparation de leurs parents ou gardiens. Quinze pour cent des jeunes avaient subi le décès d’un parent ou gardien. Plus de 25% des jeunes vivaient dans un foyer ayant un précédent de violence domestique, et 40% un précédent de drogue ; ces deux situations se rencontraient plus chez les blancs que chez le minorités.
Plus d’un quart des jeunes avaient subi des abus physiques, affectifs ou sexuels. Les jeunes blancs étaient les plus enclins à subir un tel abus. Le plus important était l’abus affectif, ressenti par environ 30% des jeunes blancs et 15% des jeunes des minorités. Les filles blanches étaient les plus enclines à subir des abus sexuels (15,5%).
La seule différence entre le groupe de traitement et le groupe de contrôle était que les jeunes du groupe de traitement avaient eu la possibilité d’être parrainés par un parrain BBBS [11]. Cette section décrit comment les parrainages ont été réalisés dans le contexte de notre évaluation, combien de temps a-t-il fallu pour parrainer les jeunes du groupe de traitement, pendant combien de temps ils ont été parrainés et pourquoi quelques uns des jeunes du groupe de traitement n’ont pas été parrainés pendant la période de l’étude.
Le choix d’un volontaire approprié pour parrainer un jeune est sans doute l’opération la plus importante pour l’association. Les décisions du personnel des associations BBBS pour associer un volontaire à un jeune particulier sont affectées par une variété de facteurs — parmi lesquelles les intérêts communs, une proximité géographique raisonnable, des préférences ethniques et le désir de faire parrainer ceux des jeunes qui ont attendu le plus longtemps.
A la fin de la période d’étude, 378 (78%) des jeunes du groupe de traitement avaient été parrainés, environ 90% des filles et 75% des garçons. Cette différence entre les sexes concorde avec l’expérience des associations qui ont toujours eu des difficultés à recruter des hommes volontaires pour satisfaire la demande de parrains BBBS.
Comme le montre la table 6, les associations donnaient trois raisons principales au fait que 109 jeunes du groupe de traitement n’avaient pas été parrainés au cours de la période d’étude :
Pendant la période de l’étude, 409 Big Brothers et Big Sisters ont été associés à un jeune du groupe de traitement[12]. L’âge moyen des 236 hommes qui parrainaient un filleul était de 30 ans, celui des 173 femmes était de 28 ans.
Comme indiqué à la table 7, les Big Brothers et les Big Sisters étaient généralement de jeunes professionnels ayant reçu une bonne éducation. Seulement 13% étaient au niveau de l’école primaire, et plus de 60% avaient un diplôme de collège ou de lycée. Environ la moitié avaient une profession libérale, un autre quart étaient salariés dans les domaines technique, de vente ou administratif, et environ 10% étaient étudiants. Seuls un tiers d’entre eux vivaient dans un foyer de revenu inférieur à $25.000, et presque 30% dans un foyer de revenu de $40.000 ou plus. Environ les trois quarts étaient de race blanche, ce qui avait pour conséquence que 60% des jeunes des minorités étaient parrainés par un parrain BBBS de race blanche.
|
Table 7 Caractéristiques démographiques des volontaires, par sexe |
||
|
|
BigBrothers |
BigSisters |
|
Age |
||
|
16-19 |
1,7% |
1,2% |
|
20-24 |
22,8 |
38,0 |
|
25-29 |
37,8 |
31,6 |
|
30-34 |
16,3 |
13,5 |
|
35-39 |
6,9 |
6,4 |
|
40+ |
14,6 |
9,4 |
|
Race |
||
|
Blanche |
71,9% |
75,4% |
|
Minorités |
28,1 |
24,6 |
|
Ont un enfant |
19,0% |
13,7% |
|
Revenu du foyer |
||
|
<$10.000 |
4,6% |
5,1% |
|
$10.000-24.999 |
18,4 |
42,4 |
|
$25.000-39.999 |
40,1 |
34,8 |
|
$40.000-54.999 |
19,8 |
12,0 |
|
$55.000+ |
17,0 |
5,7 |
|
Education |
||
|
Ecole primaire |
11,1% |
14,6% |
|
Quelques années de collège |
24,4 |
29,8 |
|
Collège et lycée |
50,4 |
43,3 |
|
Education supérieure |
14,1 |
12,3 |
|
Métier |
||
|
Sans emploi |
0,4% |
0,0% |
|
Etudiant |
8,3 |
13,7 |
|
Retraité |
0,4 |
0,6 |
|
Professions libérales |
51,7 |
44,6 |
|
Technique / Vente /
Administratif |
23,5 |
30,4 |
|
Services |
10,0 |
7,7 |
|
Autre |
5,6 |
3,0 |
|
Antérieurement parrains |
13,2% |
11,1% |
|
Nombre de volontaires |
236 |
173 |
|
Note : 19 hommes et 14 femmes n’ont pas donné leur revenu. Sur les autres questions, chaque groupe avait moins de 10 réponses manquantes par item. |
||
Les associations BBBS donnent à un Big Brother ou à une Big Sister un second filleul lorsque leur premier et précédent parrainage se termine, à condition que la fin du parrainage précédent ne soit pas due à une inaptitude du volontaire à s’engager dans un parrainage réussi. Parmi les volontaires parrainant un filleul lors de notre étude, plus de 10% avaient parrainé antérieurement.[13]
La durée pendant laquelle un jeune avait été parrainé par un parrain BBBS à la fin de la période d’étude dépendait du temps que l’association avait mis pour lui trouver un volontaire adéquat. La table 8 montre que, en moyenne, les associations mettaient six mois pour parrainer un garçon des minorités, cinq mois pour un garçon blanc, presque quatre mois pour une fille des minorités et trois mois et demi pour une fille blanche. Au moment de l’entretien final, la durée moyenne du parrainage pour les jeunes du groupe de traitement qui avaient été parrainés était de presque 12 mois, les filles blanches ayant été parrainées le plus longtemps par une Big Sister (12,3 mois) et les garçons des minorités le moins longtemps par un Big Brother (10,7 mois).
|
Table 8
Caractéristiques des parrainages |
||||||||
|
Caractéristiques |
Total |
Garçons |
Filles |
Filles des minorités |
Filles blanches |
Garçons des minorités |
Garçons blancs |
|
|
Temps mis pour
parrainer et durée du parrainage |
||||||||
|
Temps moyen mis pour
parrainer ( mois) |
4,7 |
5,4 |
3,6 |
3,9 |
3,4 |
5,9 |
4,9 |
|
|
Durée moyenne du parrainage
(mois) * |
11,4 |
10,9 |
12,0 |
11,8 |
12,3 |
10,7 |
11,2 |
|
|
Périodicité des rencontres |
||||||||
|
Deux fois par semaine |
4,5% |
5,8% |
2,6% |
2,2% |
3,1% |
4,2% |
7,6% |
|
|
Une fois par semaine |
41,7 |
41,2 |
42,6 |
39,6 |
46,9 |
35,8 |
47,2 |
|
|
Trois fois par mois |
24,4 |
22,6 |
27,1 |
29,7 |
23,4 |
27,5 |
17,0 |
|
|
Deux fois par mois |
24,2 |
25,2 |
22,6 |
24,2 |
20,3 |
24,2 |
26,4 |
|
|
Une fois par mois |
5,3 |
5,3 |
5,2 |
4,4 |
6,3 |
8,3 |
1,9 |
|
|
Nombre de jeunes parrainés |
378 |
221 |
157 |
90 |
67 |
115 |
106 |
|
|
* Durée combinée de tous les parrainages, incluant les premiers parrainages terminés et ceux encore en cours au moment de l’entretien final. Le chiffre est basé seulement sur l’échantillon des jeunes parrainés |
||||||||
Les filleuls rencontraient régulièrement leurs parrains BBBS. Plus de 70% des jeunes rencontraient leur parrain au moins trois fois par mois, et environ 45% une fois par semaine ou plus souvent. Au moment de l’entretien final, 229 parmi les 378 jeunes parrainés du groupe de traitement rencontraient encore leur parrain, 149 jeunes du groupe de traitement n’étaient plus parrainés.
Résumé
Ce chapitre a mis en évidence plusieurs données clé :
Le chapitre suivant présente les résultats qui indiquent si la participation à un parrainage BBBS change la vie d’un jeune.
V Impacts d’un parrainage
BBBS pour les jeunes
Les programmes de parrainage qui associent des adultes à des jeunes sont censés apporter de multiples bénéfices à la jeunesse. Dans ce chapitre, nous mettons en évidence les bénéfices de la participation à un parrainage BBBS. Nous avons mesuré les impacts du parrainage 18 mois après qu’un jeune ait été admis à participer à un programme de parrainage, en espérant que cette période donnerait à l’association suffisamment de temps pour lui trouver un parrain et que le parrainage ait le temps de se développer et de commencer à avoir une influence sur le jeune.
Les 959 jeunes de l’échantillon de notre étude (487 dans le groupe de traitement et 472 dans le groupe de contrôle) se sont inscrits au programme à l’âge de 12 ans, en moyenne. Presque 60% appartenaient à une minorité ethnique, et plus de 60% étaient des garçons. La grande majorité (plus de 80%) appartenaient à des familles relativement pauvres. Près de 80% des jeunes du groupe de traitement ont été parrainés par un Big Brother ou une Big Sister pendant la durée de l’étude ; en moyenne, les relations avaient duré presque un an à la fin de l’étude (c’est à dire au moment de l’entretien final).
L’identification d’un jeu approprié de résultats permettant de déterminer si la participation à un parrainage BBBS fait une différence dans la vie d’un jeune est une tâche complexe, en particulier parce que BBBS est un programme individualisé, avec des buts différents pour chaque parrainage. Comme décrit au chapitre III, nous avons choisi le jeu suivant de résultats :
Bien que des améliorations dans chacun de ces domaines ne constituent pas des buts explicites de tous les parrainages, ce sont les objectifs les plus souvent cités par le personnel des associations BBBS. Le parrainage peut avoir eu des effets sur d’autres résultats que nous n’avons pas mesurés.
Table 9 Impact net de la participation à BBBS sur l’initiation à la drogue ou à l’alcool |
||||
|
|
Modification de
la tendance à commencer l’usage de drogue |
Modification de
la tendance à commencer l’usage de l’alcool |
||
|
|
Impact net |
Moyenne du groupe de
contrôle |
Impact net |
Moyenne du groupe de
contrôle |
|
Global |
-45,8%** |
11,47% |
-27,4%* |
26,72% |
|
Sexe |
||||
|
Garçons |
-55,0%** |
11,54% |
-19,2% |
26,48% |
|
Filles |
-26,6 |
11,36 |
-38,8 |
27,08 |
|
Race/Sexe |
||||
|
Garçons des minorités |
-67,8%** |
13,41% |
-11,4% |
21,60% |
|
Filles des minorités |
-72,6* |
11,50 |
-53,7* |
26,97 |
|
Garçons blancs |
-32,7 |
9,09 |
-34,5 |
33,33 |
|
Filles blanches |
49,5 |
11,29 |
-8,4 |
27,78 |
|
Note : La taille de
l’échantillon de l’analyse était de 959 : 217 filles des minorités, 142
filles blanches, 326 garçons des minorités, 271 garçons blancs et 3 jeunes
qui n’ont pas donné leur ethnie. * indique que l’impact diffère statistiquement de zéro à un taux
de confiance de 0,10 |
||||
Table 10 Impact net de la participation à BBBS sur la violence, le vol et les dommages |
||||||
|
Evènements : |
Frapper
quelqu’un |
Voler quelque
chose |
Détruire un
bien |
|||
|
|
Impact net |
Moyenne du
groupe de contrôle |
Impact net |
Moyenne du
groupe de contrôle |
Impact net |
Moyenne du
groupe de contrôle |
|
Global |
-0,85** |
2,68 |
-0,05 |
0,26 |
-0,03 |
0,20 |
|
Sexe |
||||||
|
Garçons |
-0,67 |
2,67 |
-0,07 |
0,27 |
-0,04 |
0,24 |
|
Filles |
-1,17* |
2,69 |
-0,02 |
0,24 |
-0,03 |
0,13 |
|
Race/Sexe |
||||||
|
Garçons des minorités |
-0,09 |
2,13 |
0,01 |
0,24 |
0,02 |
0,30 |
|
Filles des minorités |
-1,45 |
3,04 |
-0,07 |
0,27 |
-0,02 |
0,13 |
|
Garçons blancs |
-1,54* |
3,39 |
-0,16 |
0,30 |
-0,10 |
0,16 |
|
Filles blanches |
-0,37 |
1,85 |
0,06 |
0,20 |
-0,05 |
0,14 |
|
Note : La taille de
l’échantillon de l’analyse était de 959 : 217 filles des minorités, 142
filles blanches, 326 garçons des minorités, 271 garçons blancs et 3 jeunes
qui n’ont pas donné leur ethnie. * indique que l’impact diffère statistiquement de zéro à un taux
de confiance de 0,10 |
||||||
Dans les sections suivantes, nous présentons les impacts dans chacun de ces six groupes de résultats. Nous examinons de 4 à 10 résultats pour chaque groupe. Les variables de résultat sont dites d’attitude ou de comportement. Les résultats d’attitude sont des chiffres qui représentent les réponses combinées à une série de questions. Les résultats de comportement sont des réponses à une seule question — par exemple « Combien de fois as-tu été envoyé au bureau du censeur ? », « Combien d’heures par semaine consacres-tu à tes devoirs ? »[14]. Toutes les variables de résultat que nous avons utilisées sont décrites à l’annexe A, qui donne aussi l’analyse de confiance des résultats d’attitude.
Les estimations d’impacts présentées ici représentent la comparaison de l’expérience moyenne des membres du groupe de traitement et de l’expérience moyenne des membres du groupe de contrôle.[15] Les estimations globales d’impact ont été calculées en comparant tous les membres du groupe de traitement à tous les membres du groupe de contrôle. Un impact net négatif signifie que la valeur du groupe de traitement est plus faible que celle du groupe de contrôle ; un impact net positif signifie que la valeur du groupe de traitement est plus forte que celle du groupe de contrôle. Les impacts des sous-groupes comparent les membres du groupe de traitement de ce sous-groupe aux membres du groupe de contrôle du même sous-groupe. L’expérience du groupe de contrôle représente celle qu’aurait eu le groupe de traitement si ses membres n’avaient pas participé à un parrainage BBBS.
Toutes les différences qui apparaissent entre les deux groupes peuvent être attribuées avec confiance à la participation des jeunes à un parrainage BBBS.[16] Pour les besoins de la présentation, nous disons que les membres du groupe de traitement sont des « filleuls BBBS » bien que ce groupe comprenne des membres qui n’ont jamais été parrainés. Nous ne présentons que les résultats qui sont significatifs à un taux de confiance meilleur que 0,10.
Nous avions supposé que les relations éprouvées par les jeunes au cours d’un parrainage BBBS les conduiraient à moins de comportements antisociaux, comme suggéré par Furstenberg (1993) et Werner et Smith (1992). Les deux comportements antisociaux les plus importants que nous avons considérés étaient l’initiation à l’usage de la drogue et de l’alcool. Elliot (1993) montre que retarder l’usage des drogues illicites et de l’alcool fait décroître la probabilité que le jeune ne s’engage dans des problèmes de comportement comme l’activité criminelle ou l’échec scolaire. Certains pourraient arguer qu’il est peu important de retarder le début de l’usage de l’alcool puisque la plupart des adolescents font l’essai de l’alcool à un moment donné. Elliot dit que pour les jeunes qui n’ont jamais touché à l’alcool, le risque d’une délinquance sérieuse est divisé par quatre. Par conséquent, retarder l’usage de l’alcool devrait décroître la probabilité de délinquance.
Comme le montre la table 9, nous avons trouvé que les filleuls BBBS étaient, à un niveau significatif, moins enclins que les membres du groupe de contrôle à commencer l’usage de drogue et d’alcool pendant la période de l’étude. Les filleuls BBBS était à 45,8% moins enclins à commencer l’usage des drogues illicites que les membres du groupe de contrôle. L’impact était plus élevé chez les filleuls BBBS des minorités, filles et garçons, 70% moins enclins/enclines à commencer l’usage des drogues illicites que les membres du groupe de contrôle. Dit autrement, pour 100 garçons des minorités dans cette tranche d’âge qui commencent l’usage de drogues illicites, seulement 33 qui ont un parrain BBBS le font. Pour 100 filles des minorités dans cette tranche d’âge qui commencent l’usage de drogues illicites, seulement 28 qui ont une marraine BBBS le font. [17]
Les résultats concernant l’initiation à la consommation d’alcool ne sont pas aussi concluants que ceux concernant l’initiation aux drogues, bien qu’impressionnants : les filleuls BBBS, garçons et filles, étaient 27,4% moins enclins que les jeunes du groupe de contrôle à s’initier à la consommation d’alcool. L’impact était plus élevé chez les filles des minorités, qui étaient environ 53% moins enclines à s’initier à la consommation d’alcool. Dit différemment, pour 100 filles des minorités de ce groupe d’âge qui commencent à consommer de l’alcool, seulement 46 filles similaires mais qui ont une marraine BBBS commencent à consommer de l’alcool.
|
Table 11
Impact net de la participation à un parrainage BBBS sur les résultats
scolaires |
||||||||
|
|
Sentiment que
le jeune va réussir à l’école |
Moyenne des
notes |
Nombre
d’absences à une classe |
Nombre
d’absences d’une journée |
||||
|
|
Impact net |
Moyenne du groupe de contrôle |
Impact net |
Moyenne du
groupe de contrôle |
Impact net |
Moyenne du
groupe de contrôle |
Impact net |
Moyenne du
groupe de contrôle |
|
Global |
0,71*** |
16,36 |
0,08* |
2,63 |
-0,51** |
1,39 |
-0,47*** |
0,90 |
|
Sexe |
|
|
|
|
# # |
|
# # # |
|
|
Garçons |
0,39 |
16,64 |
0,03 |
2,60 |
-0,18 |
1,05 |
-0,02 |
0,57 |
|
Filles |
1,25*** |
15,89 |
0,17** |
2,67 |
-1,07*** |
1,95 |
-1,22*** |
1,45 |
|
Race/Sexe |
|
|
|
|
|
|
# # # |
|
|
Garçons des minorités |
-0,11 |
17,11 |
0,06 |
2,58 |
-0,27 |
1,25 |
0,22 |
0,51 |
|
Filles des minorités |
1,52*** |
15,67 |
0,20* |
2,62 |
-0,92** |
2,01 |
-0,98*** |
1,26 |
|
Garçons blancs |
1,06** |
16,05 |
0,01 |
2,63 |
-0,10 |
0,81 |
-0,31 |
0,66 |
|
Filles blanches |
0,81 |
16,27 |
0,10 |
2,74 |
-1,36** |
1,88 |
-1,66*** |
1,80 |
|
Note : La taille de
l’échantillon de l’analyse était de 959 : 217 filles des minorités, 142
filles blanches, 326 garçons des minorités, 271 garçons blancs et 3 jeunes
qui n’ont pas donné leur ethnie. ** indique que l’impact diffère
statistiquement de zéro à un taux de confiance de 0,05 * indique que l’impact diffère statistiquement de zéro à un
taux de confiance de 0,10 # # # indique que l’impact
n’était pas le même parmi les sous-groupes, à un taux de confiance de 0,01 # # indique que l’impact n’était pas le même
parmi les sous-groupes, à un taux de confiance de 0,05 |
||||||||
Nous avons examiné d’autres indicateurs de comportement antisocial. La table 10 montre les plus importants : fréquence à laquelle le jeune frappe quelqu’un, vole ou détruit un bien au cours de l’année précédente. Bien que nous n’ayons trouvé d’impact sur la fréquence des vols et destructions, les filleuls BBBS étaient 32% moins enclins à dire qu’ils avaient frappé quelqu’un dans les 12 derniers mois.[18] Nous avons aussi examiné le nombre de fois où le jeune avait été envoyé au bureau du censeur, où il avait commis des bêtises, bavardé au cours d’une épreuve ou fumé, mais aucun impact significatif n’est apparu à ces sujets. (voir annexe B.)
Comme le montre la table 11, nous avons trouvé que les filleuls BBBS avaient de meilleurs notes, sautaient moins de classes et de journées de classes, et se sentaient plus compétents à l’école que les jeunes du groupe de contrôle. Les impacts étaient plus forts chez les filles.
Nous n’espérions pas que le parrainage améliore les notes du filleul pendant la durée de l’étude, car d’autres études ont montré que les notes sont stables dans le temps et généralement non affectées par des interventions non-scolaires comme BBBS. Cependant, étant donnée l’importance des résultats scolaires sur le succès futur et le désir d’identifier les programmes qui améliorent vraiment les résultats scolaires, nous avons collecté ces données en demandant aux jeunes de l’échantillon quelles étaient les notes qu’ils recevaient généralement, depuis « le plus souvent Ds et Fs » à « le plus souvent As ». [19] [20]
|
|
||||||
|
|
Heures passées par semaine
aux devoirs à la maison |
Heures passées par semaine
à lire |
« school value scale » |
|||
|
|
Impact net |
Moyenne du
groupe de contrôle |
Impact net |
Moyenne du
groupe de contrôle |
Impact net |
Moyenne du
groupe de contrôle |
|
Global |
0,27 |
4,80 |
0,01 |
2,46 |
0,69 |
55,27 |
|
Sexe |
||||||
|
Garçons |
0,41 |
4,73 |
0,12 |
2,05 |
1,02* |
54,29 |
|
Filles |
0,04 |
4,91 |
-0,18 |
3,12 |
0,14 |
56,89 |
|
Race/Sexe |
||||||
|
Garçons des minorités |
0,66 |
4,54 |
-0,51 |
2,21 |
0,85 |
55,22 |
|
Filles des minorités |
-0,28 |
4,74 |
-0,20 |
2,22 |
-0,56 |
57,74 |
|
Garçons blancs |
0,15 |
4,98 |
0,94* |
1,86 |
1,27 |
53,05 |
|
Filles blanches |
0,48 |
5,25 |
-0,26 |
4,68 |
1,27 |
55,48 |
A la fin de l’étude, les filleuls BBBS annonçaient des notes 3% meilleures que les jeunes du groupe de contrôle. Les filleuls BBBS annonçaient, en moyenne, un GPA de 2,71 alors que les jeunes du groupe de contrôle annonçaient 2,63. Les notes des filles, surtout celles des minorités, semblaient le plus affectées par le parrainage. Le GPA moyen des filles du groupe de contrôle était 2,67 ; celui des filleules BBBS 2,83. La différence était un peu plus marquée pour les filleules des minorités, qui avaient un GPA moyen de 2,83 comparé à 2,62 pour les filles des minorités du groupe de contrôle. Nous pouvons donc conclure que le parrainage BBBS commence à améliorer les résultats scolaires.
Nous avons aussi trouvé que le parrainage BBBS améliorait l’assiduité à l’école. Les filleuls BBBS était notablement moins enclins à sauter une classe ou une journée de classes. A la fin de l’étude, les filleuls BBBS avaient manqué à 52% moins de classes et à 37% moins de jours de classes.
Comme pour les autres résultats scolaires, l’impact était plus fort pour les filles. En moyenne, les filleules BBBS sautaient 84% moins de jours de classes que celles du groupe de contrôle, et les filleules des minorités 90%. Les résultats étaient semblables pour les absences aux classes .
Des études ont aussi montré que les jeunes qui se sentent plus compétents à l’école ont tendance à mieux s’engager et ont de meilleurs résultats. Nous avons donc examiné les modifications de l’échelle de Harter (1985) qui mesure la perception de compétence scolaire pour déterminer si participer à un parrainage augmentait l’espérance de bons résultats chez les élèves.
Table 12 Impact
net d’un parrainage BBBS sur les relations avec la famille
|
||||||
|
|
Récapitulation des relations avec la
famille |
Confiance |
Communication |
|||
|
|
Impact net |
Moyenne du
groupe de contrôle |
Impact net |
Moyenne du
groupe de contrôle |
Impact net |
Moyenne du
groupe de contrôle |
|
Global |
1,5** |
70,65 |
0,64** |
23,79 |
0,53 |
27,76 |
|
Sexe |
||||||
|
Garçons |
1,83* |
71,53 |
0,67** |
24,22 |
0,67 |
28,08 |
|
Filles |
0,99 |
69,21 |
0,60 |
23,08 |
0,30 |
27,23 |
|
Race/Sexe |
|
|
# |
|
|
|
|
Garçons des minorités |
0,43 |
72,25 |
-0,05 |
24,64 |
-0,02 |
28,44 |
|
Filles des minorités |
0,63 |
70,39 |
0,39 |
23,54 |
0,35 |
27,67 |
|
Garçons blancs |
3,54** |
70,52 |
1,55*** |
23,68 |
1,55** |
27,62 |
|
Filles blanches |
1,35 |
67,45 |
0,82 |
22,43 |
0,20 |
26,55 |
|
Note : La taille de
l’échantillon de l’analyse était de 959 : 217 filles des minorités, 142
filles blanches, 326 garçons des minorités, 271 garçons blancs et 3 jeunes
qui n’ont pas donné leur ethnie. ** indique que l’impact diffère
statistiquement de zéro à un taux de confiance de 0,05 * indique que l’impact diffère statistiquement de zéro à un
taux de confiance de 0,10 # indique que l’impact n’était pas le même parmi les
sous-groupes, à un taux de confiance de 0,10 |
||||||
A la fin de l’étude, nous avons trouvé que les jeunes du groupe de traitement étaient plus confiants dans leurs possibilités de remplir leurs tâches scolaires que ceux du groupe de contrôle. L’effet était particulièrement marqué chez les filles, surtout celles issues des minorités, qui ressentaient un niveau de compétence scolaire 10% plus élevé que celles du groupe de contrôle. Le parrainage augmentait aussi de 7% la perception du niveau de compétence scolaire chez les filles de race blanche.
Nous avons aussi considéré d’autres résultats relatifs à l’école, comme les heures d’une semaine passées à lire et à faire ses devoirs, le nombre de visites faites par un jeune à une bibliothèque et le nombre de livres lus. Nous n’avons pas trouvé de différences statistiquement significatives entre la globalité des jeunes des groupes de traitement et de contrôle. (Les résultats correspondants sont donnés à l’annexe B.)
Comme l’indique la table 12, nous avons trouvé que la qualité des relations d’un jeune avec le parent dont il dépend augmentait s’il était parrainé, surtout pour les garçons blancs. Nous supposions que le fait d’avoir une relation réussie amènerait le jeune à d’autres relations, en l’aidant à faire confiance aux autres, à exprimer sa colère de façon plus productive, et généralement à devenir plus apte à établir des relations effectives avec les autres.
Pour examiner les relations des jeunes avec leur parent, nous nous somme servis de l’échelle de la relation avec la mère Relationship with Mother scale of the Inventory of Parent and Peer Attachment (IPPA) (Armsden and Greenberg,1987). Etant donné que 86% des parents/gardiens étaient des mères, nous mesurions essentiellement les relations entre les jeunes des deux groupes avec leurs mères. [21] Le IPPA mesure trois composantes de relations enfant-parent : la confiance, la communication et la colère/aliénation.
|
|
Colère et aliénation |
Nombre de
mensonges faits au parent |
||
|
|
Impact net |
Moyenne du
groupe de contrôle |
Impact net |
Moyenne du
groupe de contrôle |
|
Overall |
0,33 |
21,82 |
-1,36** |
3,72 |
|
Sexe |
||||
|
Garçons |
0,48 |
21,98 |
-0,83 |
3,63 |
|
Filles |
0,06 |
21,56 |
-2,24 |
3,89 |
|
Race/Sexe |
||||
|
Garçons des minorités |
0,33 |
21,96 |
-0,53 |
3,37 |
|
Filles des minorités |
-0,02 |
21,88 |
2,11* |
3,52 |
|
Garçons blancs |
0,68 |
21,95 |
-1,23 |
3,97 |
|
Filles blanches |
0,14 |
21,11 |
-2,51 |
4,55 |
En utilisant la mesure globale de la relation parent-enfant, nous avons trouvé que les filleuls BBBS avaient un meilleur niveau que les jeunes du groupe de contrôle. L’effet était plus marqué chez les garçons, surtout chez les garçons blancs dont le niveau était 5% plus élevé que ceux des garçons blancs du groupe de contrôle. En examinant les composants de cette mesure, nous avons trouvé que l’effet global était dû principalement à une amélioration de la confiance des filleuls BBBS envers leur parent. Là encore, l’impact était plus marqué chez les garçons de race blanche dont le niveau était 7% plus élevé que chez leurs correspondants du groupe de contrôle. Pour l’ensemble de l’échantillon, les sous-niveaux mesurant la communication et l’ensemble colère/aliénation n’étaient pas affectés par le parrainage. Cependant, les filleuls BBBS blancs pensent qu’ils communiquent mieux avec leur parent ou gardien que leurs correspondants du groupe de contrôle.
Nous avons aussi examiné le nombre de fois que les jeunes disent avoir menti à leur parent. A la fin de la période d’étude, les filleuls BBBS disaient avoir menti à leur parent 37% fois moins souvent que les jeunes du groupe de contrôle.
Pour examiner les relations avec les pairs, nous avons utilisé cinq échelles des Features of Children’s Friendship Battery de Berndt and Perry (1986) – Intimacy in Communication, Instrumental Support, Emotional Support, Conflict,et Relationship Inequality.
La table 13 montre les résultats obtenus pour quatre de ces échelles. (L’inégalité des relations, pour lequel aucun impact significatif n’est apparu, est donné à l’annexe B, table B3).
Table 13 Impact net de la participation à un parrainage BBBS sur la relation avec les pairs |
||||||||
|
|
Intimité de
communication |
Soutien
instrumental |
Soutien
affectif |
Conflit |
||||
|
|
Impact net |
Moyenne du
groupe de contrôle |
Impact net |
Moyenne du
groupe de contrôle |
Impact net |
Moyenne du
groupe de contrôle |
Impact net |
Moyenne du
groupe de contrôle |
|
Overall |
0,21 |
11,18 |
-0,09 |
12,98 |
0,29* |
12,51 |
-0,20 |
11,61 |
|
Sexe |
||||||||
|
Garçons |
0,41 |
10,63 |
0,03 |
12,70 |
0,41* |
12,11 |
-0,15 |
11,55 |
|
Filles |
-0,13 |
12,10 |
-0,27 |
13,43 |
0,09 |
13,17 |
-0,29 |
11,69 |
|
Race/Sexe |
# |
|
|
|
|
|
|
|
|
Garçons des minorités |
0,58* |
10,31 |
0,31 |
12,35 |
0,72** |
11,84 |
-0,31 |
11,49 |
|
Filles des minorités |
-0,75* |
11,98 |
-0,51 |
13,30 |
-0,28 |
13,18 |
-0,24 |
11,45 |
|
Garçons blancs |
0,19 |
11,07 |
-0,29 |
13,16 |
0,02 |
12,47 |
0,08 |
11,61 |
|
Filles blanches |
0,83 |
12,24 |
0,02 |
13,70 |
0,64 |
13,14 |
-0,45 |
12,15 |
|
Note : La taille de
l’échantillon de l’analyse était de 959 : 217 filles des minorités, 142
filles blanches, 326 garçons des minorités, 271 garçons blancs et 3 jeunes
qui n’ont pas donné leur ethnie. * indique que l’impact diffère statistiquement de zéro à un
taux de confiance de 0,10 # indique que l’impact n’était pas le même parmi les sous-groupes,
à un taux de confiance de 0,10 |
||||||||
Nous avons trouvé que le soutien affectif était plus fort chez les filleuls BBBS que chez les jeunes du groupe de contrôle ; c’était surtout marqué chez les garçons des minorités pour lesquels ce soutien était accru de 6%.
Lorsque nous examinons les impacts dans les sous-groupes, nous trouvons que les garçons des minorités ont un niveau un peu plus élevé que leurs correspondants du groupe de contrôle pour l’intimité de la communication, alors que les filles des minorités ont un niveau un peu plus faible. Bien que nous ne sachions pas pourquoi les filleules BBBs des minorités aient un niveau plus faible pour l’intimité de la communication avec les pairs, nous supposons que les filleules BBBS des minorités ont plus tendance à parler de leur problèmes avec leur marraine qu’avec leurs amies. Aucun impact significatif n’a été trouvé pour les autres échelles de relations avec les pairs.
Des relations de soutien avec des adultes ont été liées avec l’opinion des adolescents envers soi-même (Haensly et Parsons, 1993 ; Scales, 1991 ; Tietjen, 1989 ; Hirsch et Reischl, 1985). Comme indiqué à la table 14, nos résultats sur l’opinion de soi incluent des variables d’attitude mesurant l’estime de soi, l’acceptation sociale et la confiance en soi.
Globalement, au moment de l’entretien final, les filleuls BBBS dans leur ensemble n’ont pas un niveau notablement plus élevé que les jeunes du groupe de contrôle en ce qui concerne l’estime de soi, l’acceptation sociale ni la confiance en soi. Cependant, un impact significatif pouvait se voir pour les garçons blancs. Leur niveau était notablement plus élevé pour l’acceptation sociale, ce qui montre une perception du jeune de sa popularité chez ses amis.
Table 14 Impact net de la participation à un parrainage BBBS sur l’opinion envers soi-même |
||||||
|
|
Estime de soi
globale |
Acceptation
sociale |
Confiance en
soi |
|||
|
|
Impact net |
Moyenne du
groupe de contrôle |
Impact net |
Moyenne du
groupe de contrôle |
Impact net |
Moyenne du
groupe de contrôle |
|
Global |
0,29 |
18,57 |
0,37 |
18,19 |
0,18 |
28,44 |
|
Sexe1 |
||||||
|
Garçons |
0,24 |
19,12 |
0,54 |
18,23 |
0,01 |
28,70 |
|
Filles |
0,37 |
17,67 |
0,09 |
18,12 |
0,46 |
28,02 |
|
Race/Sexe |
||||||
|
Garçons des minorités |
0,23 |
19,13 |
0,34 |
18,68 |
-0,27 |
29,01 |
|
Filles des minorités |
0,42 |
17,79 |
-0,03 |
18,45 |
0,22 |
28,00 |
|
Garçons blancs |
0,31 |
19,09 |
0,85* |
17,66 |
0,43 |
28,33 |
|
Filles blanches |
0,32 |
17,52 |
0,10 |
17,65 |
0,68 |
28,08 |
|
Note : La taille de
l’échantillon de l’analyse était de 959 : 217 filles des minorités, 142
filles blanches, 326 garçons des minorités, 271 garçons blancs et 3 jeunes
qui n’ont pas donné leur ethnie. |
||||||
Nous n’avons pas trouvé de différences entre les filleuls BBBS et les jeunes du groupe de contrôle en ce qui concerne la fréquence de la participation à des activités sociales et culturelles, comme visiter un musée, assister à des jeux ou évènements sportifs. C’était surprenant, car beaucoup de parents de filleuls BBBS et de personnels des associations citaient l’occasion de participer à des évènements sociaux et culturels comme un facteur positif du parrainage. Pour examiner ces résultats, nous avons demandé aux jeunes combien de fois ils s’étaient engagés dans une activité particulière et combien d’heures ils avaient passées pour ces activités pendant une semaine scolaire normale. Les activités sociales et culturelles spécifiques pour lesquelles nous récoltions des données étaient : prendre part à des programmes sportifs ou récréatifs organisés en dehors des heures d’école ; effectuer un service volontaire ou communautaire ; prendre des leçons de musique, d’art, de langues ou de danse à l’extérieur de l’école ; participer à des groupes de jeunes ; assister à des évènements sportifs ; assister à des jeux ou des performances ; aller au musée ; et pratiquer des activités en plein air comme la randonnée.
La table 15 présente deux mesures résumées de ces activités, le nombre total d’heures consacrées par semaine aux activités sociales et culturelles et le nombre total de ces activités. Nous n’avons trouvé aucune différence significative entre les groupes de traitement et de contrôle, ni pour le nombre total d’heures consacrées par semaine aux activités sociales et culturelles ni pour le nombre total de ces activités.
Les seules différences que nous avons trouvé étaient que les filleuls et filleules BBBS disaient participer à moins d’activités en plein air (particulièrement les garçons blancs) et que les garçons BBBS (particulièrement les garçons des minorités) disaient assister plus souvent à des activités sportives que leurs correspondants du groupe de contrôle. Les impacts nets pour chaque activité spécifique sont présentés à l’annexe B.
Table 15 Impact net de la participation à un parrainage BBBS sur l’enrichissement social et culturel |
||||
|
|
Nombre d’heures consacrées par semaine aux
activités sociales et culturelles |
Nombre total
des événement sociaux et culturels auxquels les jeunes ont participé |
||
|
|
Impact net |
Moyenne du
groupe de contrôle |
Impact net |
Moyenne du
groupe de contrôle |
|
Global |
0,25 |
5,03 |
-0,32 |
6,54 |
|
Sexe |
||||
|
Garçons |
-0,22 |
5,46 |
-0,42 |
7,14 |
|
Filles |
1,04* |
4,33 |
-0,17 |
5,57 |
|
Race/Sexe |
||||
|
Garçons des minorités |
0,27 |
5,39 |
0,61 |
5,53 |
|
Filles des minorités |
0,76 |
4,85 |
-0,59 |
4,69 |
|
Garçons blancs |
-0,77 |
5,58 |
-1,87** |
9,26 |
|
Filles blanches |
1,39 |
3,52 |
0,48 |
7,00 |
|
Note : La taille de
l’échantillon de l’analyse était de 959 : 217 filles des minorités, 142
filles blanches, 326 garçons des minorités, 271 garçons blancs et 3 jeunes
qui n’ont pas donné leur ethnie. * indique que l’impact diffère statistiquement de zéro à un
taux de confiance de 0,10 |
||||
Pris dans leur ensemble, les résultats présentés ici montrent qu’avoir un parrain Big Brother ou une marraine Big Sister offre des bénéfices tangibles aux jeunes. A la fin de la période d’étude de 18 mois, nous avons trouvé que les filleuls BBBS étaient moins enclins à s’initier à la drogue et à l’alcool, se sentaient plus compétents à l’école, y étaient plus assidus et y avaient de meilleures notes, et avaient de meilleures relations avec leurs parents et leurs pairs que ceux qui n’avaient pas participé au programme de parrainage.
Reprenons les résultats les plus importants :
· Le nombre de jeunes qui avaient commencé à utiliser des drogues illicites à la fin de la période d’étude était substantiellement plus faible chez les filleuls BBBS que chez les jeunes du groupe de contrôle. Nos résultats indiquaient que pour 100 jeunes du groupe d’âge considéré qui commençaient l’usage de la drogue, seulement 54 jeunes qui avaient un parrain BBBS commençaient l’usage de la drogue. L’impact était plus fort chez les jeunes des minorités. Pour 100 garçons des minorités du groupe d’âge considéré qui commençaient l’usage de la drogue, seulement 33 garçons parrainés le faisaient. Pour 100 filles des minorités du groupe d’âge considéré qui commençaient l’usage de la drogue, seulement 28 filles parrainées le faisaient.
· A la fin de la période d’étude, moins de filleuls BBBS avaient commencé à consommer de l’alcool que leurs correspondants du groupe de contrôle. Pour 100 jeunes du même groupe d’âge qui commençaient l’usage de l’alcool, seulement 73 filleuls BBBS le faisaient. L’impact était plus fort chez les filles des minorités. Pour 100 filles des minorités du même groupe d’âge qui commençaient l’usage de l’alcool, seulement 46 filleules BBBS le faisaient.
· Le comportement, l’attitude et les performances à l’école étaient meilleurs chez les filleuls BBBS que chez leurs correspondants du groupe de contrôle. Les filleuls BBBS étaient absents pendant deux fois moins de jours de classe que les jeunes du groupe de contrôle ; étaient plus optimistes sur le fait qu’ils faisaient bien leurs devoirs ; et avaient un GPA un peu plus élevé que les jeunes du groupe de contrôle (2,71 contre 2,63). L’effet était plus important sur les filles des minorités. Les filles des minorités parrainées étaient absents pendant 78% fois moins de jours de classe que les filles des minorités du groupe de contrôle ; étaient 10% plus optimistes sur le fait qu’elles faisaient bien leurs devoirs ; et avaient un GPA un peu plus élevé que les filles des minorités du groupe de contrôle (2,83 contre 2,62).
· A la fin de l’étude, la qualité des relations avec le parent ou gardien était meilleure chez les filleuls BBBS que chez les jeunes du groupe de contrôle. L’amélioration était due principalement à un niveau de confiance envers le parent plus élevé parmi les filleuls BBBS que parmi les jeunes du groupe de contrôle. L’impact était plus fort chez les garçons blancs pour lesquels à la fois les niveaux de confiance et de communication s’élevaient en participant au programme de parrainage.
· A la fin de l’étude, la qualité des relations avec les pairs était meilleure chez les filleuls BBBS que chez les jeunes du groupe de contrôle. Plus précisément, les filleuls BBBS — surtout les filles des minorités — ressentaient un soutien affectif de leurs amies plus fort que leurs correspondants du groupe de contrôle.
· A la fin de l’étude, il n’y avait pas d’impact global sur l’estime de soi, l’acceptation sociale ni la confiance en soi chez les filleuls BBBS.
· Enfin, nous n’avons pas trouvé de différences systématiques entre les filleuls BBBS et les jeunes du groupe de contrôle en ce qui concerne la participation à des activités sociales et culturelles.
En plus des effets bénéfiques sur l’ensemble des jeunes, les impacts des sous-groupes sont plus forts que ceux de l’ensemble pour certains points :
VI Résumé et conclusions
L’augmentation du nombre de foyers monoparentaux, la détérioration des liens de voisinage dans de nombreuses communautés et la montée du chômage ont laissé de nombreux jeunes isolés des adultes. Environ 25% de l’ensemble de la jeunesse et plus de 50% des jeunes des minorités vivent aujourd’hui dans un foyer monoparental, en général avec leur mère. Peu de jeunes peuvent remplacer le soutien familial par un soutien non-familial. Les études montrent qu’il est rare qu’un jeune ait une relation significative et proche avec un adulte extérieur à sa famille (Steinberg, 1991).
Pendant plus de 90 ans, BBBS s’est tourné vers les besoins des jeunes vivant dans des foyers monoparentaux en leur apportant de l’attention, le soutien d’un adulte Big Brother ou Big Sister. Aujourd’hui, BBBS fournit un soutien « un pour un » à 75.000 jeunes. Et cependant, les associations BBBS ne servent qu’une fraction des jeunes qui pourraient bénéficier de leurs services : environ 17 millions de jeunes vivent aujourd’hui dans un foyer monoparental (US bureau of the Census, 1994, p.66). Bienheureux le jeune qui tire bénéfice de son parrainage. Les filleuls BBBS de cette étude, pour la plupart âgés de 10 à 15 ans, réussissent mieux que leurs correspondants du groupe de contrôle, comme la table 16 le résume. Le résultat le plus important est que la participation à un parrainage BBBS aide les jeunes à éviter l’usage des drogues et de l’alcool. Les filleuls BBBS sont 46% moins enclins à initier l’usage de la drogue, et 27% moins enclins à commencer à boire.
|
Table 16
Comment un jeune bénéficie d’un parrainage BBBS, par rapport à un
jeune non parrainé, 18 mois plus tard |
|
|
Résultat |
Changement |
|
Activités antisociales |
|
|
Début de l’usage de la
drogue |
-45,8% |
|
Début de consommation
d’alcool |
-27,4 |
|
Nombre de fois que le jeune
frappe quelqu'un |
-31,7 |
|
Résultats scolaires1 |
|
|
Notes |
3,0% |
|
Compétence ressentie pour
l’école |
4,3 |
|
Classes manquées |
-36,7 |
|
Jours de classe manqués |
-52,2 |
|
Relations avec la famille |
|
|
Relations |
2,1% |
|
Confiance envers le parent |
2,7 |
|
Mensonges au parent |
-36,6 |
|
Relations avec les pairs |
|
|
Soutien affectif |
2,3% |
|
Nombre de jeunes |
959 |
|
Note : Tous les impacts de ce tableau sont statistiquement significatifs à un niveau de confiance de 90% au moins |
|
La participation à un programme de parrainage commence aussi à améliorer le comportement et les performances du jeune à l’école. Les filleuls BBBS font moins l’école buissonnière que les jeunes du groupe de contrôle. Ils sont 52% moins nombreux à sauter une journée de classe, et 37% moins nombreux à sauter une classe unique. Ils ont des notes un peu meilleure (3%), et se sentent un peu plus confiants (4%) sur leur succès scolaire futur. Bien que ces améliorations de ces résultats scolaires soient modestes comparées à celles relatives à la drogue et à l’alcool, le fait que nous observions des améliorations dans les attitudes, les performances et les comportements à l’école suggère fortement qu’avoir un parrain BBBS commençait à créer un effet positif sur les aspects scolaires.
Le fait d’avoir une relation avec un Big Brother ou une Big Sister améliore les autres relations du jeune :
Les relations avec le parent ou gardien sont meilleures chez les filleuls BBBS que chez les jeunes du groupe de contrôle. Les filleuls BBBS ont plus confiance dans leur parent, et lui mentent moins. Améliorer les relations des jeunes avec leur parent ou gardien est critique car ils appartiennent presque tous à des foyers monoparentaux. Si cette relation se détériorait, ces jeunes risqueraient un manque encore plus marqué du soutien des adultes.
Avec leurs pairs, les filleuls BBBS se sentent mieux aidés sur le plan affectif — c’est à dire mieux soutenus par leurs amis et moins critiqués. Les relations que les jeunes adolescents ont avec leurs pairs ont de nombreuses dimensions. Bien que nous n’ayons observé d’amélioration que dans le soutien affectif, cette amélioration peut conduire avec le temps à des améliorations dans les autres dimensions.
Les filleuls BBBS réussissent mieux que les jeunes du groupe de contrôle à cause de leur participation à un parrainage, qui consiste en une interaction « un pour un » avec un adulte volontaire (le Big Brother ou la Big Sister) soutenu par le personnel professionnel d’une association qui applique un ensemble bien défini de méthodes normalisées établies dans le but de promouvoir un parrainage positif. Ce rapport ne montre pas que tout type de parrainage fonctionne, mais que les programmes de parrainage qui suscitent les types spécifiques de relations observées dans les programmes BBBS fonctionnent. A notre avis, les impacts positifs observés n’auraient pas existé sans, à la fois, la relation avec le parrain et le soutien de l’association.
Cette étude n’a pas décrit le type de relations formé entre le volontaire et le jeune, ni n’a relié le type de relations au niveau des impacts que nous avons observés. Ces points étaient hors du cadre de notre étude, nous espérons les approfondir plus tard. Cependant, nous savons ce qui suit sur les relations établies entre les jeunes du groupe de traitement et leurs parrains BBBS :
· Ils ont un niveau de contacts élevé. Un parrain BBBS typique rencontre son filleul environ trois fois par mois pendant quatre heures et durant une année, ce qui se traduit par 144 heures de contact direct. Pour ceux qui parlent au téléphone, comme c’est souvent le cas, le nombre d’heures d’interaction est encore plus élevé.
· Les relations ont été établies par une approche qui définit le parrain comme un ami, pas un enseignant ni un prêtre. Le rôle du parrain consiste à soutenir le jeune dans ses divers projets, pas dans le but explicite de changer son comportement ou son caractère.
BBBS est un programme orienté vers le développement d’un jeune. Le fait que la participation à un parrainage BBBS est capable de réaliser des buts de transformation tout en gardant une approche de développement supporte fortement le consensus que les programmes relatifs à la jeunesse sont plus efficace dans l’obtention de leurs buts quant ils prennent une approche plus soutenante, plus holistic (Gambone, 1993 ; Pittman, 1992 ; Grossmann et Halpern-Felsher, 1992).
Tous les résultats disponibles (y compris nos autres études sur le parrainage) nous persuadent que les points suivants constituent des bases irréductibles pour un programme de parrainage efficace :
La force des résultats de cette étude est surprenante, et elle suggère qu’il serait bon de développer des programmes créant des relations significatives et à long terme . Cependant, plusieurs points demandent à être sérieusement considérés.
En premier, combien de volontaires supplémentaires accepteraient-ils de donner le temps et l’engagement affectif demandé à un Big Brother ou une Big Sister ? Une étude antérieure (Roaf et al., 1994) suggère que plus de volontaires pourraient être sélectionnés et appariés si les associations pouvaient embaucher plus de responsables de parrainage. Les associations locales disent qu’elles retardent la sélection d’un grand nombre de volontaires non pas parce qu’elles doutent de leurs capacités à devenir un Big Brother ou une Big Sister mais parce qu’elles n’ont pas assez de personnel pour effectuer la sélection, l’appariement et la surveillance de parrainages additionnels. Cette étude cite aussi des directeurs d’association qui disent que le problème n’est pas le recrutement de volontaires, mais de trouver un financement supplémentaire pour ces parrainages additionnels.
Le second point — et sans doute le plus problématique — est de trouver suffisamment de ressources financières pour soutenir l’expansion du programme. Notre étude ne comprenait pas d’évaluation de coût, nous ne pouvons donc pas précisément donner le coût annuel d’un parrainage additionnel. Cependant, en se basant sur les budgets annuels des huit associations étudiées et leur politique de personnel, $1.000 semble une estimation raisonnable du coût d’établissement et de soutien d’un parrainage additionnel. Cela correspond à un million de dollars pour 1.000 jeunes de plus. Trouver une telle somme est hors de portée pour la plupart des associations, qui obtiennent l’essentiel de leur financement par une combinaison d’activités de collectes de fonds privés (comme des ventes aux enchères et des tournois de bowling) et de United Way, avec des montants plus faibles provenant de fondations privées et de corporations. D’après le personnel de BBBSA, la part de la fédération, de l’état et des gouvernements locaux est insignifiante.
Combien de jeunes les associations BBBS pourraient-elles servir si un financement le permettait ? Combien de volontaires appropriés pourraient-elles recruter ? Combien de jeunes participeraient ? Notre étude nous amène à penser qu’il serait bon de répondre à ces questions.
Cette étude démontre à l’évidence, dans le domaine du parrainage, que la participation à un programme BBBS a un impact important sur la vie d’un jeune parrainé par un Big Brother ou une Big Sister. Cependant, quelques questions sur la raison de ces impacts positifs restent sans réponse.
Une étude antérieure a examiné comment se forme une relation dans le contexte d’un parrainage BBBS (Morrow et Styles, 1995). La conclusion principale était que les relations pouvaient être classées en deux grandes catégories, dites de prescription et de développement. Alors que la plupart des volontaires des parrainages de développement espèrent en fin de compte aider le jeune à améliorer ses résultats scolaires et à devenir plus responsable, ils focalisent leur engagement et leurs espoirs sur le développement d’une relation fiable et confiante, et tendent leurs efforts uniquement sur le renforcement de cette relation.
Dans les parrainages de prescription, des adultes volontaires se basaient sur leurs impératifs de transformation, et réglaient les buts, l’allure et/ou les règles de base de leurs relations en conséquence. Ces volontaires s’interdisaient de modifier leurs souhaits concernant la rapidité de changement du jeune, et en fin de compte se sentaient frustrés. Les jeunes étaient également frustrés et déçus de la relation : sans que ce soit une surprise, ils étaient loin de considérer leur partenaire comme une source de soutien consistant. Morrow et Styles pensaient que les parrainages de développement génèreraient plus de résultats positifs que les parrainages de prescription.
L’importance de lier le type de relations aux résultats est la suivante : si le personnel des associations est conscient de ce qu’un type de volontaires produit de plus forts impacts qu’un autre, il peut favoriser le choix de ces volontaires pendant la phase de sélection, ou les former pour qu’ils adoptent les caractéristiques ad hoc — de sorte à ne pas se comporter comme un juge du jeune et de sa famille, mais d’être à leur écoute, patiemment.
Le second champ de recherche futur consisterait à étudier comment les caractéristiques du jeune et du volontaire affectent les résultats. Les questions cruciales sont : Est-ce qu’un certain type de jeune est mieux servi par une intervention de parrainage ? Est-ce que les volontaires qui ont expérimenté des circonstances de vie spécifiques sont de meilleurs parrains ? Et, peut-être le plus important, comment prendre en compte les caractéristiques du jeune et du volontaire lorsqu’on les apparie ? Nous pouvons penser que la plupart des jeunes peuvent tirer bénéfice d’un parrainage et que beaucoup d’adultes peuvent parrainer de manière efficace. Cependant, si le nombre d’adultes et de jeunes qui participent à un programme de parrainage augmente, la diversité de leurs expériences de vie rendra indispensable que le personnel des associations établisse les parrainages en se basant sur l’évidence affirmée que tel volontaire convient mieux à tel jeune.
Le troisième champ de recherche futur consisterait à étudier si le parrainage d’un jeune des minorités par un volontaire blanc donne d’aussi bons résultats que le parrainage d’un jeune des minorités par un volontaire de la même minorité ethnique. Actuellement, le nombre de jeunes issus des minorités qui demandent l’aide de BBBS, surtout celui des garçons, est plus élevé que celui des parrains BBBS des minorités. Les parents, les jeunes et les responsables de parrainage doivent souvent décider de créer un parrainage mixte ou de ne pas parrainer du tout. La connaissance relative des comportements des jeunes parrainés dans un parrainage mixte et des jeunes parrainés dans un parrainage homogène aiderait beaucoup à prendre une telle décision.
Des études antérieures disent que la fréquence des rencontres et la proportion des parrainages qui forment des relations constructives sont similaires pour ces deux types de parrainage (Morrow et Styles, 1995 ; Furano et al., 1993). Cependant, sans estimation des impacts, ils n’ont pas pu établir de conclusions fermes sur l’efficacité des parrainages entre ethnies différentes. Il est important de traiter ce point, car tant que le nombre de volontaires des minorités n’égalera pas le nombre des jeunes des minorités à parrainer, le seul moyen de servir un grand nombre de jeunes des minorités sera de faire des parrainages entre ethnies différentes.
Un dernier champ de recherche futur consisterait à étudier dans le long terme si les impacts positifs observés dans cette étude durent, et si la participation à un parrainage procure d’autres résultats comme l’activité sexuelle, le comportement criminel, les diplômes de l’enseignement supérieur et l’emploi.[22] Les impacts impressionnants observés pendant la période d’étude persisteront-ils jusqu’à 20 ans et à l’âge adulte, ou ces impacts déclineront-ils à la fin du parrainage ? Une étude antérieure sur les programmes axés sur la jeunesse a montré qu’après qu’un jeune quitte un programme, les impacts s’évanouissent en général. Cependant, si ces résultats ont été obtenus par une intervention de développement et non de prescription, ils peuvent peut-être durer. Le parrainage n’est pas une potion magique — un jeune a sans aucun doute besoin d’autres soutiens pour réussir sa transition vers l’âge adulte — mais une étude à long terme pourrait montrer si le parrainage constitue un composant critique pour réussir cette transition.
P/PV a commencé son travail sur le parrainage en 1988 en se demandant si le parrainage pouvait faire une différence sur la vie des jeunes et, dans ce cas, comment une relation de parrainage aboutissait à un tel résultat. Cette quatrième étude montre que la participation à un parrainage BBBS — dont le but principal est de faciliter le développement de relations significatives entre jeunes et adultes, suffisamment longues et intenses — peut faire une différence importante dans la vie d’un jeune. BBBS réalise un grand nombre de relations à long terme en fournissant un soutien à chaque parrainage au moyen d’équipes de professionnels qui suivent des normes de qualité bien établies.
Si ces normes et ce type de soutien pouvaient être reproduites, l’expansion et la réplication d’initiatives de parrainage de jeunes adolescents apparaîtrait comme un investissement fort et sensé. Nous estimons qu’au moins plusieurs millions de jeunes pourraient bénéficier d’un tel investissement. Cependant, le nombre de volontaires qualifiés et motivés n’est pas connu, de même que la disponibilité de financement. Il est très improbable qu’une forte expansion et réplication du modèle BBBS puisse être réalisée uniquement à partir de fonds privés, sur la base d’un coût annuel de $1.000 par parrainage. Un financement public semble également improbable, aujourd’hui où les budgets des programmes sociaux sont en chute libre au niveau fédéral, et où les politiques d’intervention sociale sont considérées comme inefficaces par le public dans son ensemble.
Cependant, l’évidence de l’efficacité des programmes de parrainage montrée par ce rapport — surtout en ce qui concerne la drogue, la violence et les aspects scolaires — peut influencer l’opinion du public sur ce qui peut être accompli, et peut aussi inciter les politiciens à commencer à établir une nouvelle politique sociale de la jeunesse plus efficace — qui se focalise moins sur les problèmes après leur apparition et plus sur la satisfaction des besoins de base du développement des jeunes.
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Annexe A Méthodes employées
Cette annexe donne des détails sur les mesures
de résultats que nous avons employées et explique comment nous avons estimé
l’impact du programme sur l’obtention de ces résultats. Elle présente d’abord
les mesures spécifiques des six domaines de résultats (comportements
antisociaux, résultats scolaires, relations familiales, relations avec les
amis, confiance en soi et enrichissement culturel). Puis, elle fournit au
lecteur quelques propriétés psychométriques des paramètres de notre échantillon.
Ensuite, elle décrit la gestion des entretiens de début et de fin. Enfin, nous
exposons les techniques d’estimation employées pour déduire de ce qui précède
les impacts du programme
Note du traducteur : dans ce
qui suit, le terme scale a été traduit par paramètre.
Après avoir déterminé les domaines de
résultats potentiellement affectés par la participation à un programme BBBS,
nous avons passé en revue les mesures sociaux-psychologiques et
comportementales existantes, en ne conservant que celles qui étaient
appropriées à la population étudiée, et en développant nos propres mesures
lorsque les mesures existantes ne convenaient pas.
La table 1 présente les mesures sociaux-psychologiques et comportementales incluses dans les questionnaires
Les questionnaires du début et de la fin de
l’étude comprenaient 48 mesures de résultats parmi les six domaines
Quinze résultats rendaient compte des
activités antisociales.
Dix rendaient compte des résultats scolaires.
Quinze rendaient compte des activités
antisociales.
Dix rendaient compte des résultats scolaires,
incluant deux ensembles sociaux-psychologiques et huit mesures de comportement.
Pour rendre compte des relations avec la
famille, nous avons utilisé trois paramètres de Inventory of
Parent and Peer Attachment (IPPA) et une mesure de comportement.
Cinq mesures de relations avec les amis ont
été utilisées.
Trois mesures rendaient compte de l’attitude
envers soi.
Treize questions à un seul item rendaient
compte de l’enrichissement social et culturel.
La suite de ce chapitre traite des mesures
employées, du premier test du fonctionnement de l’enquête et de la qualité des
mesures.
Pour le choix des mesures, nous nous sommes efforcés
d’employer des paramètres qui avaient été validés dans des études antérieures.
Pour utiliser un paramètre, nous avons employé une stratégie consistant à
garder les sous-paramètres intacts. Par exemple, si la mesure d’un ensemble
particulier comprenait 10 items, nous avons conservé les dix au lieu de tenter
de définir cet ensemble avec seulement cinq ou sept parmi les dix.[23]
Pour rendre compte du comportement antisocial,
nous avons employé de préférence des questions utilisées dans des études
antérieures de P/PV, mais nous avons aussi adopté des questions écrites par
Thomas Cook pour l’évaluation d’un projet de réforme dans un collège. Les items
individuels rendant compte du comportement antisocial comprenaient des
questions concernant la fréquence d’usage de drogue et d’alcool, des
coups portés à quelqu’un, des vols, des chapardages dans un commerce, des
dommages à la propriété d’autrui, de l’implication dans une bagarre, des
actions « à risque », des envois au bureau du directeur et des
bavardages au cours d’une épreuve. Le
sous-paramètre Behavioral Conduct
du Self-Perception Profile
for Children de Harter
(1985) a aussi été choisi comme
indicateur de changement potentiel de
comportement [24].
Pour mesurer les résultats scolaires, nous
avions besoin d’items rendant compte de l’amélioration de la motivation, de
l’attitude et des résultats, puisque ce sont des buts usuels des parrainages
BBBS. Nous avons choisi l’emploi du paramètre Scholastic Competence de
Harter (1985) pour mesurer la capacité apparente du jeune à effectuer son
travail scolaire, et le paramètre School Value de Berndt et Miller
(1990) parce qu’il mesure la valeur scolaire en général.
En plus de ces deux mesures du
comportement (Scholastic Competence
et School Value), l’academic outcome incluait des items
représentatifs de divers comportements : notes, nombre de classes manquées,
nombre de journées de classe manquées, nombre de visites à un collège, nombre
de livres lus, nombre de visites à une bibliothèque, nombre d’heures passées
aux devoirs à la maison, et nombre d’heures passées à lire.
Pour examiner les relations du jeune avec ses
parents, nous avons utilisé le paramètre Inventory of Parent and Peer
Attachment (IPPA) de Armsden et Greenberg, 1987. Le IPPA a été défini pour
mesurer l’attachement aux parents dans trois dimensions : confiance, qualité de
communication, et degré de ressentiment et d’aliénation.
Bien qu’il ait été développé pour des
adolescents plus âgés, il a été utilisé utilement pour des adolescents plus
jeunes. Le paramètre spécifique que nous avons utilisé était celui des
relations avec la mère, car la grande majorité des clients BBBS vivent avec
leur mères et n’ont pas de contacts réguliers avec leurs pères.
(on demandait aux enquêteurs de
substituer « père » ou
« gardien » à « mère » le cas échéant.) En plus de ces mesures de l’attitude, nous
demandions un item de comportement : le nombre de mensonges faits au parent au
cours des 12 derniers mois.
Pour quantifier la qualité des relations avec les amis et les proches, nous avons utilise cinq sous-paramètres du Features of Children’s Friendship de Berndt et Perry (1986) parce qu’ils mesurent combien le jeune pense avoir des relations proches et fructueuses avec ses amis, et parce qu’il a été développé pour des jeunes adolescents, des classes 2 à 8. Les sous-paramètres étaient : Intimacy in Communication, Instrumental Support, Emotional Support, Conflict, et Inequality.
|
Table A.1 Mesures des résultats |
|
|
Activités antisociales Behavioral Conduct a Début d’usage de drogue Début d’usage d’alcool Fréquence annuelle : des vols chez les amis des détériorations du bien d’autrui des implications dans une bagarre des frappes à autrui des actions « à risque » des renvois dans le bureau du directeur des
bavardages au cours des épreuves Quantité de tabac utilisée
les derniers 30 jours Résultats scolaires Scholastic competence a School value b Notes Fréquence des absences Fréquence des jours
d’absence Nombre de visites à un
collège Nombre
de livres lus Nombre de visites à une
bibliothèque Nombre d’heures par semaine
consacrés aux devoirs Nombre d’heures de lecture
par semaine Relations avec la famille Inventaire de l’attachement
aux parents et aux amis (Inventory of Parent & Peer Attachment — IPPA)
c Sous paramètre IPPA :
Communication c Sous paramètre IPPA :
Confiance c Sous paramètre IPPA :
Colère et aliénation c Nombre
des mensonges aux parents l’an dernier |
Relations avec les amis Sous paramètre :
Intimité dans la communication d Sous paramètre : Aide
instrumentale d Sous paramètre : Aide
émotionnelle d Sous paramètre :
Conflit d Sous paramètre :
Inégalité d Confiance en soi Estime de soi globale a Acceptation sociale a Sous paramètre : « Mastery
& Coping » e Enrichissement
social et culturel
Nombre d’heures consacrées
par semaine : au sport ou aux jeu au volontariat ou aux services communautaires aux leçons d’art, de musique ou de danse aux clubs ou organisations scolaires aux groupes de jeunes Fréquence annuelle des
visites : évènements sportifs représentations danse professionnelle concert activité extérieure musée Nombre d’heures par semaine
passées en activités sociales et culturelles Temps passé l’an dernier
passé en activités sociales et culturelles |
|
a de Self-Perception Profile for Children (Harter, 1985) b adapté de School Value Scale (Berndt et Miller, 1990) c Inventory of Parent and Peer Attachment (IPPA) (Armsden et
Greenberg, 1987) d de Features of Children’s Friendship Scale (Berndt et Perry,
1986) e adapté de Self-Image Questionnaire for Young Adolescents (Petersen et al., 1984) |
|
Nous avons considéré plusieurs autres mesures
de la confiance en soi, le SelfPerception
Profile for Children de Harter (1985)
et le Self-Image Questionnaire for Young Adolescents (SIQYA) de
Petersen et al. (1984). Le
SIQYA a été conçu spécifiquement pour de jeunes adolescents (de 11 à 13 ans) et
comprend neuf parameters qui décrivent des aspects différents de la confiance
en soi ; cependant, il ne comprend pas de paramètre décrivant la confiance en
soi globale. Nous avons retenu le parameter SIQYA Mastery and Coping
avec des modifications mineures de langage et une modification des catégories
de réponses qui passent de six à quatre. Les sous-paramètres Global Self
Worth et Social Acceptance du
Self-Perception Profile for Children de Harter ont aussi été
retenus comme mesures de l’attitude
envers soi. Treize questions à un seul item relatives aux comportements et
activités menant à un enrichissement social et culturel sont décrites à la
table A1. Des questions demandent au jeune combine d’heures par semaine il
consacre à des activités sportives ou ludiques ; des services bénévoles ou
communautaires ; des leçons de musique, d’art ou de danse ; des clubs ou
organisations scolaires ; ou des groupes de jeunes, ainsi que des questions
demandant combien de fois, au cours de la dernière année, il a assisté à des
évènements sociaux ou culturels comme des compétitions sportives, des
représentations, des exhibitions de danse professionnelle, des concerts, des
activités à l’extérieur et des musées. Le total des heures au cours de la
semaine et le nombre d’évènements ont été calculés en tant que mesures
additionnelles de résultats.
Révision et premier test
Deux psychologues, Thomas Berndt et Susan
Harter, ont relu le premier questionnaire pour vérifier sa cohérence avec les
hypothèses de l’étude. Après une autre révision par les membres de l’équipe de
recherche de P/PV, le premier questionnaire a été testé pour la première fois
sur des filleuls Little Brothers et Little Sisters de deux associations de la
région de Philadelphie. Une compagnie spécialisée dans les enquêtes a effectué
des interviews téléphoniques de 15 jeunes âgés de 11 à 16 ans. Ce premier
test avait pour but de vérifier que les
jeunes comprenaient bien les items du questionnaire, et si les jeunes de cet
âge pouvaient effectivement être intervievés par le téléphone. Ce premier test
a été concluant, les interviewers disant que les jeunes comprenaient les
questions et étaient capables d’y répondre. Seules des révision mineures ont
été faites à la suite de ce premier test.
Fiabilité
Nous avons ré-évalué la consistance interne de chaque paramètre , à la fois pour le premier questionnaire et le questionnaire final, pour s’assurer que ces paramètres rendaient bien compte des résultats spécifiques de l’échantillon BBBS.
La fiabilité d’un paramètre est donnée par sa
stabilité, c’est à dire la consistance avec laquelle un paramètre mesure une
caractéristique sous-jacente. Le coefficient statistique alpha (Cronbach, 1951)
permet de vérifier la consistance de la fiabilité interne, le degré avec lequel
un paramètre mesure une caractéristique sous-jacente [25].
Les valeurs de alpha vont de 0
(aucune consistance interne — les items n’ont rien en commun) à 1 (consistance
parfaite — les items sont parfaitement corrélés).Nous avons pensé qu’une valeur
de 0,60 était acceptable.
Les valeurs de Alpha ont été calculées pour 15
paramètres utilisés pour mesurer un résultat. Les consistances internes étaient
toutes acceptables, allant de 0,61 à 0,86 pour le premier interview, et de 0,61
à 0,90 pour l’interview final. Les coefficients de fiabilité du premier
questionnaire et du questionnaire final sont présentés par la table A.2. Les
valeurs de alpha des parameters pour lesquels il y a un un effet global
significatif — Scholastic Competence, Emotional Support, Inventory
of Parent and Peer Attachment (IPPA), et le IPPA Trust Subscale —
ont des valeurs de alpha de 0,68 à 0,90. La table A.3 présente les valeurs
extrêmes des paramètres et leur valeur moyenne pour le premier entretien.
D’octobre 1991 à février 1993, 1.138 jeunes
ont été assigné au hasard au groupe de traitement et au groupe de contrôle,
1.107 d’entre eux (97,3%) subissant un premier interview. D’avril 1993 à
septembre 1994, des interviews à 18 mois ont été demandés à tous ceux qui en
avaient subi un premier. Parmi les 1.107 jeunes concernés, 971 (87.7%) ont subi
l’interview final. Parmi les 1.138 jeunes assignés au hasard, 971 (85.3%) ont
subi à la fois les deux interviews.
Le premier
entretien
Les responsables de parrainage qui ont décrit l’enquête aux parents ou aux gardiens au cours du processus initial ont expliqué que subir le premier entretien était une condition à leur participation, et que sinon l’association ne leur donnerait pas un Big Brother ou une Big Sister. A cause de cette exigence et d’autres informations fournies, le taux d’acceptation du premier entretien a été de 97,3% . Parmi les 31 jeunes qui n’ont pas subi d’interview, 14 ont refusé de participer [26], huit n’ont pas pu être localisés, et neuf n’ont pas subi l’entretien pour des raisons diverses.
|
Table A2
Consistance interne des paramètres employés pour les mesures, aux
entretiens initiaux et finaux |
|||
|
|
Items |
Entretien initial |
Entretien final |
|
Activités antisociales |
1 |
1 |
1 |
|
Behavioral Conduct a |
6 |
0,72 |
0,76 |
|
Résultats
scolaires |
1 |
1 |
1 |
|
Scholastic Competence a |
6 |
0,68 |
0,77 |
|
School Value b |
18 |
0,73 |
0,79 |
|
Relations avec la famille |
1 |
1 |
1 |
|
Inventory of Parent & Peer Attachment c |
23 |
0,86 |
0,90 |
|
Sous-paramètre IPPA
Communication c |
9 |
0,72 |
0,81 |
|
Sous-paramètre IPPA
Confiance c |
7 |
0,73 |
0,84 |
|
Sous-paramètre IPPA Colère
et aliénation c |
8 |
0,77 |
,80 |
|
Relations avec les amis |
1 |
1 |
1 |
|
Sous-paramètre Intimité
dans la communication d |
4 |
0,66 |
0,72 |
|
Sous-paramètre Aide
instrumentale d |
4 |
0,61 |
0,61 |
|
Sous-paramètre Aide
émotionnelle d |
4 |
0,69 |
0,73 |
|
Sous-paramètre Conflit d |
4 |
0,66 |
0,67 |
|
Sous-paramètre Inégalité d |
4 |
0,68 |
0,69 |
|
Confiance en soi |
1 |
1 |
1 |
|
Estime de soi
…………………….GlobalSelfWortha |
6 |
0,71 |
0,75 |
|
SocialAcceptancea |
6 |
0,69 |
0,74 |
|
Mastery&CopingSubscalee |
9 |
0,63 |
0,73 |
|
a de
“Self-Perception Profile for Children” (Harter, 1985) b adapté de “School Value Scale” (Berndt and Miller, 1990) c “Inventory of Parent and Peer Attachment (IPPA)” (Armsden and
Greenberg, 1987) d de “Features of Children’s Friendship Scale” (Berndt and Perry, 1986) e adapté de “Self-Image Questionnaire for Young Adolescents”
(Petersen et al., 1984) |
|||
Table A3 Statistique des paramètres utilisés pour mesurer un résultat |
||||
|
|
Moyenne au premier entretien |
minimum |
maximum |
|
|
Activités antisociales |
||||
|
BehavioralConduct a |
16,89 |
6 |
24 |
|
|
Résultats scolaires |
||||
|
ScholasticCompetence a |
16,00 |
6 |
24 |
|
|
SchoolValue b |
56,49 |
18 |
72 |
|
|
Relations avec la famille |
||||
|
InventoryofParent&PeerAttachment c |
71,79 |
23 |
92 |
|
|
IPPACommunicationSubscalec |
28,34 |
9 |
36 |
|
|
IPPATrustSubscalec |
24,51 |
8 |
28 |
|
|
IPPAAngerandAlienationSubscalec |
21,48 |
7 |
32 |
|
|
Relations avec les amis |
||||
|
Intimacy in Communication Scale d |
10,95 |
4 |
16 |
|
|
Instrumental Support Scale d |
12,48 |
4 |
16 |
|
|
Emotional Support Scale d |
12,39 |
4 |
16 |
|
|
Conflict Scale d |
11,11 |
4 |
16 |
|
|
Inequality Scale d |
11,50 |
4 |
16 |
|
|
Confiance en soi |
||||
|
Global Self Worth a |
17,98 |
6 |
24 |
|
|
Social Acceptance a |
17,18 |
6 |
24 |
|
|
Mastery & Coping Subscale e |
28,17 |
9 |
36 |
|
|
a de “Self-Perception Profile for Children” (Harter, 1985) b adapté de “School Value Scale” (Berndt and Miller, 1990) c “Inventory of Parent and Peer Attachment (IPPA)” (Armsden and
Greenberg, 1987) d de “Features of Children’s Friendship Scale” (Berndt and Perry, 1986) e adapté de “Self-Image Questionnaire for Young Adolescents”
(Petersen et al., 1984) |
||||
Le second entretien
Nous avons tenté de joindre au téléphone tous
les jeunes ayant subi un premier entretien, 18 mois après ce premier entretien.
Des interviewers itinérants ont été dépêchés lorsqu’un jeune, un parent ou un
gardien refusait ou évitait l’interview, ou lorsque l’adresse du contact était
mauvaise. Ces interviewers itinérants ont effectué 105 interviews (9.5%). Pour
augmenter encore le taux de réponse, nous avons offert des incitations
financières à ceux qui manquaient de façon répétitive les interviews ou qui les
refusaient. Nous avons payé ainsi 1.010 $ à 96 participants.
Au total, 136 membres de l’échantillon n’ont
pas subi l’entretien final. Parmi eux, 59 n’ont pas pu être localisés, 73 ont
refuse de participer [27] et quatre n’ont pas pu être interviewés pour
d’autres raisons.
L’échantillon
Douze cas ont été éliminés parmi les 971 qui
ont subi les deux entretiens parce que l’information recueillie au second
entretien avait révélé qu’ils n’étaient pas éligibles au départ ou qu’ils ne
l’étaient plus.
Cinq, dont quatre du groupe de contrôle,
avaient été parrainés dans les dix huit mois précédant l’assignation au hasard,
les rendant ainsi inéligibles pour l’enquête. De plus, sept du groupe de
contrôle avaient été parrainés à tort avant le second entretien. Les 959
restants ont constitué l’échantillon analysé.
L’analyse finale comprenait 487 jeunes du
groupe de traitement et 472 du groupe de contrôle, représentant 85,3% des
membres du groupe de traitement et 83,2% des membres du groupe de contrôle qui
avaient été assignés au hasard.
Stratégies de l’analyse
Avant de commencer une analyse, on a voulu
s’assurer que les deux groupes étaient comparables. A cause des procédures
strictes d’assignation au hasard, on s’attendait à une forte similitude entre
les deux groupes. Des tests T ont été effectués pour comparer les valeurs
moyennes, au début de l’étude, des deux groupes en ce qui concerne les
variables de résultat et les caractéristiques descriptives et démographiques.
Aucune différence systématique ni statistiquement significative entre les
groupes de traitement et de contrôle n’a été observée. Ainsi, nous nous sommes
confortés dans le sentiment que l’assignation au hasard permettait de former
deux groupes statistiquement identiques, et
que le coefficient estimé du groupe de traitement (T) constituait une
estimation non biaisée de l’impact du programme. La plupart des
caractéristiques des deux groupes au début de l’étude sont données à la table
A.4.
Estimation du modèle
L’estimation de l’impact de la participation à
un parrainage BBBS repose essentiellement sur une analyse multivariate.
En géneral, le modèle multivariate employé
pour estimer l’impact d’un parrainage BBBS sur les diverses mesures de résultat
prenait la forme suivante :
1) Y2 = a + b1Y1 + b2X + b3T + e1
où : Y2 = la valeur à la fin de l’étude
(18-mois) de la variable particulière
Y1 = la valeur de cette variable au début de
l’étude
X = un vecteur de
variables descriptives
T = indique que le jeune a subi un parrainage
BBBS
a, bi =
coefficients
ei = un terme correcteur stochastique à
moyenne nulle et de variance constante
Les variables descriptives (X) du modèle
étaient les mesures au début de l’étude données à la table A.5. Elles comprenaient des items comme l’âge, le sexe et
la race/ethnie ; si le jeune avait redoublé une classe ou avait été victime
d’un abus physique, émotionnel ou sexuel abuse ; des variables relatives à
l’association et des variables qui décrivaient l’environnement du jeune, comme
le revenu de son foyer, si le foyer recevait des aides financières ou des
timbres de nourriture, et le nombre de (demi) frères ou (demi) sœurs.
La spécification permettait d’estimer l’impact
d’un parrainage BBBS plus précisément en contrôlant les différences
pré-existantes entre les jeunes [28].
L’impact estimé du parrainage BBBS est le coefficient de la variable
dichotomique T, b3.
|
Table
A.4 Variables descriptives utilisées dans les modèles de régression (mesurées
au début de l’étude) |
||
|
Caractéristiques du jeune Sexe Âge Race/ethnie A redoublé une classe A déjà été parrainé BBBS A déjà été parrainé par
autre qu’un parent Victime d’abus physique Victime d’abus émotionnel Victime d’abus sexuel A vécu la mort d’un proche A vécu le divorce du
parent/gardien A vécu la maladie d’un
proche Orienté vers BBBS par un
parent Actuellement suivi |
Environnement du jeune à
son foyer Le parent travaille à plein
temps La famille reçoit de l’aide
financière ou des timbres de nourriture Passé de violence
domestique Passé de drogue Le jeune a changé plus de
deux fois d’école Nombre de (demi) frères et
(demi) sœurs Il y a un parent Le parent/gardien est marié Sexe du parent/gardien Éducation du parent/gardien Parent/gardien adolescent Milieu urbain Difficulté à apprendre a |
Mesure des variables de
résultat Association Opinion du parent et du
responsable de parrainage sur le jeune Travaille mal à l’école a Trop dépendant b, c Peu d’aptitudes sociales b, c, d Peu d’amis b, d Peu d’estime de soi b, d A besoin de l’attention
d’un adulte c Mal à l’aise avec les
adultes c Mauvaises relations avec le
parent/gardien c Peu actif e Frères et sœurs à problèmes
plus âgés f |
|
a Inclus dans les modèles qui estiment l’impact sur les
résultants scolaires b Inclus dans les modèles qui estiment l’impact sur les
relations avec les amis. c Inclus dans les modèles qui estiment l’impact sur les
relations avec la famille. d Inclus dans les modèles qui estiment l’impact sur les
attitudes envers soi. e Inclus dans les modèles qui estiment l’impact sur les
opportunités sociales et culturelles. f Inclus dans les modèles qui estiment l’impact sur les activités antisociales. |
||
|
Table A5 Caractéristiques principales au début de l’étude |
||
|
|
Ensemble des deux groupes |
Groupe de traitement |
|
Âge |
12,3 |
12,2 |
|
Garçons |
62 % |
63 % |
|
Minorité |
59 % |
55 % |
|
Un ou plus de (demi) frères
et (demi) sœurs |
91 % |
88 % |
|
La famille reçoit des aides |
43 % |
44 % |
|
A changé de domicile plus
de deux fois |
61 % |
60 % |
|
Parent/Gardien jamais marié |
25 % |
23 % |
|
N’a jamais redoublé une
classe |
37 % |
37 % |
|
Grades (GPA) |
2,75 |
2,79 |
|
Nombre de classes sautées
les derniers 12 mois |
0,41 |
0,56 |
|
Nombre de fois où il a
frappé quelqu’un |
2,6 |
3,0 |
|
Nombre de mensonges au
parent |
2,2 |
2,41 |
|
Qualité de la relation avec
le parent |
71,79 |
71,68 |
|
Aide affective |
12,40 |
12,40 |
|
Confiance en soi |
17,91 |
18,06 |
|
Note: les différences entre les
groupes de traitement et de contrôle n’étaient pas statistiquement
différentes au niveau 0,10. |
||
En plus de l’estimation des résultats globaux
du programme au moyen de l’équation (1), une série de variables d’interaction
de sous-groupes du groupe de traitement ont été évaluées pour estimer l’effet
d’un parrainage BBBS sur les sous-groupes de sexe et de race/ethnie. L’équation
(1) a été modifiée ainsi :
(2) Y2 = a + b1Y1 + b2X + b3T + c1TM + e2
(3) Y2 = a + b1Y1 + b2X + b3T + c1TGR1 +
c2TGR2 + c3TGR3 + e2
où :
M = est une variable auxiliaire égale à un
pour les garçons
GRi = est une variable auxiliaire relative au
sexe/race pour les filles blanches, les filles des minorités et les garcons des
minorités [29]
Ci =
coefficients
Les impacts des sous-groupes présentés dans ce
rapport , comme ceux pour les filles des minorités, sont les impacts moyens
pour tous les membres individuels des sous-groupes.[30]
L’emploi habituel de la méthode des moindres
carrés n’était pas justifiée lorsque les variables dépendantes étaient
dichotomiques, comme dans le cas de savoir si un participant avait commencé à
consommer de la drogue ou de l’alcool [31]. Dans un tel cas, une analyse logique de
régression faisant appel à une estimation du maximum de vraisemblance a été
utilisée pour estimer l’impact sur le groupe de traitement, en spécifiant une
fonction linéaire pour le logit
(le logarithme des odds) d’avoir une réponse positive (c’est à dire un
commencement de consommation):
(4) log (p/[1-p])
= a + b2X + b3T + e1
où :
p = est la probabilité que Y2 = 1
1-p = est la probabilité que Y2 = 0
a, bi, T et ei sont définis à l’équation (1), mais sur une échelle logit.
Seuls ceux qui, au début de l’étude, avaient
déclaré n’avoir jamais utilise de drogues illégales ont été inclus dans les
analyses de régression estimant l’impact du parrainage BBBS sur le début de
consommation de drogue. De même pour la consommation d’alcool. Donc, les
déclarations au début de l’étude de ces variables de résultat n’ont pas été
incluses dans les modèles.
Comme dans les modèles utilisant les moindres
carrés, les variables descriptives relatives aux différences pré-existantes des jeunes sont incluses dans
les modèles logit, et les variables d’interaction des sous-groupes du groupe de
traitement sont incluses dans les modèles qui estiment les impacts pour les
sous-groupes de sexe et de race/ethnie.
Le résultat essentiel de l’analyse est de savoir si le parrainage BBBS a un effet sur les diverses mesures de résultat. Dans la discussion des résultats, nous avons indiqué si une estimation d’impact était statistiquement significative.
Dans
ce rapport, le terme “significatif” est
réservé aux estimations non nulles avec un taux de confiance supérieur ou égal
à 0,10 déterminé par un T-test à deux
queux. Ces impacts “significatifs” sont marqués par des astérisques (*) dans
les tables.
A l’examen des estimations des sous-groupes,
un second résultat présente aussi de l’intérêt : si l’effet d’un parrainage
BBBS diffère selon une caractéristique particulière, comme le sexe. Un test F
indiquant si les impacts des sous-groupes diffèrent les uns des autres a été
conduit pour toutes les analyses des sous-groupes. Si les impacts des
sous-groupes ne sont pas statistiquement équivalents les uns aux autres, nous
l’indiquons dans les tables par des signes #.
En résumé, plusieurs stratégies d’analyse ont été employées pour évaluer l’impact d’un parrainage BBBS. L’approche fondamentale a utilisé une variable dummy (indiquant le type de groupe, de traitement ou de contrôle) dans une régression OLS. D’autres analyses (par exemple logit) ont été employées lorsque les conditions du modèle OLS risquaient d’être violées, par exemple si la variable de résultat était dichotomique.
Annexe B Tables additionnelles
Les quatre premières tables de cette annexe
présentent l’impact net pour les variables de résultat qui, à une exception
près, n’ont pas un effet global statistiquement significatif. L’exception est
le résultat que les jeunes parrainés par BBBS participent à moins d’activités
externes que le groupe de contrôle.
Les deux autres tables donnent des
informations additionnelles sur les associations qui ont participé à l’étude.
|
Table B1 Impact net d’un parrainage BBBS sur les activités antisociales |
||||||||
|
|
Comportement |
Fréquence des
vols chez les commerçants |
Fréquence des
bagarres |
Fréquence des
actions |
||||
|
|
Impact net |
Moyenne du
groupe de contrôle |
Impact net |
Moyenne du
groupe de contrôle |
Impact net |
Moyenne du
groupe de contrôle |
Impact net |
Moyenne du
groupe de contrôle |
|
Global |
0,21 |
16,83 |
0,04 |
0,24 |
0,02 |
1,54 |
-0,21 |
1,22 |
|
Sexe |
||||||||
|
Garçons |
0,03 |
16,76 |
-0,07 |
0,27 |
0,03 |
1,83 |
-0,31 |
1,40 |
|
Filles |
0,52 |
16,96 |
0,02 |
0,20 |
0,01 |
1,05 |
-0,05 |
0,92 |
|
Race/Sexe |
||||||||
|
Garçons des minorités |
-0,28 |
17,09 |
-0,09 |
0,30 |
0,51 |
1,66 |
-0,14 |
1,16 |
|
Filles des minorités |
1,23** |
16,4 |
0,02 |
0,20 |
-0,12 |
1,21 |
0,14 |
0,70 |
|
Garçons blancs |
0,45 |
16,32 |
-0,04 |
0,23 |
-0,56 |
2,07 |
-0,52 |
1,72 |
|
Filles blanches |
-0,60 |
17,91 |
0,00 |
0,20 |
0,16 |
0,78 |
-0,34 |
1,29 |
|
Note: La taille de l’échantillon était de 959: 217
filles des minorités, 142 filles blanches, 326 garçons des minorités, 271
garçons blancs, et 3 jeunes qui n’ont pas donné leur race. ** Indique que l’impact diffère statistiquement de
zéro à un niveau 0,05. * Indique que l’impact diffère
statistiquement de zéro à un niveau 0.10. |
||||||||
|
|
Nombre de
convocations au bureau du directeur |
Nombre de
bavardages pendant un examen |
Incitation à
fumer |
|||
|
|
Impact net |
Moyenne du
groupe de contrôle |
Impact net |
Moyenne du
groupe de contrôle |
Impact net |
Moyenne du
groupe de contrôle |
|
Global |
0,15 |
2,58 |
-0,01 |
0,35 |
-19,7% |
17,2% |
|
Sexe |
1 |
1 |
1 |
1 |
1 |
1 |
|
Garçons |
0,62 |
2,66 |
-0,04 |
0,39 |
-24,5% |
18,1% |
|
Filles |
-0,65 |
2,43 |
0,05 |
0,27 |
-9,9 |
15,8 |
|
Race/Sexe |
1 |
1 |
1 |
1 |
1 |
1 |
|
Garçons des minorités |
0,98 |
2,00 |
-0,08 |
,041 |
29,9% |
9,7% |
|
Filles des minorités |
-0,47 |
2,37 |
-0,05 |
0,32 |
-1,9 |
11,9 |
|
Garçons blancs |
0,15 |
3,53 |
-0,01 |
0,37 |
-47,9* |
28,2 |
|
Filles blanches |
-0,94 |
2,58 |
0,20 |
0,18 |
-14,7 |
22,7 |
|
Table B2 Impact
net d’un parrainage BBBS sur les
résultats scolaires |
||||||
|
|
Nombre de
visites à un collège |
Nombre de
livres lus |
Nombre de
visites à une bibliothèque |
|||
|
|
Impact net |
Moyenne du
groupe de contrôle |
Impact net |
Moyenne du groupe
de contrôle |
Impact net |
Moyenne du
groupe de contrôle |
|
Global |
0,10 |
0,94 |
0,79 |
4,96 |
-0,06 |
5,95 |
|
Sexe |
||||||
|
Garçons |
0,00 |
1,14 |
0,77 |
3,71 |
-0,23 |
6,10 |
|
Filles |
0,28 |
0,62 |
0,81 |
7,01 |
0,22 |
5,70 |
|
Race/Sexe |
||||||
|
Garçons des minorités |
0,26 |
1,33 |
0,14 |
3,48 |
-1,01 |
6,20 |
|
Filles des minorités |
-0,16 |
0,68 |
1,82 |
4,53 |
-1,33 |
5,51 |
|
Garçons blancs |
-0,27 |
0,91 |
1,73 |
4,03 |
0,77 |
6,03 |
|
Filles blanches |
0,87 |
0,53 |
-1,00 |
11,25 |
2,51 |
6,07 |
|
Note: La taille de l’échantillon était de 959: 217
filles des minorités, 142 filles blanches, 326 garçons des minorités, 271
garçons blancs, et 3 jeunes qui n’ont pas donné leur race. Note: Aucun
impact ne diffère statistiquement de zéro à un niveau de 0,10. |
||||||
|
Table B3 Impact net d’un parrainage BBBS sur la Relationship Inequality |
||
|
|
Impact net |
Moyenne du
groupe de contrôle |
|
Global |
0,27 |
12,02 |
|
Sexe |
||
|
Garçons |
0,32 |
11,78 |
|
Filles |
0,19 |
12,42 |
|
Race/Sexe |
||
|
Garçons des minorités |
0,15 |
11,67 |
|
Filles des minorités |
0,11 |
12,41 |
|
Garçons blancs |
0,57 |
11,93 |
|
Filles blanches |
0,35 |
12,45 |
|
Note: La taille de l’échantillon était de 959: 217
filles des minorités, 142 filles blanches, 326 garçons des minorités, 271
garçons blancs, et 3 jeunes qui n’ont pas donné leur race. Note: Aucun impact ne diffère
statistiquement de zéro à un niveau de 0,10. |
||
|
Table B4 Impact
net d’un parrainage BBBS sur
l’enrichissement social et culturel |
||||||
|
|
Nombre d’heures
par semaine consacrées au sport ou à la récréation |
Nombre d’heures
par semaine consacrées au volontariat ou à une activité communautaire |
Nombre d’heures
par semaine consacrées à des leçons d’art, de musique ou de danse |
|||
|
|
Impact net |
Moyenne du
groupe de contrôle |
Impact net |
Moyenne du
groupe de contrôle |
Impact net |
Moyenne du
groupe de contrôle |
|
Global |
0,21 |
2,65 |
0,14 |
0,36 |
-0,01 |
0,37 |
|
Sexe |
||||||
|
Garçons |
-0,08 |
3,37 |
0,09 |
0,32 |
-0,01 |
0,29 |
|
Filles |
0,69 |
1,46 |
0,23 |
0,42 |
-0,02 |
0,49 |
|
Race/Sexe |
||||||
|
Garçons des minorités |
0,29 |
3,29 |
0,21 |
0,28 |
0,00 |
0,30 |
|
Filles des minorités |
0,48 |
1,59 |
0,18 |
0,48 |
-0,09 |
0,58 |
|
Garçons blancs |
-0,52 |
3,47 |
-0,07 |
0,37 |
-0,01 |
0,29 |
|
Filles blanches |
0,94 |
1,27 |
0,30 |
0,32 |
0,09 |
0,34 |
|
Fréquence
d’assistance à : |
Représentation
théâtrale |
Danse
professionnelle |
Concert musical |
|||
|
|
Impact net |
Moyenne du
groupe de contrôle |
Impact net |
Moyenne du
groupe de contrôle |
Impact net |
Moyenne du
groupe de contrôle |
|
Global |
-0,05 |
0,99 |
0,03 |
0,17 |
0,01 |
0,64 |
|
Sexe## |
||||||
|
Garçons |
-0,26* |
1,05 |
0,04 |
0,14 |
0,07 |
0,57 |
|
Filles |
0,30 |
0,89 |
0,01 |
0,22 |
-0,09 |
0,75 |
|
Race/Sexe |
||||||
|
Garçons des minorités |
-0,28 |
1,14 |
0,00 |
0,20 |
0,08 |
0,61 |
|
Filles des minorités |
0,31 |
,89 |
0,03 |
0,22 |
-0,12 |
0,74 |
|
Garçons blancs |
-0,26 |
,94 |
0,07 |
0,07 |
0,05 |
0,53 |
|
Filles blanches |
0,24 |
,89 |
-0,03 |
0,23 |
-0,08 |
0,79 |
|
Note: La taille
de l’échantillon était de 959: 217 filles des minorités, 142 filles blanches,
326 garçons des minorités, 271 garçons blancs, et 3 jeunes qui n’ont pas
donné leur race. ** Indique que l’impact diffère statistiquement de
zéro à un niveau 0,05. * Indique que
l’impact diffère statistiquement de zéro à un niveau 0,10. ## Indique
que l’impact n’était pas le même dans les sous-groupes à un niveau de
confiance 0,05. |
||||||
|
|
Nombre d’heures
par semaine de participation à un club scolaires ou une organisation |
Nombre d’heures
par semaine consacrées à des groupes de jeunes |
Fréquence
d’assistance à un événement sportif |
|||
|
|
Impact net |
Moyenne du
groupe de contrôle |
Impact net |
Moyenne du
groupe de contrôle |
Impact net |
Moyenne du
groupe de contrôle |
|
Global |
-0,15 |
0,87 |
0,07 |
0,79 |
0,24 |
1,61 |
|
Sexe## |
||||||
|
Garçons |
-0,25* |
0,82 |
0,06 |
0,67 |
0,54** |
1,77 |
|
Filles |
0,02 |
0,95 |
0,09 |
0,99 |
-0,26 |
1,35 |
|
Race/Sexe |
||||||
|
Garçons des minorités |
-0,29 |
0,80 |
-0,07 |
0,75 |
0,76** |
1,41 |
|
Filles des minorités |
0,09 |
1,00 |
-0,04 |
1,17 |
-0,45 |
1,35 |
|
Garçons blancs |
-0,19 |
0,85 |
0,22 |
0,58 |
0,20 |
2,24 |
|
Filles blanchese |
-0,09 |
0,89 |
0,26 |
0,71 |
0,09 |
1,30 |
|
|
Fréquence de
participation à une activité à l’extérieur |
Fréquence des
visites à un musée |
||
|
|
Impact net |
Moyenne du
groupe de contrôle |
Impact net |
Moyenne du
groupe de contrôle |
|
Global |
-0,51* |
2,24 |
0,07 |
0,92 |
|
Sexe |
||||
|
Garçons |
-0,66* |
2,66 |
0,08 |
0,93 |
|
Filles |
-0,27 |
1,53 |
0,05 |
0,89 |
|
Race/Sexe |
||||
|
Garçons des minorités |
-0,18 |
1,32 |
0,03 |
0,93 |
|
Filles des minorités |
-0,33 |
0,77 |
-0,01 |
0,86 |
|
Garçons blancs |
-1,29** |
4,38 |
0,16 |
0,94 |
|
Filles blanches |
|
2,82 |
0,11 |
0,97 |
|
Table B5 Procédures employées par les associations pour la sélection des volontaires |
||||||||
|
Ce que l’on
demande aux volontaires |
Columbus |
Houston |
Minneapolis |
Rochester |
Philadelphia |
Phoenix |
SanAntonio |
Wichita |
|
Avoir une voiture |
Non |
Oui |
Non |
Non |
Non |
Oui |
Oui |
Oui |
|
Références personnelles |
3 |
3 |
3-4 |
3 |
3 |
4 |
3 |
4 |
|
Télephone |
Non |
Non |
Non |
Oui |
Non |
Non |
Oui |
Non |
|
Test psychologique |
Non |
Oui |
Oui |
Non |
Non |
Oui |
Oui |
Non |
|
Casier judiciaire |
Oui |
Oui |
Oui |
Oui |
Oui |
Oui b |
Oui |
Oui |
|
Fichier des pédophiles |
Non |
Non |
Non |
Oui |
Oui |
Oui b |
Oui |
Oui |
|
Empreinte digitale |
Oui |
Non |
Non |
Non |
Non |
Oui |
Non |
Non |
|
Live within
specific commuting time of
client |
Non |
30 minutes |
15-20 minutes |
Non |
Non |
Non |
Non |
Non |
|
Visite de la maison par un
membre de l’association |
Oui |
Non |
Non |
Non |
Oui a |
Oui |
Oui |
Oui |
|
Test DMV |
Oui |
Oui |
Oui |
Non |
Non |
Oui |
Oui |
Oui |
|
Âge minimum |
19 |
19 |
19 |
18 |
18 |
20 |
18 |
18 |
|
Durée de résidence |
Non |
6 mois |
6 mois |
Non |
Non |
3 mois |
3 mois |
Non |
|
Le bénévole peut choisir
son filleul c |
Non |
Non |
Non |
3-5 |
Non |
2 |
Non |
2-3 |
|
Nombre d’heures de
formation - orientation |
Aucune |
2 heures |
9-10 heures |
5 heures |
3 heures |
3 heures |
4 heures |
Pas obligatoire |
|
a La visite de la maison peut
être faite par un bénévole b C’est un enquêteur privé
qui effectue ces tests. c Le bénévole a toujours la possibilité de refuser un jeune. |
||||||||
|
Table B6 Information sur les parrainages, selon les associations |
||||||||
|
|
Columbus |
Houston |
Minneapolis |
Rochester |
Philadelphia |
Phoenix |
SanAntonio |
Wichita |
|
Orientation des parents (en
groupe ou individuelle) |
Oui |
Oui |
Oui |
Non |
Oui |
Oui |
Oui |
Oui |
|
Orientation des jeunes (en
groupe ou individuelle) |
Oui |
Oui a |
Oui |
Non |
Oui a |
Non |
Oui |
Oui |
|
Temps moyen entre le premier contact et le début du parrainage |
||||||||
|
Garçons des minorités
parrainés |
30 |
12-18 |
17 |
12-18 |
16 |
17 b |
18 |
--* |
|
Garçons blancs parrainés |
24 |
12-18 |
16 |
6-12 |
10 |
17 b |
18 |
--* |
|
Filles des minorités
parrainées |
20 |
3-6 |
10 |
6-12 |
5 |
6c |
5 |
--* |
|
Filles blanches parrainées |
6 |
3-6 |
9 |
3-6 |
3 |
6c |
5 |
--* |
|
Entretien de sélection |
||||||||
|
Volontaire |
Oui |
Oui |
Oui |
Oui |
Oui |
Oui |
Oui |
Oui |
|
Jeune |
Oui |
Oui |
Oui |
Oui |
Oui |
Oui |
Oui |
Yes |
|
Parents Refusant le
volontaire |
1% |
1% |
10% |
1% |
2% |
5% |
5% |
1% |
|
a Prévention d’abus sexuel. b Temps moyen pour les
garçons. L’association ne note pas ce
temps en fonction de la race. c. Temps moyen pour les filles.
L’association ne note pas ce temps en fonction de la race. * Cette information n’était pas disponible. |
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[1] Le chapitre V et l’annexe A du rapport donnent une description des mesures et des techniques analytiques employées.
[2] Le chapitre V du rapport donne les résultats détaillés du rapport pour l’ensemble de l’échantillon, et pour les quatre sous-groupes : garçons blancs, filles blanches, garçons des minorités et filles des minrités.
[3] Les sept associations qui avaient participé à au moins une autre étude de P/PV étaient BBBS de Metropolitan Chicago ; BBBS du comté de Forsyth (Winston-Salem, North Carolina) ; BB de Greater Indianapolis ; BS de Central Indiana ; BBBS du comté de Jackson (Michigan) ; BBBS du comté de Marin (California) ; et BB&S de Spokane, Washington.
[4] Les données reflètent l’état des associations en 1992, période du choix des associations de l’étude
[5] L’activité de l’association est mesurée par le nombre de parrainages « un pour un » actifs à l’époque considérée
[6] Les fautes de conduite criminelles, comme la conduite en état d’ivresse, apparaissent en clair sur les rapports de police
[7] Nous n’avons pas inclus le retard à l’apparition de comportement sexuel ni la promotion de pratiques sexuelles « sûres » en tant que résultats éventuels, principalement parce que BBBSA ne considère pas ces aspects comme des buts essentiels de relations de parrainage, surtout à l’âge de la plupart des jeunes concernés par l’étude.
[8] Pour l’étude, la fourchette des âges était de 10 à 16 ans. Pour une association, l’âge minimal était 11 ans, et l’âge maximal de participation pour les associations variait de 13 à 16 ans. La différence entre ces âges maximaux reflétait les politiques des associations sur le parrainage des adolescents. Plusieurs parmi les associations étudiées ne parrainaient pas les jeunes âgés de 15 à 17 ans. C’est parce que les associations désiraient offrir aux jeunes du groupe de contrôle une chance réaliste d’être parrainés à la fin de la période d’étude que nous avons abaissé l’âge maximal pour ces associations.
[9] Les responsables de parrainages ont directement expliqué le but de l’étude à environ les deux tiers des jeunes. Lorsque les jeunes n’accompagnaient pas leur parent à la présentation ou à l’entretien personnel, c’étaient les parents qui donnaient l’explication à leur fils ou fille.
[10] Cette personne était en général celle qui servait de point de contact entre P/PV et l’association locale.
[11] Un test du chi2, présenté à l’annexe A, table A5, indique que les groupes de traitement et le groupe de contrôle étaient statistiquement similaires au moment de l’entretien initial.
[12] Ce chiffre de 409 est plus élevé que le nombre total de jeunes du groupe de traitement parrainés parce que quelques jeunes étaient parrainés plus d’une fois
[13] La procédure normalement employée lorsqu’un parrainage se termine consiste à commencer à en comprendre le motif. Si ce motif ne suggère pas une incapacité du filleul à être parrainé par BBBS (par exemple en cas de déménagement du volontaire vers un autre état), le responsable de parrainage peut faire parrainer le filleul par un autre parrain BBBS. Sur les 171 parrainages qui ont pris fin pendant la durée de l’étude, 31 jeunes ont été parrainés par un second parrain. Nous avons demandé aux associations de suivre leurs pratiques normales d’appariement et de surveillance pendant la durée de l’étude. La durée moyenne du parrainage est donc définie comme la durée totale pendant laquelle un filleul a rencontré un parrain BBBS (à la fois le premier et, le cas échéant, le second) au moment de l’entretien final.
[14] Les résultats de comportement rendent généralement compte de la fréquence d’une activité donnée au cours des 12 mois précédents. Pour sept de ces résultats, nous avons demandé à la personne interviewée le nombre d’heures par mois consacrées à une certaine activité pendant l’année scolaire (c’est à dire faire les devoirs, participer à un club ou une organisation scolaire).
[15] Nous avons respecté la pratique d’évaluation normalisée consistant à comparer les moyennes ajustées des groupes de traitement et de contrôle. Plus précisément, les impacts ont été estimés au moyen de techniques multivariates (régressions et logits), par référence aux entretiens initiaux. Se référer à l’annexe A pour plus de détails.
[16] Les estimations d’impact net présentées dans les tables et commentées dans le texte représentent l’impact moyen du programme de parrainage sur tous les individus qui ont été assignés au hasard au groupe de traitement, qu’ils aient été ou non parrainés. Au moment de l’entretien final, 78% des jeunes du groupe de traitement avaient été parrainés et, en moyenne, ceux qui avaient été parrainés l’avaient été pendant environ un an. Les estimations d’impact pour l’ensemble du groupe de traitement sont donc une moyenne pondérée des impacts de ceux qui ont été parrainés et de ceux qui ne l’ont pas été.
[17] Une recherche méthodologique sur la validité des mesures de comportement délinquant déclarés par les délinquants eux-mêmes soutient de façon consistante la conclusion que ces mesures sont acceptables pour les normes sociales conventionnelles (Huizinga et Elliot, 1986; Sampson, 1985; Hindelong et al., 1981).
[18] Tout au long de ce rapport, nous présentons les impacts nets en terme de pourcentage de changement du au parrainage. Pour calculer le pourcentage, l’impact net a été divisé par la moyenne du groupe de contrôle au moment de l’entretien final. L’impact net et la moyenne du groupe de contrôle apparaissent tous deux dans les tables
[19] Des études ont montré que les notes rapportées par les jeunes eux-mêmes fournissaient une estimation raisonnable de la performance des élèves (Sawyer et al., 1989 ; Fetter et al., 1984 ; Armstrong et al., 1976). Presque toutes les études trouvaient peu de différences entre les notes annoncées par les élèves et les notes réelles gardées par l’école, avec une corrélation entre les deux d’environ 0,80.
[20] Nous avons converti l’information sur les notes vers la mesure plus usuelle du grade point average (GPA), qui va de 0 à 4. « Le plus souvent Ds ou Fs » a été converti en 0,5 ; « le plus souvent Ds » en 1 ; « le plus souvent Cs ou Ds » en 1,5 ; « le plus souvent Cs » en 2 ; « le plus souvent Bs ou Cs » en 2,5 : « le plus souvent Bs » en 3 ; « le plus souvent Bs ou As » en 3,5 ; « le plus souvent As » en 4,0
[21] Dans 5% des cas, le gardien était une grand’mère, et dans 2% des cas une autre femme de la famille. Dans seulement 4% des cas c’était le père qui était le parent dont dépendait le jeune. Les 3% restants de l’échantillon présentaient une variété de modes de vie familiale.
[22] Avant d’entamer une étude à long terme, nous devons effectuer un travail méthodologique pour vérifier qu’une telle étude est envisageable. Si un nombre significatif de jeunes du groupe de contrôle est parrainé après la fin de l’étude, cette étude à long terme sera impossible.
[23]
La valeur des paramètres a été calculée en additionnant les réponses aux items
individuels
[24]
L’expérience de P/PV sur ce paramètre
suggère que les enfants éprouvent des
difficultés avec le format des questionnaires qu’ils doivent remplir eux-mêmes,
mais n’en éprouvent pas si les questions leur sont lues.
[25]
Alpha est la proportion de la variance totale d’un paramètre attribuable à une
source
[26] Les refus provenaient soit du jeune
soit des parents
[27] idem
[28]
Ce modèle est plus
robuste que ceux qui analysent les modifications de résultats. Une analyse des
modifications des résultats suppose que le degré de variation et la valeur de
la mesure de résultat au début de l’étude sont parfaitement liées. Si cette
supposition n’est pas vérifiée, une analyse de modification des résultats est
une mauvaise spécification du modèle, et les estimations résultantes des
coefficients sont incorrectes. Le modèle utilisé dans l’analyse décrite ici
vérifie que cette supposition est vérifiée au début de l’étude, et est
équivalent au modèle de modification des résultats si cette supposition est
valide.
[29]
Une catégorie de
sexe/race a été omise — les garçons
blancs.
[30]
Ont été calculés par combinaison linéaire des
coefficients du groupe de traitement et de ses interactions. Par exemple,
l’impact estimé sur le sous-groupe GR1 est : b3 + c1(1) + c2(0) + c3(0).
[31] Voir Amemiya (1981) pour des détails sur les problèmes relatifs aux variables dichotomiques.